Oussema Mellouli accueilli en héro à Tunis



Le nageur en Or Oussema Mellouli a été accueilli en héro à Tunis, samedi après-midi, à son retour de Pékin, où il a décroché la médaille d'or du 1500 mètres des jeux olympiques .

Mellouli était accueilli à son arrivée par MM. Abdallah Kaabi, ministre de la Jeunesse, des sports et de l'éducation physique, Abdelhamid Slama, Président du Comité National Olympique Tunisien (CNOT) et Mondher Friji, gouverneur de Tunis, ainsi que de nombreux responsables sportifs et de représentants des médias nationaux et étrangers.
Oussama tiendra cet après midi une conférence de presse à Tunis.



De la Marsa à Pékin, le Tunisien en Or court sur l’eau


APA-Tunis. Le 17 août 2008, à Beijing, le nageur Oussama Mellouli, en outsider, défie et bat l’Australien Grant Hackett, détenteur du record du Monde au 1500 m nage libre et, à ce moment de la compétition, favori de l’épreuve.
La Tunisie vient d’inscrire son nom en lettres d’Or au tableau des médailles olympiques, exactement 40 ans après le sacre du légendaire athlète Mohammed Gammoudi.
Mellouli, 24 ans, a donc marqué l’histoire et ajouté une breloque à son palmarès déjà riche en consécrations internationales après avoir été sacré à l’échelle arabe, méditerranéenne et africaine.
C’est aussi le sacre de tous les défis pour Mellouli et une revanche personnelle pour lui, en réponse à tous ceux, qui ont mis en doute ses capacités après qu’il avait écopé de dix-huit mois de suspension pour dopage, en 2007.
Né un certain 16 février 1984, à la Marsa, la banlieue côtière chic du nord de Tunis, le jeune Oussama fait montre d’un grand amour de la natation et fait ses premiers pas au sein du club de l’Avenir Sportif de la Marsa (ASM), où il a été initié à la discipline et pu perfectionner ses talents dans les courses de fond.
C’était sous la supervision de feu Mouldi Dahmane, son premier entraîneur, voire aussi Mohamed Laarif, Abderrazak Ben Jmiî et autres Monji Chebir, des entraîneurs émérites qui l’ont initié et accompagné ses débuts.
Je n’oublierai jamais mes premiers pas dans le monde de la natation, sous la houlette de l’entraîneur Dahmane », confie Mellouli, ajoutant que ce technicien, qui ne ménageait ni conseils ni encouragements continus, a été « d’un grand soutien » au début de son parcours sportif
Je dédie cette médaille à sa mémopre, en lui disant : j’ai tenu ma promesse d’atteindre le sommet de la gloire , a ajouté Oussama Mellouli, en signe de reconnaissance à son premier maître » dans la discipline.
Conscients du grand talent de Mellouli et séduits par ses qualités et sa détermination, les techniciens tunisiens l’ont vite adopté au sein de la sélection, avant de l’envoyer au centre de formation de Fond-Romeu, en France, pour lui permettre d’y perfectionner son initiation aux hauteurs et acquérir de l’expérience.
La presse de l’Hexagone du médaillé olympique qu’il est le plus Français des Tunisiens .
C’est à l’âge de 16 ans, que le jeune Oussama fait son baptême de feu olympique, aux Jeux de Sydney en 2000, où il concourut dans le 400 m 4 nage. Une première ratée, puisque Mellouli n’ira pas en finale.
Les Jeux Méditerranéens de 2001, à Tunis vont signer les premiers succès internationaux de Mellouli. L’enfant prodige s’adjuge la médaille d’argent du 400 m 4 nage.
Depuis, il ne cesse de collectionner les succès et de grimper les échelons. Il remporte six médailles d’or aux Championnats d’Afrique 2002 en Egypte et s’adjuge la médaille de bronze du 400 m 4 nage, aux Mondiaux 2003, à Barcelone.
La même année, il confirme sa suprématie continentale, en remportant six médailles d’or aux Jeux Africains d’Abuja.
Après trois années d’études et d’entraînement en France, au terme desquelles il arrache son Baccalauréat, Oussama met cap sur les Etats-Unis, où il poursuit son parcours sportif à Los Angeles et passe son ingéniorat en informatique. Un tournant dans sa vie sportive et privée du jeun athlète.
Favori du 400 m 4 nage, aux JO d’Athènes 2004, le jeune Tunisien termine 5e et rate le podium olympique.
Mais le Marsois ne se décourage pas et réagit vite et bien. En 2004, il réalise la belle moisson de six médailles d’or aux Jeux Panarabes d’Alger, puis la médaille de bronze du 1500 m nage libre aux Mondiaux 2004 à Indianapolis.
Mellouli ne s’arrêtera pas là. En 2005, aux Jeux Méditerranéens d’Almeria, en Espagne, il décroche trois médailles d’or puis, aux Mondiaux de Montréal de la même année, il s’adjuge deux médailles de bronze.
Sans cesse en quête d’un sacre mondial en grand bassin (50 m), il y parvient aux Mondiaux de Melbourne (Australie) en 2007 arrachant l’or du 800 m nage libre et l’argent du 400 m 4 nages. Mais ce succès tourne vite au cauchemar. Mellouli se voit retirer ces deux médailles et écoper de dix-huit mois de suspension pour dopage.
C’était l’une des plus sombres périodes de mon parcours sportif , avoue-t-il à Pékin juste après sa victoire. Je n’ai jamais baissé les bras et j’ai redoublé d’effort à l’entraînement, pour rester toujours en forme , ajoute l’athlète, affirmant être ressorti de cette période, beaucoup plus fort .
L’aventure chinoise débute cependant timidement: une 5e place à l’épreuve du 400 m nage libre et une sortie prématurée des éliminatoires du 200 m libre.
Ne lui restant que l’épreuve 1500 m nage libre, Mellouli se trouve, ce matin du 17 août 2008, dos au mûr. Il doit faire face aux ténors de la spécialité, dont l’Australien Grant Hackett, recordman mondial, vainqueur à Sydney et Athènes et grand favori des observateurs.
Après avoir résisté au retour de Hackett dans les derniers mètres d’une course harassante, Oussama a touché le mur d’arrivée après 14 minutes, 40 secondes et 84 centièmes d’efforts.
Très ému, il déclare être comblé , puis, se précipite vers sa mère pour brandir le drapeau rouge et blanc orné de son étoile et son croissant de lune.
C’est une joie incroyable. Je suis fier de finir comme ça les Jeux Olympiques, et d’offrir une médaille d’or à mon pays , a-t-il lancé depuis Pékin.
C’est le fruit d’un travail soutenu. J’ai cru en mes chances jusqu’au bout. J’ai préféré me lancer en douceur, pour ne pas succomber à la fatigue avant d’accélérer le rythme à mi-chemin de la course. Ainsi, j’ai pu surprendre mes adversaires et réaliser mon rêve de toujours : monter sur la plus haute marche du podium , a-t-il déclaré.
J’ai passé une année difficile au vrai sens du terme. C’est très pénible de s’éloigner des compétitions pendant 18 mois, mais je me suis beaucoup dépensé, parce que sûr de mes capacités », a encore dit le champion olympique, pour ensuite soutenir que « l’impossible n’est pas tunisien .
Il dit offrir le succès olympique au Président Zine El Abidine Ben Ali, mais aussi « à ma famille et en particulier ma mère, qui était toujours à mes cotés et à qui je dois toutes mes réussites .
Un journal de Tunis l’a ainsi et fièrement qualifié: l’enfant choyé, le jeune homme frappé par le sceau du génie et l’admirable champion, qui ne s’est jamais départi, ni de sa confiance ni de sa passion et qui aujourd’hui, « exhibe le fruit de son acharnement et de son abnégation ».
L’histoire retiendra le nom de Oussama Mellouli, comme elle le fait avec tous les hommes, grands par leurs œuvres ou leurs réalisations.




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