Par Feriel Berraies Guigny. Authentique, sincère, nous avons rencontré une artiste toute en réserve et discrétion. Et pourtant, Souad est loin d’être une novice en matière de musique. Souad Massi a inventé le folk-rock algérien tout en finesse et en harmonies délicates. Elle le dit elle même, tout ce qu’elle fait elle ne l’invente pas, c’est un medley de ses multiples influences et goûts musicaux.
Née à Alger en 1972, Souad est issue d'une famille d'artistes. Dès l'âge de 17 ans, elle arpente les scènes de spectacles, seule avec sa guitare. Ses influences musicales, elle les a au fur et à mesure qu’elle découvre des sons et des styles nouveaux. Elle a commencé par découvrir le Chaâbi, puis le rock américain, le folk, la pop, la country et le fado portugais. Elle se produit pour la première fois sur scène au sein du groupe Les Trianas d'Alger à partir de 1989. A partir de 1989, elle se produit sur scène à Alger au sein du groupe hard-rock Atakor. Les événements noirs des années 90 la détourne de la musique et Souad suit des études d'urbanisme et devient ingénieur. Mais rapidement, elle retourne à ses premières amours, abandonne alors l'urbanisme pour se consacrer à la chanson. Sa première cassette porte son prénom, elle la fait connaître d'un public amateur de musique anglo-saxonne.
Le 10 janvier 1999 (durant le ramadan), Souad est invitée au festival Femmes d'Alger au Cabaret Sauvage à Paris. Remarquée, elle reste en France et signe un contrat avec Island-Mercury (Universal Music). Raoui (Le Conteur) sort en 2001 il sera applaudi par la critique. Souad et ses musiciens entament une longue série de concerts dans toute la France. Ses premiers titres passent sur les ondes de France Inter, elle s'impose comme artiste et on la considère souvent comme une porte-parole de la jeunesse algérienne. Universal lui donne l'occasion d'enregistrer un second album Deb en 2003. Entre-temps, l'artiste chante en duo avec Marc Lavoine, Ismaël Lo ou encore Florent Pagny et tourne en France et à l'étranger. En 2005 Souad met au monde son premier bébé et passe quelques semaines à Tahiti avant de réaliser son troisième album.
Souad Massi s’est ensuite produite au Festival de la Médina de Tunis, une expérience inoubliable nous a t-elle confiée et qu’elle serait prête à renouveler bientôt.
Souad Massi mêle des styles aussi variés que le folk-rock, le chaâbi, la musique arabo-andalouse à des textes très personnels, souvent empreints de poésie et de nostalgie. Elle chante la plupart du temps en arabe algérien, parfois en français, et quelquefois en berbère (kabyle).
Fériel Berraies Guigny a rencontré l’artiste, à l’occasion de la sortie de son cd et dvd live acoustique 2007. Un bref tour d’horizon sur près de 17ans de carrière.
Parlez nous de votre album live acoustique actuel, que signifie t-il pour vous ?
Cet album s’inscrit dans la continuité. J’ai voulu offrir à mes fans un bel objet, un beau souvenir avec le dvd et le cd acoustique, afin qu’ils puissent me voir dans un style plus épuré, et moins rock. C’est une demande en fait, de mon public qui voulait quelque chose de plus soft. Car il faut rappeler que j’ai deux formations et deux groupes, un de rock avec basse et batteries et autre groupe qui a une formation plus acoustique.
On vous surnomme la Star de la World Music ?
oui c’est vrai, mais il est aussi vrai que je ne suis pas présente dans le show-biz, je ne participe pas à ce milieu là, ce n’est pas vraiment mon truc, le star system. Je fais mes concerts et j’ai une vie tout à fait normale, par ailleurs.
Nous avons été marquée par votre interprétation de « Paris Paris » en duo avec Marc Lavoine, cette chanson signifie t-elle quelque chose pour vous ?
oui, mon duo avec Marc Lavoine est un très beau souvenir, par ailleurs en chantant ce titre je me rappelais de mon impression la première fois que je suis venue en France. L’impression d’être perdue, d’être livrée à moi même, écartelée entre mes racines et le nouveau pays d’adoption. Je pense que comme vous, beaucoup de personnes ont ressenti ce profond désarroi quand on est dans le pays de l’autre. Par ailleurs, je tenais à orientaliser cette chanson je voulais la marquer de mes racines orientales. Un petit clin d’œil au monde arabe.
Parlez nous de vos duos préférés ?
Il y en a beaucoup, dont celui avec Ismaël Lo, Florent Pagny et Marc Lavoine. Chaque duo a été une rencontre humaine enrichissante pour moi.
Vos références musicales ?
J’en ai pas vraiment, j’écoute tout et je m’inspire de tout ; en fait, ma musique est un croisement de toutes ces influences musicales que j’ai découvertes et aimées. Comme un patchwork entre Orient et Occident.
Parlez nous de votre musique comment la définissez vous ? تtes vous une chanteuse engagée ?
Je n’ai rien inventé, mais j’essaye de faire un métissage entre plusieurs styles de musique. Je viens d’un pays qui est aussi le carrefour entre plusieurs civilisations. Méditerranée, Moyen Orient, Afrique, Occident, nous sommes le fruit de toutes ces influences et je transpose cela dans ma musique.
Vos combats ? Aimez vous véhiculer des messages dans votre Art ?
Tous les artistes par définition sont engagés, très rares sont ceux qui ne le sont pas. En tant que femme et citoyenne du monde, mon message est toujours celui de la paix et je l’amène partout avec moi. Je me bats par exemple contre le racisme en donnant le meilleur de moi même et qu’il n’y ait surtout aucune différence entre le travail d’une artiste femme ou d’un artiste homme.
Vous avez fait des Concerts au Moyen Orient dernièrement ? Vous avez refusé de chanter en Israël ?
en juillet dernier, j’ai fait des concerts au Moyen Orient, en Palestine et en Syrie. S’agissant de ses deux pays, j’ai été profondément touchée par la gentillesse des gens. En Palestine on découvre un peuple très ouvert et qui aime la musique, ce sont des gens très créatifs, si loin des clichés que certains médias occidentaux aiment véhiculer. Ce n’est pas un peuple violent, au contraire, il est dommage de voir toutes ces récupérations. S’agissant de la Syrie aussi, l’humanité de ce peuple et surtout la richesse de leur histoire sont indéniables. J’ai rencontré un peuple extraordinaire.
Oui j’ai refusé de me produire en Israël, et pour des raisons bien évidentes, par contre j’ai quand même été victime de toute une polémique, une controverse et des pays ont fait des pressions pour me boycotter moi et mes disques. Je préfère ne pas les mentionner cependant. Cela n’a pas été facile.
Le Maghreb c’est pour quand ?
J’attends en fait que l’on m’organise des concerts dans cette région, j’adorerai pouvoir me représenter dans ces pays. La Tunisie, le Maroc, la Libye, hier grâce à une émission de télé, j’ai découvert la richesse de la Libye, j’avais honte. J’ai été sollicitée plusieurs fois en Tunisie, mais cela ne s’est pas encore fait, depuis le festival de la Médina en 2004. Pour des raisons de timing à cause de ma tournée en Europe. Mais j’ai adoré découvrir la Tunisie et le peuple tunisien durant le ramadan, c’est une période extraordinaire. Beaucoup de jeunes connaissaient mes chansons et cela m’a fait très plaisir. Et beaucoup de bien. Je sais que j’y retournerai. A l’heure actuelle je fais un break jusqu’en 2008, il me faut du temps pour écrire mes chansons.
Etes vous aujourd’hui à un tournant de votre carrière ?
je ne sais pas en fait si c’est un tournant mais, après 17 ans de carrière, j ai voulu prendre du recul, histoire de mieux mettre en perspective mes acquis. Ce temps pour moi est l’occasion de réfléchir à de nouveaux projets, ces choses que j’ai envie de faire et qui ne sont pas encore faites. Je me cherche encore.
Gardez vous des liens forts avec le Maghreb ? L’Algérie comment la ressentez vous ?
Vous faites souvent allusion à un exil artistique ? Comment vivez vous votre bi-culturalité artistique ? Je suis très proche de mes racines, et je suis contente quand je me rends au Maghreb, c’est une partie de moi. Je reviens en Algérie régulièrement et je viens de faire un concert en avril dernier. La situation a beaucoup évolué, on fait des concerts tout le temps. Même durant la guerre civile on n’avait jamais de mal à se produire ; la bi-culturalité est une richesse, on apprend beaucoup, je prends le positif de toutes les cultures.
Comment voyez vous la situation de la femme au Maghreb ?
Bien sûr on est loin de la Tunisie mais les choses changent en Algérie, de plus en plus d’algériennes occupent des postes importants. Il y a véritablement des voix féminines chez nous. Mais il est clair que le code de la famille chez nous doit évoluer.
D’autres projets ?
Un cinquième album à venir.
Merci Souad Massi
Crédits : Courtesy of F.BG Communication
Née à Alger en 1972, Souad est issue d'une famille d'artistes. Dès l'âge de 17 ans, elle arpente les scènes de spectacles, seule avec sa guitare. Ses influences musicales, elle les a au fur et à mesure qu’elle découvre des sons et des styles nouveaux. Elle a commencé par découvrir le Chaâbi, puis le rock américain, le folk, la pop, la country et le fado portugais. Elle se produit pour la première fois sur scène au sein du groupe Les Trianas d'Alger à partir de 1989. A partir de 1989, elle se produit sur scène à Alger au sein du groupe hard-rock Atakor. Les événements noirs des années 90 la détourne de la musique et Souad suit des études d'urbanisme et devient ingénieur. Mais rapidement, elle retourne à ses premières amours, abandonne alors l'urbanisme pour se consacrer à la chanson. Sa première cassette porte son prénom, elle la fait connaître d'un public amateur de musique anglo-saxonne.
Le 10 janvier 1999 (durant le ramadan), Souad est invitée au festival Femmes d'Alger au Cabaret Sauvage à Paris. Remarquée, elle reste en France et signe un contrat avec Island-Mercury (Universal Music). Raoui (Le Conteur) sort en 2001 il sera applaudi par la critique. Souad et ses musiciens entament une longue série de concerts dans toute la France. Ses premiers titres passent sur les ondes de France Inter, elle s'impose comme artiste et on la considère souvent comme une porte-parole de la jeunesse algérienne. Universal lui donne l'occasion d'enregistrer un second album Deb en 2003. Entre-temps, l'artiste chante en duo avec Marc Lavoine, Ismaël Lo ou encore Florent Pagny et tourne en France et à l'étranger. En 2005 Souad met au monde son premier bébé et passe quelques semaines à Tahiti avant de réaliser son troisième album.

Souad Massi s’est ensuite produite au Festival de la Médina de Tunis, une expérience inoubliable nous a t-elle confiée et qu’elle serait prête à renouveler bientôt.
Souad Massi mêle des styles aussi variés que le folk-rock, le chaâbi, la musique arabo-andalouse à des textes très personnels, souvent empreints de poésie et de nostalgie. Elle chante la plupart du temps en arabe algérien, parfois en français, et quelquefois en berbère (kabyle).
Fériel Berraies Guigny a rencontré l’artiste, à l’occasion de la sortie de son cd et dvd live acoustique 2007. Un bref tour d’horizon sur près de 17ans de carrière.
Rencontre avec l’Artiste :
Parlez nous de votre album live acoustique actuel, que signifie t-il pour vous ?
Cet album s’inscrit dans la continuité. J’ai voulu offrir à mes fans un bel objet, un beau souvenir avec le dvd et le cd acoustique, afin qu’ils puissent me voir dans un style plus épuré, et moins rock. C’est une demande en fait, de mon public qui voulait quelque chose de plus soft. Car il faut rappeler que j’ai deux formations et deux groupes, un de rock avec basse et batteries et autre groupe qui a une formation plus acoustique.
On vous surnomme la Star de la World Music ?
oui c’est vrai, mais il est aussi vrai que je ne suis pas présente dans le show-biz, je ne participe pas à ce milieu là, ce n’est pas vraiment mon truc, le star system. Je fais mes concerts et j’ai une vie tout à fait normale, par ailleurs.
Nous avons été marquée par votre interprétation de « Paris Paris » en duo avec Marc Lavoine, cette chanson signifie t-elle quelque chose pour vous ?
oui, mon duo avec Marc Lavoine est un très beau souvenir, par ailleurs en chantant ce titre je me rappelais de mon impression la première fois que je suis venue en France. L’impression d’être perdue, d’être livrée à moi même, écartelée entre mes racines et le nouveau pays d’adoption. Je pense que comme vous, beaucoup de personnes ont ressenti ce profond désarroi quand on est dans le pays de l’autre. Par ailleurs, je tenais à orientaliser cette chanson je voulais la marquer de mes racines orientales. Un petit clin d’œil au monde arabe.
Parlez nous de vos duos préférés ?
Il y en a beaucoup, dont celui avec Ismaël Lo, Florent Pagny et Marc Lavoine. Chaque duo a été une rencontre humaine enrichissante pour moi.
Vos références musicales ?
J’en ai pas vraiment, j’écoute tout et je m’inspire de tout ; en fait, ma musique est un croisement de toutes ces influences musicales que j’ai découvertes et aimées. Comme un patchwork entre Orient et Occident.
Parlez nous de votre musique comment la définissez vous ? تtes vous une chanteuse engagée ?
Je n’ai rien inventé, mais j’essaye de faire un métissage entre plusieurs styles de musique. Je viens d’un pays qui est aussi le carrefour entre plusieurs civilisations. Méditerranée, Moyen Orient, Afrique, Occident, nous sommes le fruit de toutes ces influences et je transpose cela dans ma musique.
Vos combats ? Aimez vous véhiculer des messages dans votre Art ?
Tous les artistes par définition sont engagés, très rares sont ceux qui ne le sont pas. En tant que femme et citoyenne du monde, mon message est toujours celui de la paix et je l’amène partout avec moi. Je me bats par exemple contre le racisme en donnant le meilleur de moi même et qu’il n’y ait surtout aucune différence entre le travail d’une artiste femme ou d’un artiste homme.
Vous avez fait des Concerts au Moyen Orient dernièrement ? Vous avez refusé de chanter en Israël ?
en juillet dernier, j’ai fait des concerts au Moyen Orient, en Palestine et en Syrie. S’agissant de ses deux pays, j’ai été profondément touchée par la gentillesse des gens. En Palestine on découvre un peuple très ouvert et qui aime la musique, ce sont des gens très créatifs, si loin des clichés que certains médias occidentaux aiment véhiculer. Ce n’est pas un peuple violent, au contraire, il est dommage de voir toutes ces récupérations. S’agissant de la Syrie aussi, l’humanité de ce peuple et surtout la richesse de leur histoire sont indéniables. J’ai rencontré un peuple extraordinaire.
Oui j’ai refusé de me produire en Israël, et pour des raisons bien évidentes, par contre j’ai quand même été victime de toute une polémique, une controverse et des pays ont fait des pressions pour me boycotter moi et mes disques. Je préfère ne pas les mentionner cependant. Cela n’a pas été facile.
Le Maghreb c’est pour quand ?
J’attends en fait que l’on m’organise des concerts dans cette région, j’adorerai pouvoir me représenter dans ces pays. La Tunisie, le Maroc, la Libye, hier grâce à une émission de télé, j’ai découvert la richesse de la Libye, j’avais honte. J’ai été sollicitée plusieurs fois en Tunisie, mais cela ne s’est pas encore fait, depuis le festival de la Médina en 2004. Pour des raisons de timing à cause de ma tournée en Europe. Mais j’ai adoré découvrir la Tunisie et le peuple tunisien durant le ramadan, c’est une période extraordinaire. Beaucoup de jeunes connaissaient mes chansons et cela m’a fait très plaisir. Et beaucoup de bien. Je sais que j’y retournerai. A l’heure actuelle je fais un break jusqu’en 2008, il me faut du temps pour écrire mes chansons.
Etes vous aujourd’hui à un tournant de votre carrière ?
je ne sais pas en fait si c’est un tournant mais, après 17 ans de carrière, j ai voulu prendre du recul, histoire de mieux mettre en perspective mes acquis. Ce temps pour moi est l’occasion de réfléchir à de nouveaux projets, ces choses que j’ai envie de faire et qui ne sont pas encore faites. Je me cherche encore.
Gardez vous des liens forts avec le Maghreb ? L’Algérie comment la ressentez vous ?
Vous faites souvent allusion à un exil artistique ? Comment vivez vous votre bi-culturalité artistique ? Je suis très proche de mes racines, et je suis contente quand je me rends au Maghreb, c’est une partie de moi. Je reviens en Algérie régulièrement et je viens de faire un concert en avril dernier. La situation a beaucoup évolué, on fait des concerts tout le temps. Même durant la guerre civile on n’avait jamais de mal à se produire ; la bi-culturalité est une richesse, on apprend beaucoup, je prends le positif de toutes les cultures.
Comment voyez vous la situation de la femme au Maghreb ?
Bien sûr on est loin de la Tunisie mais les choses changent en Algérie, de plus en plus d’algériennes occupent des postes importants. Il y a véritablement des voix féminines chez nous. Mais il est clair que le code de la famille chez nous doit évoluer.
D’autres projets ?
Un cinquième album à venir.
Merci Souad Massi
Crédits : Courtesy of F.BG Communication





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