Coupe de Tunisie 2003/2004: La force de caractère a tout déterminé



La qualification pour la finale de la Coupe de Tunisie 2003-2004 s’est chèrement négociée en fin de compte. Un penalty d’écart à Sousse, un but d’avance à Sfax, obtenu en fin de parcours et cet événement qu’on attendait avec appréhension s’est passé finalement dans un esprit responsable remarquable sur le terrain, et un relatif calme mêlé de fatalisme sur les gradins.

Il s’est avéré aussi qu’on avait eu tort de tout braquer sur la rencontre de Sousse. Celle du Mhiri à Sfax n’a pas été en reste surtout dans sa façon d’être jouée du côté kairouanais.


L’Espérance savait ce qu’elle voulait



Toutes les rumeurs sur un éventuel masquage se sont effondrées à Sousse dès le coup d’envoi. En effet, l’Espérance n’était pas seulement représentée par sa meilleure formation, mais même les dispositions physiques et mentales étaient à l’évidence, préparées pour atteindre l’objectif de la qualification.


L’Espérance, en effet, s’est ruée d’entrée sur toutes les balles, obligeant l’Etoile à marquer une certaine prudence avant de répliquer à sa façon.


Et ce fut une mi-temps remarquable, de loin supérieure au match de championnat qui a mis face à face ces deux équipes.


La différence de styles
Ce qui frappait le plus dans cette lutte c’était le style différent qui prédominait des deux côtés.


Côté Etoile où Beya a rayonné, on procédait par petites touches, des passes courtes et rapides.


Côté Espérance, c’était « pack » formé autour de Badra qui dominait. De ce bloc qu’on a tort de considérer défensif, partaient les longues passes de Clayton et vers lequel revenaient les éclaireurs comme Malki ou Souayah voire même Zitouni dès que le ballon est perdu au profit de l’adversaire.


En dehors de cette différence de style, on a pu relever l’extrême vivacité des « Sang et Or » qui sans craindre d’abuser de leurs forces, décrochaient dès que la balle est perdue pour repartir de plus belle.


On n’a pas manqué de remarquer aussi la timidité des attaquants locaux qui à l’approche des buts adverses, n’insistaient presque jamais.


Dans sa généralité, la rencontre a eu deux faces bien distinctes. Autant la première mi-temps était enlevée, rapide sans trop d’erreurs ni individuelles ni collectives. On avait peine à croire au cours de la première période qu’on assistait à ce redoutable derby qu’on a décrit tout au long de la semaine.


Il est dommage qu’à la reprise, les démons du calcul ont repris le dessus. On est alors retombé dans les arrêts de jeu successifs. Il est vrai aussi que l’épuisement a fini par faire son œuvre. Beya, légèrement blessé a quitté le terrain, quelques joueurs des deux bords étaient terrassés par les crampes et sur les gradins les encouragements exaltés faisaient place à une crispation de plus en plus visible.


Et comme les prolongations n’ont pu apporter une solution, les tirs au but ont donc été nécessaires pour départager deux équipes appelées à se retrouver encore au cours de cette saison.


Le sentiment général à la fin de la partie était empreint de satisfaction, car contrairement à plusieurs rencontres de ce genre dans le passé lointain et récent, ni l’avance prise au score par l’Espérance ni le penalty de l’égalisation très contesté par l’Espérance et approuvé du bout des lèves par beaucoup d’observateurs n’ont fait dégénérer une rencontre qui dans l’ensemble a fait la preuve de la maturité de ces deux grandes équipes.


La preuve aussi que l’Etoile est encore cet Hercule aux pieds d’argile et dont le mental n’arrive pas encore à transcender une certaine idée de mythe.


Il est vrai que cette fois le coaching a donné un bon coup de pouce à la fatalité. On ne peut, en effet, faire sortir Traoré et le remplacer par un milieu sans découvrir la menace de desserrer l’étau qui enserrait la défense espérantiste et qui du coup s’est retrouvée libérée.

En face, l’Espérance a fait les choses plus professionnellement. Ne serait-ce qu’en courbant l’échine quand la tempête fait rage et frappant avec soudaineté dès qu’il y a accalmie.

J.S.K. : L’honneur est sauf
Le C.S. Sfaxien a encore une fois peiné au Mhiri. Mais cette fois-ci c’est l’adversaire qui l’obligea à cafouiller. Un adversaire venu du bas de la hiérarchie, avec des rêves puisés dans des souvenirs.

La J.S.K. n’a pas démérité. Elle quitte la Coupe avec tous les honneurs. Quant au C.S.S., il a sûrement vérifié que rencontrer un supposé petit impose autre chose que la supériorité des moyens techniques.

Il fallait compter avec la rage qui anime un challenger largement dévalué par les pronostics.


C’est dans ces cas-là que la Coupe justifie sa réputation de capricieuse.


Elle a failli jouer ce tour au C.S. Sfaxien, vendredi dernier.


Mustapha ZOUBEIDI
Le temps

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