Par Fériel Berraies Guigny. Alors que De La Fontaine, utilisait les animaux pour parodier les torts et travers de la société, Djamel Ben Salah, utilise les enfants. Sorti à la même date que le film de Abdellatif Kechiche « La Graine et le Mulet » le réalisateur franco algérien signe une nouvelle fois une fresque humaniste sur fond de western d’enfants. Mais le message est beaucoup plus
profond que cela. Après le succès d' Il était une fois dans l'Oued , le réalisateur Djamel Bensalah nous revient ce mois de décembre, avec Big City , un western dont les rôles principaux sont tenus par... des enfants.
Cette belle allégorie opposant les cow-boys aux indiens, nous fait étrangement penser à la guerre des banlieues et au compartimentage géographique que connaît la France depuis un bon nombre d’années. Des limites géographiques imposées par l’histoire et qui ont nourri et entretenu aujourd’hui les plus grandes inégalités entre les couches sociales et les communautés. La lutte éternelle entre les « blancs » français pure souche ou « les cowboys » immaculés et sans reproche, face aux renégats de la société ; les indiens « parias » qui sont les enfants colorés des banlieues. Ce film est une belle fresque sociale, avec plein de messages humanistes à l’appui.
Il faut rappeler que le réalisateur franco-algérien affectionne ce genre de thématique, lui fils de la Banlieue de Saint Denis. Sa trajectoire, il faut le rappeler est atypique, mais aussi couronnée de succès. Après un court passage par la comédie, Djamel Bensalah se tourne vers la réalisation, en 1996, où il met en scène son premier court métrage « Y'a du foutage dans l'air » avec Jamel Debbouze et Julien Courbey dans les rôles principaux, avant de concevoir pour Canal + quelques spots publicitaires et programmes courts.
En 1998, ses amis Jamel, Julien et Lorant Deutsch sont de l'aventure pour son premier long métrage intitulé « Le Ciel, les oiseaux et... ta mère » !.
Alors qu'il avait mis plus de deux ans pour monter son premier court métrage avec un budget de 100 000 francs, il ne faut à Djamel que 6 mois de démarche pour financer ce projet. Cette chronique de banlieusards parisiens partis en vacances pour se la couler douce est une réussite commerciale. Fort de ce succès, le cinéaste s'adjoint les services d'acteurs confirmés (Roschdy Zem, Hélène De Fougerolles, Josiane Balasko ou encore Gérard Jugnot) pour sa deuxième comédie, Le Raid (2002), périple d'une bande de pieds nickelés à travers le monde qui ne convainc malheureusement pas la critique. Trois ans plus tard, Djamel Bensalah renoue avec ses racines pour son troisième film, « Il était une fois dans l'Oued », dans lequel Julien Courbey tente de faire carrière comme épicier en Algérie.
Avec « Big City », le réalisateur signe une volonté de recréer le lien social perdu. A travers les enfants, il pose un regard d’anthropologue sur une société et ses dérives. Pour lui assurément, la rédemption gît dans le regard des enfants. Une pureté dans un Monde qui se perd, filmée par le regard critique du monde à travers le regard des gamins. « Big City », c’est une histoire sur des enfants qui se retrouvent abandonnés, face à eux même et une société. Sont ils meilleurs ou pires que leurs parents ?
Avec son quatrième film, le réalisateur nous offre une trajectoire aboutie, aidé de tous ces acteurs en herbe qui lui rappellent le monde magique d’une enfance en devenir, qui a gardé ce regard neuf et authentique par rapport à la vie. Il les a vu grandir durant le tournage mais il a grandi aussi un peu. Car Big City, c’est aussi dix ans dans le métier, une marque, une nette évolution et comme il l’aime à le rappeler « Je viens d’une banlieue ou dix plus tard seul Grand Corps Malade et moi avons réussi. Quand j’y retourne, je suis triste, même catastrophé de ne pas pouvoir trouvé un black pour jouer au cinéma. Quand j’organise des castings dans les MJC, les mecs ne viennent même pas. Y’a dix ans il y avait de l’espoir, aujourd’hui c’est mort »...
Synopsis :
Dans les années 1880, aux confins de l'Ouest américain, la petite ville de Big City attend l'arrivée d'une caravane de nouveaux immigrants. Hélas, la caravane est attaquée en chemin par les Indiens, et tous les adultes de Big-City partent pour la défendre. Au matin, les enfants de Big City se réveillent orphelins, avec pour seule compagnie adulte un vieil alcoolique et le débile du village.
A partir de ce jour, le débile devient shérif, le vieil alcoolique juge de paix, et Big City se dote d'un maire enfant, d'un barman enfant, d'une entraîneuse enfant, d'un épicier enfant, d'un menuisier/croque mort enfant... chaque enfant reprenant la place occupée par ses parents. Mais les enfants indiens ne vont pas tarder à montrer le bout de leur nez....
FicheTechnique :
BIG CITY
Réalisation : Djamel Bensalah
Produit par Gaumont
450 copies
Distribution : Gaumont
Pays d'origine : France - 2006
Titre original : Big City
Genre : Comédie d'aventure
Musique : Erwann Kermorvant
Public : Tous Publics
Durée : 104 minutes
Crédits :
Presse Courtesy of F.B.G Communication
Crédits photos : Copyright Gaumont 2007
profond que cela. Après le succès d' Il était une fois dans l'Oued , le réalisateur Djamel Bensalah nous revient ce mois de décembre, avec Big City , un western dont les rôles principaux sont tenus par... des enfants.Cette belle allégorie opposant les cow-boys aux indiens, nous fait étrangement penser à la guerre des banlieues et au compartimentage géographique que connaît la France depuis un bon nombre d’années. Des limites géographiques imposées par l’histoire et qui ont nourri et entretenu aujourd’hui les plus grandes inégalités entre les couches sociales et les communautés. La lutte éternelle entre les « blancs » français pure souche ou « les cowboys » immaculés et sans reproche, face aux renégats de la société ; les indiens « parias » qui sont les enfants colorés des banlieues. Ce film est une belle fresque sociale, avec plein de messages humanistes à l’appui.
Il faut rappeler que le réalisateur franco-algérien affectionne ce genre de thématique, lui fils de la Banlieue de Saint Denis. Sa trajectoire, il faut le rappeler est atypique, mais aussi couronnée de succès. Après un court passage par la comédie, Djamel Bensalah se tourne vers la réalisation, en 1996, où il met en scène son premier court métrage « Y'a du foutage dans l'air » avec Jamel Debbouze et Julien Courbey dans les rôles principaux, avant de concevoir pour Canal + quelques spots publicitaires et programmes courts.
En 1998, ses amis Jamel, Julien et Lorant Deutsch sont de l'aventure pour son premier long métrage intitulé « Le Ciel, les oiseaux et... ta mère » !.
Alors qu'il avait mis plus de deux ans pour monter son premier court métrage avec un budget de 100 000 francs, il ne faut à Djamel que 6 mois de démarche pour financer ce projet. Cette chronique de banlieusards parisiens partis en vacances pour se la couler douce est une réussite commerciale. Fort de ce succès, le cinéaste s'adjoint les services d'acteurs confirmés (Roschdy Zem, Hélène De Fougerolles, Josiane Balasko ou encore Gérard Jugnot) pour sa deuxième comédie, Le Raid (2002), périple d'une bande de pieds nickelés à travers le monde qui ne convainc malheureusement pas la critique. Trois ans plus tard, Djamel Bensalah renoue avec ses racines pour son troisième film, « Il était une fois dans l'Oued », dans lequel Julien Courbey tente de faire carrière comme épicier en Algérie.
Avec « Big City », le réalisateur signe une volonté de recréer le lien social perdu. A travers les enfants, il pose un regard d’anthropologue sur une société et ses dérives. Pour lui assurément, la rédemption gît dans le regard des enfants. Une pureté dans un Monde qui se perd, filmée par le regard critique du monde à travers le regard des gamins. « Big City », c’est une histoire sur des enfants qui se retrouvent abandonnés, face à eux même et une société. Sont ils meilleurs ou pires que leurs parents ?
Avec son quatrième film, le réalisateur nous offre une trajectoire aboutie, aidé de tous ces acteurs en herbe qui lui rappellent le monde magique d’une enfance en devenir, qui a gardé ce regard neuf et authentique par rapport à la vie. Il les a vu grandir durant le tournage mais il a grandi aussi un peu. Car Big City, c’est aussi dix ans dans le métier, une marque, une nette évolution et comme il l’aime à le rappeler « Je viens d’une banlieue ou dix plus tard seul Grand Corps Malade et moi avons réussi. Quand j’y retourne, je suis triste, même catastrophé de ne pas pouvoir trouvé un black pour jouer au cinéma. Quand j’organise des castings dans les MJC, les mecs ne viennent même pas. Y’a dix ans il y avait de l’espoir, aujourd’hui c’est mort »...
Synopsis :

Dans les années 1880, aux confins de l'Ouest américain, la petite ville de Big City attend l'arrivée d'une caravane de nouveaux immigrants. Hélas, la caravane est attaquée en chemin par les Indiens, et tous les adultes de Big-City partent pour la défendre. Au matin, les enfants de Big City se réveillent orphelins, avec pour seule compagnie adulte un vieil alcoolique et le débile du village.
A partir de ce jour, le débile devient shérif, le vieil alcoolique juge de paix, et Big City se dote d'un maire enfant, d'un barman enfant, d'une entraîneuse enfant, d'un épicier enfant, d'un menuisier/croque mort enfant... chaque enfant reprenant la place occupée par ses parents. Mais les enfants indiens ne vont pas tarder à montrer le bout de leur nez....
FicheTechnique :
BIG CITY
Réalisation : Djamel Bensalah
Produit par Gaumont
450 copies
Distribution : Gaumont
Pays d'origine : France - 2006
Titre original : Big City
Genre : Comédie d'aventure
Musique : Erwann Kermorvant
Public : Tous Publics
Durée : 104 minutes
Crédits :
Presse Courtesy of F.B.G Communication
Crédits photos : Copyright Gaumont 2007





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