Dans les coulisses du festival du film de Carthage avec Hatem Bouriel



Hatem Bouriel, ancien directeur du Musée du Cinéma à Tunis, est l'un des critiques cinématographiques les plus reconnus en Tunisie. Il est également aujourd'hui le porte-parole du Festival des Journées du Cinéma de Carthage, qui a débuté le 25 octobre.

Bouriel a évoqué avec Magharebia le Festival, et les raisons justifiant l'amour porté par la jeunesse aux films vidéo et aux documentaires.


Magharebia: Tout d'abord, pourquoi la participation africaine a-t-elle baissé cette année, alors que le Festival se veut principalement orienté vers le monde arabe et l'Afrique ?
Hatem Bouriel: Cette fois, le comité de sélection a choisi la qualité au détriment de la quantité, et a donc choisi les meilleurs films présents sur la scène africaine. Le bénéfice ne réside pas dans le nombre de films projetés, mais dans leur qualité, et dans ce qu'ils apporteront au festival.


Magharebia: La cérémonie d'ouverture était égyptienne, à travers feu Youssef Chahine. Pourquoi l'avoir choisi ?
Hatem Bouriel: Rendre hommage à Youssef Chahine était un bon choix, car c'était une manière de soutenir la coopération arabe. En plus de Youssef Chahine, le Festival rend également honneur à Randa El Chahal et à Asmane Senbane, ainsi qu'à d'autres personnalités, comme le producteur tunisien Ahmed Baha Eddine Attia.


Hatem Bourial


Magharebia: Quelles sont les caractéristiques les plus éminentes de cette 22ème édition ?
Hatem Bouriel: Cette année, nous soulignons la qualité. Nous présentons des films venant de Turquie, de Palestine, d'Algérie.

Magharebia: Que pensez-vous de l'industrie du cinéma en Algérie ?
Hatem Bouriel: Dans les pays du Maghreb, le septième art a récemment connu un grand essor. Après une période de stagnation, le cinéma algérien est en train de faire un retour fort, après l'âge d'or de Merzak Allouache.
Maskhara , film réalisé par l'algérien Elias Salem, participe à la compétition officielle. Il y a également Al Koloub Al Mohtareka, dont le metteur en scène est le marocain Ahmed Mouanouni. Au total, nous avons donc deux films marocains, et deux algériens.

Magharebia: Lors des dernières années, nous avons assisté à une demande de la jeunesse en faveur des films vidéo et des documentaires. Quelle en est la raison selon vous ?
Hatem Bouriel: Parce que ce genre de film dépeint la réalité du quotidien, et que le budget est généralement serré. Les jeunes ont le sentiment que cette technique est un bon mode d'expression. Les documentaires peignent la réalité, et sont devenus prévalents ces derniers temps.

Magharebia: Comment expliquez-vous que le public se rende davantage dans les salles durant le Festival en comparaison aux autres périodes de l'année ?
Hatem Bouriel: C'est assez naturel au vu de l'impact du Festival. Les jeunes aiment habituellement le cinéma, mais nous ne les voyons pas dans les salles au cours de l'année parce que la qualité des films projetés est médiocre, ce qui n'est pas le cas durant le Festival.

Magharebia: Le Festival défend-il certains sujets et reflète-t-il la réalité, en Tunisie ou dans le monde ?
Hatem Bouriel: Le genre des oeuvres présentées au cours du festival a toujours été considéré comme correspondant à un cinéma engagé, tous les problèmes présents dans le monde sont représentés, à travers des films sur le SIDA, sur les Droits de l'Homme ou la Palestine. Il y a des oeuvres qui s'intéressent à des questions précises mais, en fait, le Festival est une sphère ouverte qui ne se restreint pas mettre en lumière certains problèmes seulement.
Par Mona Yahia
Credit Photo : Monia Yahia
Source: magharebia.com


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