La Tunisie accueille des échanges culturels euro-méditerranéens



La Tunisie accueille les premières Rencontres culturelles euro-méditerranéennes à Hammamet pour tenter de combler le fossé culturel et renforcer la compréhension mutuelle. Ce forum, qui a débuté jeudi 25 novembre et se poursuivra jusqu''au 5 décembre, vise à balayer les stéréotypes et à réfuter toute notion de conflit des civilisations ou des religions.

S''adressant aux participants, le Ministre tunisien de la Culture, Abd Raouf Basti, a déclaré que l''objectif de ce rassemblement était de stimuler les opportunités de dialogue, de réflexion, d''échange de visions, d''évaluation de la situation actuelle, et de tracer un avenir commun qui cherche à faire avancer la coopération euro-méditerranéenne et à mettre en place un mode de pensée uniforme qui prenne en compte la diversité et les différences culturelles. L''objectif est de renforcer une culture méditerranéenne qui favorise le dialogue, la paix et le respect, une culture qui vise un développement humain combiné et durable.


Ce symposium est organisé dans le cadre des célébrations du 23ème anniversaire de l''accession au pouvoir du Président Zine El Abidine Ben Ali. Il cherche à renforcer les liens interculturels entre les militants, les intellectuels, les universitaires et les responsables gouvernementaux.

La structure culturelle euro-méditerranéenne doit prendre en compte la nécessité de respecter les religions et les symboles religieux, en soulignant que l''objectif de telles discussions et de telles rencontres est de défendre la Méditerranée, qui est au coeur du Symposium culturel euro-méditerranéen , a ajouté Basti.La

Ce forum est organisé par la capitale tunisienne de la culture en collaboration avec l''Association pour le développement culturel européen et international (ADCEI). Il ouvre la voie à de possibles partenariats entre la Tunisie et les pays de la Méditerranée et fait de la capitale de la culture un phare de la coopération euro-méditerranéenne en termes d''échanges d''expertise, de discussion de projets conjoints de coopération multipartite, et de fondation de relations permanentes basées sur des interactions positives.

Aucun projet culturel ne peut se développer s''il n''est pas fondé sur une vision culturelle bien définie, avec des mécanismes précis, régis par les notions de la commutation, que nous entendons au sens d''un positionnement correct de chacune des parties , a déclaré Mansour Mhenni, président de l''Association pour la culture et les arts en Méditerranée (ACAM), à Magharebia.

Il a ajouté : Le concept de solidarité culturelle est l''idée correcte la plus proche des aspirations humaines. Il ne peut être garanti sans une sensibilité à l''identité de l''autre ni sans la reconnaissance des aspects culturels de chacun, qui en font un enrichissement pour nous tous.

Cette sensibilité à la différence et l''acceptation de l''autre ne peuvent se développer que dans le cadre d''une vision culturelle et d''un sens artistique totalement libérés des lois de l''intérêt , a-t-il poursuivi.

L''ancien Ministre tunisien de la Culture, Ahmed Khaled, a expliqué à Magharebia que le travail des médias consiste à corriger cette grave notion de conflit des civilisations, qui vise à dominer les nations, leur volonté et leurs ressources, et à les spolier de leur identité et de leur intégrité. La vérité est qu''il existe une vision stéréotypée représentée par un seul parti hégémonique qui souhaite contrôler les cultures et l''économie des états.

La culture est notre dernier recours contre ce risque qui menace l''humanité, à savoir la non-acceptation de l''autre. La culture est le pont qui nous rapproche de l''autre et qui nous aide à mieux connaître les différentes cultures. La culture est ce qui souligne l''identité des nations et montre des différences qui doivent être reconnues. Les vues stéréotypées et la promotion d''une culture unique confine plus à un assassinat des autres cultures, et ne sert qu''à générer des conflits de civilisations et le fanatisme religieux, qui, à leur tour, conduisent aux guerres et aux conflits. En tant que telle, la culture est le moyen de corriger la trajectoire, parce que toutes les cultures se complètent. Aucune culture n''est meilleure qu''une autre , a conclu Khaled.

Monsef Dlimi, ancien directeur d''un organe de médias, a expliqué à Magharebia que l''intégrité intellectuelle et spirituelle, l''auto-analyse, la reconnaissance de l''autre et la communication sont avant tout le rôle de la famille, puis de l''école et de la société civile.
Houda Trabelsi (Magharebia)

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