Ghassalet Ennaouader ...ou les petits désagréments de la nouvelle saison !



Jeudi dernier, c'était la première grosse pluie de la saison. L'été est fini, et les petits désagréments commencent ! Le métro qui est en panne, le slalom entre les flaques d'eau, et attention aux bouches d'égout béantes ! Que voulez-vous, c'est « ghassalet ennaouader », le tout c'est d'essayer de passer entre les gouttes !






« Ghassalet Ennaouader » est arrivée. Cet événement saisonnier, que l'on attend avec une petite appréhension chaque année, qui fait même partie de notre mémoire collective. « Saha, saha lella Beya », pour un petit clin d'oeil à une pièce de théâtre qui a fait date, en intronisant l'ondée divine ! La première véritable pluie, celle qui annonce la fin de notre été. Et comme en Méditerranée tout est excessif, la pluie est torrentielle, cela va de soi ! Elle ne dure pas longtemps, mais les seaux d'eau que le ciel paraît déverser font déjà leurs effets. Une averse intermittente, qui s'arrête brusquement, pour reprendre quelques instants plus tard. Le temps d'essayer de dribbler les grosses gouttes, pour trouver un abri provisoire, devant le portique d'une boutique, par exemple, ou dans un café...


L'orage est impressionnant, les grondements de tonnerre éclatent comme autant d'avertissements de la colère du ciel, déchiré par les éclairs. La première pluie, et déjà dans les environs de l'Ariana, des ruisselets dévalent rapidement la moindre petite pente. Des habitants échaudés, craignant d'autant plus l'eau froide, sortent de leurs maisons, et tentent d'ouvrir les bouches d'égout. C'est que l'on s'inquiète un peu, et l'on préfère parer à toute éventualité... Car déjà les rues sont recouvertes d'eau. Des flaques, évidemment, mais aussi de véritables ruisselets qui longent les routes. De petits oueds qui dévalent des collines avoisinantes, qui frayent leur chemin le long des clôtures des villas, qui s'immiscent entre les murs, et glissent dans un petit gargouillis aqueux.


Les manches longues font leur apparition, et les nombrils de ces jeunes filles, que la chaleur de l'été avait découverts commencent à se couvrir! Mais il faut dire que « ghassalet ennaouader » est tombée en pleine rentrée, et les sages tabliers se chargeront de remettre de l'ordre, en donnant une apparence plus sage, plus studieuse, à ces petites lycéennes, après les petites folies estivales. Mais ce n'est plus la séance unique ! Et ce jeudi là, les employés à la sortie du boulot, à l'Ariana, ont eu une mauvaise surprise.




Plus de métro !


Le métro, et en tout cas la ligne du 2, celle qui fait le trajet Ariana-Tunis, a été bloquée pendant de longues heures dès le début de l'après-midi. Un passager resté en rade, grogne avec l'air de celui qui n'est pas né de la dernière pluie : « ça commence bien, et ce n'est que la première grosse averse !! ». De longues files de passagers se dirigent à pieds, en maugréant, vers Tunis-Centre. Les employés de la Transtu, en uniforme bleu, avertissent pourtant qu'il y aura des bus spéciaux vers Tunis. Mais y en aura-t-il assez, là est la question... Une chose est sûre, ils seront particulièrement bondés, et encore plus que d'habitude. A ma demande d'explication, l'un des fonctionnaires avoue son incompréhension, en bredouillant : « l'eau ou l'électricité, il y a un problème avec ça»... Autant dire qu'il y a de l'eau dans le gaz !




Les « pièges » de la rue


Une vieille dame avertit : « il ne faut mettre les pieds que sur ce que l'on voit ! On ne sait jamais, sinon, on risque de tomber dans une bouche d'égout ouverte ! » Il faut dire que depuis pas mal de temps déjà, et bien avant la pluie de cette fin d'été, quelques « ouvertures » ont été laissées, sans couvercle, ou bien celui-ci a été trop souvent mal posé, risquant de basculer sous la pression du pied d'un passant malchanceux. Et quand ce « piège » est recouvert par l'eau, la vigilance s'impose, et marcher dans ces rues devient une aventure...à vos risques et périls ! Comme quoi, le conseil de la Hadja, vaut son pesant d'or ! Rester sain et sauf, c'est essentiel ! Alors peu importe de patauger dans la gadoue ! Garder ses chaussures et son pantalon propre, est somme toute secondaire ! On pardonnera donc volontiers les petites « négligences » vestimentaires ou autres : le débraillé, c'est sûrement à cause de la pluie !


Oualid CHINE

Le temps




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