Amusée et amusante, excitée et excitante, jubilée et jubilatoire, provoquée et provocante... C’est tout cela à la fois Amina Fakhet, notre phénomène national.
A chaque fois qu’elle se produit dans les festivals, elle
met le feu sur scène. Et le feu de se propager rapidement sur les gradins. On dit d’elle: «qu’elle manque de retenue». Pourtant, les auteurs de ces mots sont souvent les premiers à être embarqués dans le bateau ivre de Madame. D’autres la qualifient de radine, qu’elle ne produit presque rien et qu’elle ne fait que grignoter du terroir national mais, une fois sur scène, Amina est qualifiée de très généreuse. Souvent elle est donc attaquée mais au fond de nous-même, on la regarde d’un autre œil et on lui pardonne tout. Elle, de son côté, se moque royalement des commentaires et du qu’en-dira-t-on, nous faisant avaler ses grains de folie et nous entraînant avec elle sur les ondes de ses délires et de ses mises en scène. Celle qui nous (jeunes et retraités) fait chanter, vibrer, danser et étonnante, détonnante à souhait.
Spontanée et naturelle. Croustillante, pétillante à volonté... et... déroutante à plaisir. Le dosage n’a pas chez elle de place et on l’accepte telle qu’elle est. On l’aime telle qu’elle est. Et elle nous... terrasse et prend sur nous le dessus et émerge sur la scène.
Pourquoi? ... Pourquoi ?... Pourquoi ?... ?... ?...? On n’en sait rien. Sauf qu’elle est artiste. Une vraie artiste et qui dégage quelque chose. Quelque chose de bon que le Tunisien aime. Qu’aime-t-il ce Tunisien? Il aime celui qui incarne son âme et se retrouve en lui. Il s’identifie en elle. Comme elle, il aime la «chikha» et le «rboukh». Il aime la fête et refuse le trop de retenue. Et pour le contenu, ça peut être du charabia et ça passe.
Un morceau par-ci, un morceau par-là où il y a du bédoui, du patrimoine comme «âlajibine âssaba» ou «Meguiesse» de Tahar Gharsa, du terroir de Gafsa ou du Kef, du répertoire de Abdelwahab ou d’ «Elhobbi kollo» de «Sett Oum Kolthoum», le tout entrecoupé avec «Yal âli rabi» ou autre de pur jus tunisien et le tour est joué avec âme et sincérité. Cet esprit de fête d’animation répond bien au Tunisien, le Tunisien moyen. Celui du peuple. C’est pour toutes ces raisons-là qu’on lui tolère tout. Elle est l’enfant du peuple qui refuse le sophistiqué l’artificiel et loin d'affectionner les masques. On l’apprécie un peu, beaucoup, passionnément et sous toutes ses coutures, ses ourlets et ses couleurs. Avec tout ce qu’elle nous brode et nous mijote d’elle ou qu’elle nous grignote de chez les autres. Elle est ainsi faite cette Amina. Ainsi est fait le Tunisien.
Zohra ABID

Le Quotidien de Tunisie
Hammamet 2007
A chaque fois qu’elle se produit dans les festivals, elle
met le feu sur scène. Et le feu de se propager rapidement sur les gradins. On dit d’elle: «qu’elle manque de retenue». Pourtant, les auteurs de ces mots sont souvent les premiers à être embarqués dans le bateau ivre de Madame. D’autres la qualifient de radine, qu’elle ne produit presque rien et qu’elle ne fait que grignoter du terroir national mais, une fois sur scène, Amina est qualifiée de très généreuse. Souvent elle est donc attaquée mais au fond de nous-même, on la regarde d’un autre œil et on lui pardonne tout. Elle, de son côté, se moque royalement des commentaires et du qu’en-dira-t-on, nous faisant avaler ses grains de folie et nous entraînant avec elle sur les ondes de ses délires et de ses mises en scène. Celle qui nous (jeunes et retraités) fait chanter, vibrer, danser et étonnante, détonnante à souhait. Spontanée et naturelle. Croustillante, pétillante à volonté... et... déroutante à plaisir. Le dosage n’a pas chez elle de place et on l’accepte telle qu’elle est. On l’aime telle qu’elle est. Et elle nous... terrasse et prend sur nous le dessus et émerge sur la scène.
Pourquoi? ... Pourquoi ?... Pourquoi ?... ?... ?...? On n’en sait rien. Sauf qu’elle est artiste. Une vraie artiste et qui dégage quelque chose. Quelque chose de bon que le Tunisien aime. Qu’aime-t-il ce Tunisien? Il aime celui qui incarne son âme et se retrouve en lui. Il s’identifie en elle. Comme elle, il aime la «chikha» et le «rboukh». Il aime la fête et refuse le trop de retenue. Et pour le contenu, ça peut être du charabia et ça passe.
Un morceau par-ci, un morceau par-là où il y a du bédoui, du patrimoine comme «âlajibine âssaba» ou «Meguiesse» de Tahar Gharsa, du terroir de Gafsa ou du Kef, du répertoire de Abdelwahab ou d’ «Elhobbi kollo» de «Sett Oum Kolthoum», le tout entrecoupé avec «Yal âli rabi» ou autre de pur jus tunisien et le tour est joué avec âme et sincérité. Cet esprit de fête d’animation répond bien au Tunisien, le Tunisien moyen. Celui du peuple. C’est pour toutes ces raisons-là qu’on lui tolère tout. Elle est l’enfant du peuple qui refuse le sophistiqué l’artificiel et loin d'affectionner les masques. On l’apprécie un peu, beaucoup, passionnément et sous toutes ses coutures, ses ourlets et ses couleurs. Avec tout ce qu’elle nous brode et nous mijote d’elle ou qu’elle nous grignote de chez les autres. Elle est ainsi faite cette Amina. Ainsi est fait le Tunisien.
Zohra ABID

Le Quotidien de Tunisie





Warda - وحشتوني
Commentaires
3 de 3 commentaires pour l'article 11175