Chimène Badi : « C’est un don d’être Femme » !



Par Fériel Berraies Guigny. Paris. La télé réalité enfante des prodiges et preuve en est, une Star est née avec Chimène Badi. Découverte sur le palier d’une émission phare de la jeunesse française : Pop Star. Depuis, la jeune artiste franco algérienne a fait du chemin tant dans sa carrière que dans sa vie. Plus sublime que jamais, à l’orée d’une carrière prestigieuse qui ne fait que commencer, elle nous revient avec un magnifique album « le Miroir » version plus intimiste de cette splendide jeune femme qu’elle est devenue. Elle enchaîne les tournées, prépare le Canada, multiplie les passages promo pour son dernier album et entame sa tournée française inédite de décembre à fin janvier 2008. Cet automne, elle s’est rendue au Maroc pour chanter la paix et la tolérance. La Tunisie, elle en rêve, nous a t-elle confiée, n’attendant plus que l’invitation pour revenir dans notre beau pays, qu’elle a connu trop brièvement il y a cinq ans, lors d’une émission de variété de M6, sur la tolérance.
Nous l’avons rencontrée, pour la découvrir dans une version back stage, loin des phares et des spots du show biz. Une femme qui incarne la foi, la persévérance et l’idéal d’un métier, qui est la passion d’une vie.




Entretien :


La Tunisie vous connaissez ? J’y suis allée il y a quatre ou cinq ans, à mes débuts. Lors d’une émission de variété de M6. Je n’avais pas vu grand-chose, je suis venue pour un jour, juste le temps de faire mes répétitions, et me produire le lendemain. Je n’ai pas pu découvrir votre beau pays. C’est d’ailleurs toujours le cas, dans mes concerts. C’est la rançon de la gloire, mais j’ai aussi cette chance d’être jeune et de pouvoir faire ce que j’aime.

Vous avez grandi, pris en maturité et féminité, à qui et quoi attribuez-vous cette métamorphose ? Je dois cela à la scène. Car au tout début, avec mon premier album « Entre nous » qui avait cartonné, pendant deux ans j’ai été en promo. Je n’avais pas encore rencontré mon public. J’ai fait beaucoup de studio. Par la suite avec ma première tournée, ça a été super révélateur. Je me suis rendue compte que ma place était sur scène, que je m’épanouissais complètement. J’ai le trac oui, mais j’adore cela, c’est un effet boostant qui m’amène à me surpasser. Le contact avec le public m’a bouleversée. J’ai commencé ma carrière très jeune et je sortais de ma campagne du Sud Ouest avec mes parents. Il m’a fallu tout apprendre dans ce métier et surtout comprendre Paris. Je me sentais complètement paumée au début. Mais j’ai grandi, me suis bagarrée pour venir à bout de tout ça. Quant à la féminité, et bien je n’ai pas subi les dictats de la beauté, j’ai refusé à mes débuts de maigrir, pour la musique. Mais avec l’âge, on change, on a envie de se faire plus femme. J’ai appris à m’occuper de moi.

Vous êtes la fille que toutes les mamans rêveraient d’avoir, vous en dites quoi ? (Rires)ma maman n’est pas forcément toujours contente de moi. En revanche, elle a une place très importante dans ma vie, elle me conseille. Je suis une fan de ma mère, c’est une battante car elle a eu une vie difficile et j’ai beaucoup de respect pour elle. Et pour toutes les mamans en général.

Vous avez vingt cinq ans aujourd’hui, que voyez-vous en votre « miroir »? Je suis aujourd’hui finalement en accord avec moi-même. Aujourd’hui je sais que ma voie est là, (ma voix aussi d’ailleurs) dans la musique qui est ma vie. Je suis une femme très préoccupée par ce qui se passe dans le Monde et par la musique je véhicule ces messages. Quand je me regarde dans un miroir, je vois en fait, quelqu’un qui ne triche pas. Et je n’ai pas envie de me trahir.

On sent que vous avez finalement trouvé votre registre dans ce dernier album, qu’en pensez-vous ? On perçoit également un style plus soul, est ce un prélude à une carrière internationale ? Ce dernier album n’est pas le point final de mon univers musical. Disons que c’est un petit aperçu vers quelque chose de nouveau que je voulais offrir à mon public. Je suis un mélange entre la soul ou black music et la variété française. C’est un univers très large et que j’aime. S’agissant de l’international, oui mais pas pour l’instant. J’ai attaqué le marché du Québec, en octobre dernier. Mais sincèrement, ce n’est pas mon but premier, je dois d’abord bien m’implanter sur le marché français.

Les moments forts de votre vie, vous vous rappelez ? J’en ai plein dans ma vie. Mon premier moment fort, c’est durant la l’émission Pop Star devant mon jury, face à Valéry Zeitoun, quand j’ai chanté a capella. Cela a été un electro choc. Mon second moment fort,
c’est l’Olympia.



Vos duos phares ? Le duo que j’ai fait avec Johnny et Michel Sardou, ce sont mes deux parrains, ils ont donné un élan à ma carrière. Ce sont des artistes complets et super généreux.
J’ai vécu cela comme un bonheur et un grand défi, je tremblais de tout mon corps au Stade de France, quand je chantais avec Johnny, je m’en rappelle encore.
Quant à Sardou, c’est aussi un grand monsieur, franc, il n’a pas sa langue dans sa poche. Il dit les choses comme il les ressent. Je trouve cela très courageux. Je suis de plus en plus fatiguée de voir tous ces artistes véhiculer une image parfaite, qui font du politiquement correct.

Le Président Sarkozy dans la bio de lui écrite par Yasmina Reza, vous adore, vous en pensez quoi ? Cela me fait plaisir, bien entendu. De savoir que notre Président apprécie et se retrouve dans ma musique. C’est quand même quelqu’un d’assez cultivé et intelligent. C’est une reconnaissance de ma musique.

On dit de vous que vous êtes une chanteuse à voix, qu’en dites-vous ? Je n’aime pas rentrer dans ces catégories. De plus, la puissance vocale du genre en mettre plein la vue, c’est pas mon truc. J’aimerai au contraire montrer ma capacité de chanter en me retrouvant dans les textes et les mots, pouvoir chanter un peu plus grave, dans une version plus soft. On ne me met pas dans ce registre encore. Les marathons vocaux, ce n’est pas ce que je souhaite. Je veux prouver à mon public que je suis au contraire multi facettes.

Vous avez participé au concert de la Tolérance à Agadir le 27 octobre est ce votre premier contact musical avec le Maghreb ? Oui cette émission sera diffusée le 31 décembre, sur TF1.
En fait, ce concert a été fait pour la Tolérance. Le Monde en a besoin, c’est « le bordel » partout et c’est effrayant ce qui arrive, qu’avons nous à offrir à nos enfants ? Comment faire pour que cela change ? Là est la question !
Ce n’est pas mon premier contact avec le Maghreb par contre. J’ai déjà fait un concert aussi à Casa, il y a deux ans.

Boudez vous la Tunisie ? (sourires) Ah pas du tout, au contraire, c’est plutôt la Tunisie qui me boude ! « sourires) je plaisante. Mais j’adorerai venir faire un concert ! Mais je n’ai pas encore été invitée. Il faut simplement greffer une opportunité.

A quand une tournée dans le monde arabe ? La Tunisie, le festival de Carthage vous tente t il ?Je suis ouverte à toutes les propositions, il est clair que j’ai vraiment envie de faire une tournée dans cette région.

Vos prochaines tournées ? Là j’entame une tournée en France jusqu’au 19 janvier. Ensuite du 19 janvier jusqu’à juin prochain, je suis en tournée au Canada. Cela va être un timing serré !
Je vais prendre des vacances, car je suis fatiguée vocalement et il me faut préparer mon nouvel album

Vos consœurs comme Souad Massi, Laam se sont imposées, pensez-vous que la France est plus ouverte dans le domaine des Arts à l’instar de l’immigration ? Il est clair que la musique et l’immigration, sont deux mondes qui sont bien distincts. La politique d’immigration à l’heure actuelle, n’est pas facile. Heureusement, qu’il y a la musique. Je reste une artiste engagée, et la chanson me permet d’aborder aussi les sujets qui me font mal, comme la société d’aujourd’hui, il y a le combat des femmes, le sort des démunis. Tous ces sujets me touchent. C’est ma manière d’exprimer mes inquiétudes.

Aujourd’hui avec le recul, que pensez vous de la télé réalité ? Je lui dis merci, car cela m’a ouvert des portes, et cela a été un tremplin pour ma carrière.

Que voulez vous dire aux Femmes de Tunisie ? Tout simplement que c’est un don d’être Femme.

Merci Chimène.