Sabah Fakhri : le maître du chant !



C'était la soirée à ne pas rater, celle de la tête d'affiche de cette 23è m e édition du festival de la Médina: Sabah Fakhri au théâtre municipal, de longues années après sa découverte par le public tunisien... Et cette soirée du samedi 21 octobre 2005 a permis de retrouver un grand artiste, toujours égal à luimême, c’est-à-dire parfait de maîtrise et de talent.


C’est que Sabah Fakhri n’est plus tout jeune: il va sur ses 80 ans, 78 et demi pour être précis... Mais il lui suffit de se retrouver sur scène pour redevenir un fringant jeune homme de 20 ans, alerte quand il dirige son orchestre, agile lorsqu’il entame un pas de danse, précis lorsqu’il constate un petit problème de sonorisation...
Il a entamé son spectacle avec un «Saha Cherbetkom», dit avec l’accent tunisien, avant d’entamer un « M o u a c h a h » c l a ssique pour se chauffer la voix et prendre la température de la salle. Il était accompagné par dix musiciens: quatre violons, un luth, un kanoun, deux violoncelles et deux percussionnistes, avec un chœur composé de quatre voix masculines basses, pour composer avec sa voix puissante. Quant au public, il était plutôt âgé, avec tout de même beaucoup de jeunes. A s s offé de qualité, ce public a été gâté par le chanteur, qui le lui a bien rendu en déclarant: « Vo u s chantez mieux que moi!», Il faut dire que tout au long de la soirée, ce public a chanté, applaudi, demandé des titres, rit des blagues de l’artiste...




De son côté, Sabah Fakhri s’est dépensé sans compter reprenant «Y amen lâïbet bihi chamoulou», «Ya chadi El
A l h a n e » ou « Ya mali echam»... Sa voix n’a rien perdu de sa force et de sa qualité, on dirait même qu’elle s’est renforcée malgré l’âge. Cette voix semblait d’ailleurs rajeunir à mesure que la soirée avançait...


De temps à autre, il se confessait au public pour dire: « J ’ aconnu ce pays il y a 30 ans et depuis, je n’ai pas cessé de l’aim e r » . Puis il demande qu’on allume la salle pour, dit-il «que je puisse voir vos visages aimés».



Une inversion des rôles qui semble étonner le public, soudain soumis aux feux de la rampe...
Jouant le chef d’orchestre, il dirige sa troupe de main de maître, demandant à certains d’exécuter un solo, à d’autres de raccorder leurs instruments, car la chaleur a distendu les cordes. Et pour faire patienter le public, il annonce toujours avec un accent bien de chez nous «Eddénia Skhouna Barc h a » (il fait très chaud)...
Lors de certains morceaux, Sabah Fakhri entame un petit pas de danse, une brève chorégraphie qui déclenche toujours des applaudissements et des onomatopées d’admiration. Il sait aussi faire plaisir au public et change son programme pour interpréter « Ya menta wahéchni» qu’on lui demandait avec insistance. Il reprend «Ibaâthli jawab» e t on a entendu à une jeune fille dire sur un ton ironique: « A u j o u rd’hui ce serait Ibaâthli SMS»...


Sabah Fakhri terminera son gala avec une chanson de circonstance, puisqu’on est au mois de Ramadhan « Talaâ’l badrou alayna» qui achèvera de conquérir l’assistance et il sera longuement applaudi, toute la salle debout. Une soirée comme on les aime: riche en émotions, en qualités musicales, en travail sérieux.
Sabah Fakhri est vraiment un maître à chanter!


REF


Le renouveau




Commentaires


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Ccryrao  (klmcyranoklm@gmail.com)  |Samedi 15 Decembre 2007 à 02h 07m |           
Music de sabah ici : www.houari-dauphin.com/sabah-fakhri.htm