Par Fériel Berraies Guigny. Le Slam ou la poésie des « rues » qui trouve son fief dans les banlieues parisiennes, connaît un véritable engouement parmi les jeunes d’aujourd’hui.
Inaugurée en France par l’artiste « Grand corps malade », il est devenu en à peine quelques mois, un véritable phénomène de Société chez les jeunes. Le cri d’espoir sur la galère du quotidien de toute une jeunesse désenchantée mais également « enchantée » de voir que l’art populaire, démocratisé à souhait, touche de plus en plus d’audiences, auparavant « élitistes ».
Des Gavroches des rues, reconverties en Baudelaire des temps modernes qui déclament haut et fort leur amour de la vie et le beau du vers, là où la désespérance sociale a poussé certains de « leurs frères » à la violence.
Tout comme le Rap ou le Graffiti, le Slam est une forme d’expression artistique
des temps modernes. Une nouvelle forme d’exutoire pour toute une jeunesse qui réinvente la poésie de leurs aînés.
L’expression d’un Art oral qui se déclame dans des lieux publics, bars, ou autres lieux associatifs, sous formes de joutes oratoires.
On y vient, dire, lire, scander, chanter, des jouer des textes originaux, sur des thèmes libres et parfois imposés.
Et voilà que cet Art est devenu international et a dépassé les frontières, pour venir également s’imposer au Québec.
Et c’est à cette occasion, que nous avons découvert une petite reine du Slam bien « de chez nous » !
Il s’agit de Queen Ka qui est en train de s’imposer parmi les « pro » du Show Biz à Montréal.
Elkahna Talbi… de son vrai nom oh combien évocateur…, est une leçon de volonté et de persévérance, « battante et de combattante » des temps modernes. Ce petit bout de femme est en train de révolutionner l’image « masculine » du Slam en Amérique du Nord.
Queen Ka vient par ailleurs de participer au célèbre Show québécois « Radio Show » qui est véritablement une entrée par la grande porte pour la jeune artiste.
On vous raconte au travers d’une interview, les rêves, les combats et les projets d’une artiste canadienne qui n’en oublie pas pour autant sa tunisianité.
Parlez nous de Queen ka
Queen KA est le nom que j’ai pris pour le slam. Mon prénom étant Elkahna, (El Kahina) le prénom de la reine berbère. Donc je voulais garder l'essence de mon prénom mais le rendre plus artistique.
Votre formation ?
J'ai un diplôme d'art oratoire obtenue plus jeune dans mes débuts dans les cours de théâtre. J'ai un diplôme ( baccalauréat canadien) en interprétation théâtre de l'université Concordia à Montréal. J'ai aussi un certificat en Anglais et j’ai fais un stage de jeu at The New York film Academy en juin 2000.
La révélation du slam comment, quand et pourquoi?
J'écris depuis très jeune. Dans mes agendas au secondaire, il avait plus de poèmes inscrit à l’intérieur que de devoirs. Je me servais de l ‘écriture comme exutoire. Dans mes textes, je pouvais laisser aller mon imagination et me libérer de tout ce qui me pesait sur le cœur. Plus tard, un ami qui a lu mes textes et qui m'a poussée à en faire quelque chose. Comme je n’avais jamais fait lire mes textes à personne, je ne connaissais pas leurs potentiels. Cet ami est celui qui m'a poussé à continuer d’écrire et à permettre aux gens de me lire. Plus tard, ma sœur faisant un spectacle de musique avec son nouveau groupe Mimosa, m’imposa d’en faire la première partie. J’étais donc face à un fait accompli, je devais lire mes textes devant tout le monde. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’ai eu « la chienne de ma vie » !
(expression québécoise pour décrire la peur le stress et le tout ensemble). C’était un soir de janvier 2004, je me rappelle que j’étais hyper angoissée.
Le spectacle, c'est bien déroulé. Les spectateurs étaient très réceptifs à mes textes. À l’époque, je n’arrivais pas à définir ce que je venais de faire mais je savais que c ‘étais un mélange entre la poésie et le théâtre.
J’ai découvert le slam deux ans plus tard grâce à Internet.
Le slam est un événement, le moment où la poésie et la performance se rencontrent, comme le dit si bien le fondateur du slam Mark Smith.
Parlez nous de votre voyage en France, des artistes qui sont votre référence
Je suis allée en France très souvent dans ma vie. J'ai beaucoup de famille et d'amis là-bas. Lors de mon dernier voyage ,en février 2006, j'en ai profité pour me rendre à des micros ouverts de slam. C'est là que j'ai eu la piqûre. En septembre de la même année une lice de slam a commencé à Montréal et je me suis tout de suite impliquée.
Vos références artistiques ?
Je n’ai pas vraiment de référence... Peut-être Yvon Deschamps et Clémence Desroches (humoristesn poètes et monologuistes québécois)
les messages que vous véhiculez ?
Je ne pourrais pas encore voir de message comme mes textes de slam sont encore à leur début.
vos apparitions et shows publics, où et quand ?
Il y a eu plusieurs performances tout au long de l’année dans la ligue de slam.
La plus marquante a été au feu Spectrum de Montréal en première partie di Poète français et slameur Abd El Malik.
Il y a aussi les finales, (montréalaise et provinciales) qui ont eu lieu lors du Festival international de la littérature.
Que signifie le slam pour vous et les autres ?
Pour moi le slam n’est pas un but, mais un moyen en soit de faire vibrer le public avec mes mots. J’ai une formation de comédienne et pour moi le slam est la rencontre de tout ce que j'aime des arts de la scène.
Je performe et en même temps je suis l’auteur du texte.
Pour moi le slam est aussi la nécessité de constamment être à l’affût de ce qui se passe, d'avoir la plume prête à marquer la page. Il y a une notion d’urgence dans cet Art.
au canada qui touchez vous, comment vivez vous votre double identité par rapport à votre Art ?
Au Canada j’espère que je réussi a touché tout le monde. Je ne fais pas de l’Art ciblé, j’écris ce qui me j’ai envie de sortir de ma tête.
Ma double identité, je la vis constamment dans mon rapport au métier de comédienne. Souvent je suis appelée pour des castings très stéréotypés « l'Arabe de service » comme on dit. De plus ces rôles sont très rares, ce qui fait qu’il est très difficile de gagner sa vie dans ce milieu, mais les choses changent, j’ai espoir en l’avenir.
vos racines tunisiennes, vos souvenirs du bled, votre perception de la jeunesse tunisienne aujourd’hui
J’ai un rapport très complexe avec la Tunisie. Disons que c’est une relation passionnée ayant ces moments d’amour et de haine. Je suis une 2e génération du Canada. Un enfant des années 80, donc la communauté tunisienne à Montréal pendant toute ma jeunesse était inexistante. Ce qui fait que je n’ai pas été en contact avec des jeunes comme moi. J’ai toujours cru très jeune qu’une fois en Tunisie tout irait mieux car je trouverai enfin mon chez moi. Ce fut un choc immense à l'âge de 16 ans, de me retrouver seule à Tunis et comme je n’étais pas rentré depuis 4 ans, je n’avais pas vraiment d’amis. Je me suis retrouvée perdue et dieu que j’ai trouvé l'été long, tellement qu’il m’a fallu 5 ans pour retourner à Tunis.
Cette fois, si j’y suis allée avec Bourguiba School. C'est ce programme qui m'a réconciliée avec la Tunisie, car je me suis retrouvée entouré de tunisien de 2 e générations qui comme moi ont vécu cette dualité dans leur terre de naissance, les deux cultures, l’intégration, etc. Mais contrairement à eux, moi je n’ai pas grandi avec des amis tunisiens nés au Canada. Je ne connais pas assez la jeunesse tunisienne dans sa réalité pour émettre une opinion là-dessus. J’imagine que comme tout jeunesse, elle essaye de faire sa place dans la société et d’être entendue par les aînées.
Le slam est sans frontières pour vous? êtes vous le porte parole de la génération immigrée
d’ origine maghrébine au canada ? Mon Dieu non... je ne suis le porte-parole de rien du tout. Je n’oserai pas me considérer comme une représentante de la génération immigrée d origine maghrébine. Premièrement , je ne suis pas une immigrée donc je n'ai pas du tout le même vécu que ceux qui sont partis de chez eux pour venir au Canada. Deuxièmement les Maghrébins au Canada ne sont pas vraiment regroupés en rapport au Maghreb. À Montréal, Il y a une émission de télévision maghrébine, un festival de musique. Et finalement le Canada est un immense pays, les tunisiens sont différents dépendamment de l’endroit où ils ont décidé de prendre demeure.
Avez vous un message pour eux, ceux qui veulent devenir artiste
Le message que j’ai s’applique à quiconque veut devenir artiste.
C’est extrêmement difficile. Il faut être près à vivre de peu pendant longtemps et faire des sacrifices. Mais surtout pour réussir dans le milieu
Il y a deux facteurs : le coup de chance et la persévérance.
La première, on ne sait jamais quand elle arrive, la seconde demande de la volonté et une vraie envie de faire de l’Art.
Et contrairement au croyance populaire, la deuxième manière est la plus fréquente!
J’ai 28 ans, j’ai terminé l’université, il y a 4 ans. J’ai trouvé le moyen avec des collègues de faire partie de production théâtre en tant que comédienne ou metteur en scène.
Certains spectacles m’ont payé 400$ can après 3 1/2 mois de travail.
J’ai travaillé dans des bars, restos, des évènements de marketing, figuration, placière, etc. Dieu merci j'ai des parents qui ont préféré investir dans mes projets que dans une télé plasma.
Une année après la graduation dans le domaine de l’Art, il reste peu de finissants. Et après 4 à 5 ans, rares sont ceux encore dans le domaine. La majorité retourne à l’école fautes d’emploi et les autres deviennent profs ou coach.
Un artiste ne cherche pas un métier, il prépare une carrière et cela prend du temps !
vos prochains shows, prévoyez vous une tournée, les artistes avec qui vous voudriez participer dans ces shows vos ambitions, vos projets futurs ?
Pour l’instant la majorité des shows sont à Montréal. Je commence sérieusement à penser publier un recueil de mes textes. Ensuite je vais voir ce qui se passe pour un spectacle solo de poésie théâtre.
Pour l’instant sur mon blog Myspace je mets mes textes sur des musiques de différents artistes.
J’ai un texte que j’ai fais sur une pièce de Anouar Braham.
J’adore cet artiste. Quand j’écris, je n’écoute que de la musique instrumentale. Anouar réussi à activer tous mes sens. Sa musique respire les silences. Chaque pièce est une histoire, une œuvre d’Art en soit.
Il nous tient dès la première note par les tripes.
Il est définitivement un artiste avec qui je rêverais de travailler, lui Phillip Glass, Dhafer Youssef ainsi que quelque membre du groupe GodSpeed you! Black Emperor( un rock progressif intrumental)
Une jeune femme a toujours le droit de rêver n’est pas !!:)

Un petit mot pour la Tunisie?
Il y a une petite fille en moi qui rêve aussi de recevoir un jour une invitation pour jouer à Tunis. Il faut dire que je suis passé très proche de jouer aux Journées Internationales de Théâtre de Carthage en 2003. Malheureusement, pour des raisons qui me sont encore à ce jour inconnus le spectacle n’a pas eu lieu. Par contre, faute de temps le spectacle était dans la programmation.
J’y ai quand même vu parmi les meilleures pièces de ma vie à Tunis. J’ai confiance en l’avenir. En temps et lieu quand le moment sera opportun Je donnerai un spectacle en Tunisie.
Sinon j’ai bien hâte d’y retourner cela va bientôt faire deux ans que je n’y suis pas allé. L’odeur des orangers et du jasmin me manquent…
Crédits :
Presse Courtesy of F.B.G Communication
www.fbg-communication.com
Blog de l’Artiste :
http://www.myspace.com/thequeenka
Lien audio pour entendre un slam de l’artiste
http://www.myspace.com/thequeenka
Inaugurée en France par l’artiste « Grand corps malade », il est devenu en à peine quelques mois, un véritable phénomène de Société chez les jeunes. Le cri d’espoir sur la galère du quotidien de toute une jeunesse désenchantée mais également « enchantée » de voir que l’art populaire, démocratisé à souhait, touche de plus en plus d’audiences, auparavant « élitistes ».
Des Gavroches des rues, reconverties en Baudelaire des temps modernes qui déclament haut et fort leur amour de la vie et le beau du vers, là où la désespérance sociale a poussé certains de « leurs frères » à la violence.
Tout comme le Rap ou le Graffiti, le Slam est une forme d’expression artistique
des temps modernes. Une nouvelle forme d’exutoire pour toute une jeunesse qui réinvente la poésie de leurs aînés.
L’expression d’un Art oral qui se déclame dans des lieux publics, bars, ou autres lieux associatifs, sous formes de joutes oratoires.

On y vient, dire, lire, scander, chanter, des jouer des textes originaux, sur des thèmes libres et parfois imposés.
Et voilà que cet Art est devenu international et a dépassé les frontières, pour venir également s’imposer au Québec.
Et c’est à cette occasion, que nous avons découvert une petite reine du Slam bien « de chez nous » !
Il s’agit de Queen Ka qui est en train de s’imposer parmi les « pro » du Show Biz à Montréal.
Elkahna Talbi… de son vrai nom oh combien évocateur…, est une leçon de volonté et de persévérance, « battante et de combattante » des temps modernes. Ce petit bout de femme est en train de révolutionner l’image « masculine » du Slam en Amérique du Nord.
Queen Ka vient par ailleurs de participer au célèbre Show québécois « Radio Show » qui est véritablement une entrée par la grande porte pour la jeune artiste.
On vous raconte au travers d’une interview, les rêves, les combats et les projets d’une artiste canadienne qui n’en oublie pas pour autant sa tunisianité.
Entretien :
Parlez nous de Queen ka
Queen KA est le nom que j’ai pris pour le slam. Mon prénom étant Elkahna, (El Kahina) le prénom de la reine berbère. Donc je voulais garder l'essence de mon prénom mais le rendre plus artistique.
Votre formation ?
J'ai un diplôme d'art oratoire obtenue plus jeune dans mes débuts dans les cours de théâtre. J'ai un diplôme ( baccalauréat canadien) en interprétation théâtre de l'université Concordia à Montréal. J'ai aussi un certificat en Anglais et j’ai fais un stage de jeu at The New York film Academy en juin 2000.
La révélation du slam comment, quand et pourquoi?
J'écris depuis très jeune. Dans mes agendas au secondaire, il avait plus de poèmes inscrit à l’intérieur que de devoirs. Je me servais de l ‘écriture comme exutoire. Dans mes textes, je pouvais laisser aller mon imagination et me libérer de tout ce qui me pesait sur le cœur. Plus tard, un ami qui a lu mes textes et qui m'a poussée à en faire quelque chose. Comme je n’avais jamais fait lire mes textes à personne, je ne connaissais pas leurs potentiels. Cet ami est celui qui m'a poussé à continuer d’écrire et à permettre aux gens de me lire. Plus tard, ma sœur faisant un spectacle de musique avec son nouveau groupe Mimosa, m’imposa d’en faire la première partie. J’étais donc face à un fait accompli, je devais lire mes textes devant tout le monde. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’ai eu « la chienne de ma vie » !
(expression québécoise pour décrire la peur le stress et le tout ensemble). C’était un soir de janvier 2004, je me rappelle que j’étais hyper angoissée.
Le spectacle, c'est bien déroulé. Les spectateurs étaient très réceptifs à mes textes. À l’époque, je n’arrivais pas à définir ce que je venais de faire mais je savais que c ‘étais un mélange entre la poésie et le théâtre.
J’ai découvert le slam deux ans plus tard grâce à Internet.
Le slam est un événement, le moment où la poésie et la performance se rencontrent, comme le dit si bien le fondateur du slam Mark Smith.
Parlez nous de votre voyage en France, des artistes qui sont votre référence
Je suis allée en France très souvent dans ma vie. J'ai beaucoup de famille et d'amis là-bas. Lors de mon dernier voyage ,en février 2006, j'en ai profité pour me rendre à des micros ouverts de slam. C'est là que j'ai eu la piqûre. En septembre de la même année une lice de slam a commencé à Montréal et je me suis tout de suite impliquée.
Vos références artistiques ?
Je n’ai pas vraiment de référence... Peut-être Yvon Deschamps et Clémence Desroches (humoristesn poètes et monologuistes québécois)
les messages que vous véhiculez ?
Je ne pourrais pas encore voir de message comme mes textes de slam sont encore à leur début.
vos apparitions et shows publics, où et quand ?
Il y a eu plusieurs performances tout au long de l’année dans la ligue de slam.
La plus marquante a été au feu Spectrum de Montréal en première partie di Poète français et slameur Abd El Malik.
Il y a aussi les finales, (montréalaise et provinciales) qui ont eu lieu lors du Festival international de la littérature.
Que signifie le slam pour vous et les autres ?
Pour moi le slam n’est pas un but, mais un moyen en soit de faire vibrer le public avec mes mots. J’ai une formation de comédienne et pour moi le slam est la rencontre de tout ce que j'aime des arts de la scène.
Je performe et en même temps je suis l’auteur du texte.
Pour moi le slam est aussi la nécessité de constamment être à l’affût de ce qui se passe, d'avoir la plume prête à marquer la page. Il y a une notion d’urgence dans cet Art.
au canada qui touchez vous, comment vivez vous votre double identité par rapport à votre Art ?
Au Canada j’espère que je réussi a touché tout le monde. Je ne fais pas de l’Art ciblé, j’écris ce qui me j’ai envie de sortir de ma tête.
Ma double identité, je la vis constamment dans mon rapport au métier de comédienne. Souvent je suis appelée pour des castings très stéréotypés « l'Arabe de service » comme on dit. De plus ces rôles sont très rares, ce qui fait qu’il est très difficile de gagner sa vie dans ce milieu, mais les choses changent, j’ai espoir en l’avenir.
vos racines tunisiennes, vos souvenirs du bled, votre perception de la jeunesse tunisienne aujourd’hui
J’ai un rapport très complexe avec la Tunisie. Disons que c’est une relation passionnée ayant ces moments d’amour et de haine. Je suis une 2e génération du Canada. Un enfant des années 80, donc la communauté tunisienne à Montréal pendant toute ma jeunesse était inexistante. Ce qui fait que je n’ai pas été en contact avec des jeunes comme moi. J’ai toujours cru très jeune qu’une fois en Tunisie tout irait mieux car je trouverai enfin mon chez moi. Ce fut un choc immense à l'âge de 16 ans, de me retrouver seule à Tunis et comme je n’étais pas rentré depuis 4 ans, je n’avais pas vraiment d’amis. Je me suis retrouvée perdue et dieu que j’ai trouvé l'été long, tellement qu’il m’a fallu 5 ans pour retourner à Tunis.
Cette fois, si j’y suis allée avec Bourguiba School. C'est ce programme qui m'a réconciliée avec la Tunisie, car je me suis retrouvée entouré de tunisien de 2 e générations qui comme moi ont vécu cette dualité dans leur terre de naissance, les deux cultures, l’intégration, etc. Mais contrairement à eux, moi je n’ai pas grandi avec des amis tunisiens nés au Canada. Je ne connais pas assez la jeunesse tunisienne dans sa réalité pour émettre une opinion là-dessus. J’imagine que comme tout jeunesse, elle essaye de faire sa place dans la société et d’être entendue par les aînées.
Le slam est sans frontières pour vous? êtes vous le porte parole de la génération immigrée
d’ origine maghrébine au canada ? Mon Dieu non... je ne suis le porte-parole de rien du tout. Je n’oserai pas me considérer comme une représentante de la génération immigrée d origine maghrébine. Premièrement , je ne suis pas une immigrée donc je n'ai pas du tout le même vécu que ceux qui sont partis de chez eux pour venir au Canada. Deuxièmement les Maghrébins au Canada ne sont pas vraiment regroupés en rapport au Maghreb. À Montréal, Il y a une émission de télévision maghrébine, un festival de musique. Et finalement le Canada est un immense pays, les tunisiens sont différents dépendamment de l’endroit où ils ont décidé de prendre demeure.
Avez vous un message pour eux, ceux qui veulent devenir artiste
Le message que j’ai s’applique à quiconque veut devenir artiste.
C’est extrêmement difficile. Il faut être près à vivre de peu pendant longtemps et faire des sacrifices. Mais surtout pour réussir dans le milieu
Il y a deux facteurs : le coup de chance et la persévérance.
La première, on ne sait jamais quand elle arrive, la seconde demande de la volonté et une vraie envie de faire de l’Art.
Et contrairement au croyance populaire, la deuxième manière est la plus fréquente!
J’ai 28 ans, j’ai terminé l’université, il y a 4 ans. J’ai trouvé le moyen avec des collègues de faire partie de production théâtre en tant que comédienne ou metteur en scène.
Certains spectacles m’ont payé 400$ can après 3 1/2 mois de travail.
J’ai travaillé dans des bars, restos, des évènements de marketing, figuration, placière, etc. Dieu merci j'ai des parents qui ont préféré investir dans mes projets que dans une télé plasma.
Une année après la graduation dans le domaine de l’Art, il reste peu de finissants. Et après 4 à 5 ans, rares sont ceux encore dans le domaine. La majorité retourne à l’école fautes d’emploi et les autres deviennent profs ou coach.
Un artiste ne cherche pas un métier, il prépare une carrière et cela prend du temps !
vos prochains shows, prévoyez vous une tournée, les artistes avec qui vous voudriez participer dans ces shows vos ambitions, vos projets futurs ?
Pour l’instant la majorité des shows sont à Montréal. Je commence sérieusement à penser publier un recueil de mes textes. Ensuite je vais voir ce qui se passe pour un spectacle solo de poésie théâtre.
Pour l’instant sur mon blog Myspace je mets mes textes sur des musiques de différents artistes.
J’ai un texte que j’ai fais sur une pièce de Anouar Braham.
J’adore cet artiste. Quand j’écris, je n’écoute que de la musique instrumentale. Anouar réussi à activer tous mes sens. Sa musique respire les silences. Chaque pièce est une histoire, une œuvre d’Art en soit.
Il nous tient dès la première note par les tripes.
Il est définitivement un artiste avec qui je rêverais de travailler, lui Phillip Glass, Dhafer Youssef ainsi que quelque membre du groupe GodSpeed you! Black Emperor( un rock progressif intrumental)
Une jeune femme a toujours le droit de rêver n’est pas !!:)

Un petit mot pour la Tunisie?
Il y a une petite fille en moi qui rêve aussi de recevoir un jour une invitation pour jouer à Tunis. Il faut dire que je suis passé très proche de jouer aux Journées Internationales de Théâtre de Carthage en 2003. Malheureusement, pour des raisons qui me sont encore à ce jour inconnus le spectacle n’a pas eu lieu. Par contre, faute de temps le spectacle était dans la programmation.
J’y ai quand même vu parmi les meilleures pièces de ma vie à Tunis. J’ai confiance en l’avenir. En temps et lieu quand le moment sera opportun Je donnerai un spectacle en Tunisie.
Sinon j’ai bien hâte d’y retourner cela va bientôt faire deux ans que je n’y suis pas allé. L’odeur des orangers et du jasmin me manquent…
Crédits :
Presse Courtesy of F.B.G Communication
www.fbg-communication.com
Blog de l’Artiste :
http://www.myspace.com/thequeenka
Lien audio pour entendre un slam de l’artiste
http://www.myspace.com/thequeenka





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