L’Afrique danse à Tunis jusqu’au 8 mai



Des chorégraphies originales, attirantes et très symboliques de plusieurs pays africains se succèdent sur les planches de Tunis, dans le cadre des Rencontres chorégraphiques de Carthage sur le thème ’’Danse l’Afrique, danse !’’, reflétant une Afrique multiple, soucieuse.

Les chorégraphes burkinabé Salia Sanou et Seydou Boro ont mis en scène un bel opéra où se mêlent déchirures de l’histoire, force musicale de l’identité noire et solos du Mozambique où Maria Melena Pinto, un seau sur la tête, essaie de relever la tête sans y parvenir. Elle marche, crie, secoue les formes et glisse pour faire corps avec les objets.


Pour l’Afrique du Sud, Laurence Mncube Nkosinathi danse la violence, la révolte du corps souillé, la mémoire blessée, les témoignages séculaires.

«La danse est ici une matière première brute qui permet aux hommes de relever la tête, de sortir de la longue histoire, des chaînes, des cales des bateaux et un cri bâillonné des plantations», commente Marianne Catzaras, célèbre cinéphile et critique tunisienne d’origine grec.

Le festival «met sur scène ce qui fut caché, souillé, violé, blessé. Le corps des danseurs traverse la mémoire de tous ces peuples».

«Les thèmes abordés dans ces trois créations ne semblaient pas trop différents les uns des autres», estime d’autre part la journaliste Asma Drissi, assimilant la danse à «la marche, la respiration et à la recherche d’une entité invisible, mais palpable».

« L’art arrive à arracher sa place, à construire son propre langage et à briser les frontières incertaines, portées par des danseurs animés par une charge émotionnelle exceptionnelle », ajoute Drissi.

«Cette année, la Biennale prend un autre pari sur l’avenir en assumant une dimension pédagogique inédite », fait remarquer Sihem Belkhodja, directrice des Rencontres.

Les Biennales «Danse l’Afrique, danse» se déroulent à Tunis du 1er au 8 mai 2008 courant.



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