Par Fériel Berraies Guigny. Paris
Né en 1951 à Gabès en Tunisie, Tahar Bekri vit à Paris depuis 1976. Son œuvre, marquée par l’exil et l’errance, évoque des traversées de temps et d’espaces réinventés. Sa poésie est traduite en de nombreuses langues. Il vient de publier un nouveau recueil de poésie : Si la musique doit mourir. Le prix littéraire Tunisie-France 2006 lui a été attribué aux côtés de Bernard Plin dont les oeuvres respectives sont ainsi saluées .Ces deux poètes succèdent ainsi aux deux romancières Alia Mabrouk et Colette Fellous, récipiendaires du même prix l'année écoulée. Rappelons que le Prix Tunisie France récompense chaque année deux
écrivains, l'un tunisien et l'autre français, dont les travaux contribuent aux échanges culturels entre les deux pays.
Après la mer et ses tumultes intérieurs, avec « La brûlante rumeur de la mer » (Editions Al Manar, Paris, 2005) le nouveau recueil de poésie de Tahar Bekri est placé sous le signe de la musique. De tous ces instruments qui évoquent ce langage intérieur et fraternel. En ces temps meurtris par l’intolérance, la haine et l’ignorance, de tous bords, le langage des notes, la célébration de l’art, seraient, peut être, le moyen le plus digne, comme acte de civilisation, face aux déchirements de l’humanité.
Comme un cri contre la barbarie, les vers du poète dénoncent les vicissitudes de la censure et de la répression, nées de l’autoritarisme politique et religieux qui bâillonne dans bien de pays, les plus beaux chants. Chant lyrique des plus sublimes, que cette poésie qui célèbre l’amour de la vie, l’amour de l’autre dans sa différence, contre la volonté de mort.
La question est lancinante et elle nous brûle, est-il acceptable de bannir les richesses d’un patrimoine culturel universel au nom d’une idéologie? La musique, l’art peuvent-ils souffrir les raisons obscures? Peut-on rester sourd à un piano quand on a l’habitude du luth ? Peut-on ériger la musique de sa propre culture comme seule valable?
Ce cri menaçant sur la liberté de l’art, Tahar Bekri le condamne dans un vibrant hommage à Mozart, dans un cycle poétique qui démontre que la beauté de la création humaine est au-dessus des clivages géographiques, des frontières soumises au fanatisme religieux ou aux idéologies limitées et à courte vue.

La musique est instinct de vie contre le thanatos des dictatures et des religions. Elle purifie, comme un voyage intérieur, elle élève l’âme de tout un chacun. Et s’il faut opter pour l’errance et l’exil, générateurs d’ouverture sur le monde, Tahar Bekri n’en craint pas ses servitudes. Dans « Je te nourris absence », il se recueille dans cet art de la solitude et de la méditation philosophique qui caractérise sa création. Le désert qu’il traverse n’est jamais exempt de sentiments. Car son intelligence de cœur, comme un abreuvoir arrose les étendues de sable et tout ce qui est alors tari, se régénère . Création humaine dans ce qu’elle a de plus beau, comme à l’image du divin, elle devient universaliste et pacifique. Langage d’amour et de pardon, elle est à l’épreuve de toutes les chaînes.
Crédits :
Tahar Bekri, Si la musique doit mourir, Neuilly/Seine, éditions Al Manar, 2006, 76 pages.
Photos : TAO/ Taoufik ZEMZEMI. Paris
Presse : Courtesy of Fériel Berraies Guigny. Paris

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Né en 1951 à Gabès en Tunisie, Tahar Bekri vit à Paris depuis 1976. Son œuvre, marquée par l’exil et l’errance, évoque des traversées de temps et d’espaces réinventés. Sa poésie est traduite en de nombreuses langues. Il vient de publier un nouveau recueil de poésie : Si la musique doit mourir. Le prix littéraire Tunisie-France 2006 lui a été attribué aux côtés de Bernard Plin dont les oeuvres respectives sont ainsi saluées .Ces deux poètes succèdent ainsi aux deux romancières Alia Mabrouk et Colette Fellous, récipiendaires du même prix l'année écoulée. Rappelons que le Prix Tunisie France récompense chaque année deux
écrivains, l'un tunisien et l'autre français, dont les travaux contribuent aux échanges culturels entre les deux pays.Après la mer et ses tumultes intérieurs, avec « La brûlante rumeur de la mer » (Editions Al Manar, Paris, 2005) le nouveau recueil de poésie de Tahar Bekri est placé sous le signe de la musique. De tous ces instruments qui évoquent ce langage intérieur et fraternel. En ces temps meurtris par l’intolérance, la haine et l’ignorance, de tous bords, le langage des notes, la célébration de l’art, seraient, peut être, le moyen le plus digne, comme acte de civilisation, face aux déchirements de l’humanité.
Comme un cri contre la barbarie, les vers du poète dénoncent les vicissitudes de la censure et de la répression, nées de l’autoritarisme politique et religieux qui bâillonne dans bien de pays, les plus beaux chants. Chant lyrique des plus sublimes, que cette poésie qui célèbre l’amour de la vie, l’amour de l’autre dans sa différence, contre la volonté de mort.
La question est lancinante et elle nous brûle, est-il acceptable de bannir les richesses d’un patrimoine culturel universel au nom d’une idéologie? La musique, l’art peuvent-ils souffrir les raisons obscures? Peut-on rester sourd à un piano quand on a l’habitude du luth ? Peut-on ériger la musique de sa propre culture comme seule valable?
Ce cri menaçant sur la liberté de l’art, Tahar Bekri le condamne dans un vibrant hommage à Mozart, dans un cycle poétique qui démontre que la beauté de la création humaine est au-dessus des clivages géographiques, des frontières soumises au fanatisme religieux ou aux idéologies limitées et à courte vue.

La musique est instinct de vie contre le thanatos des dictatures et des religions. Elle purifie, comme un voyage intérieur, elle élève l’âme de tout un chacun. Et s’il faut opter pour l’errance et l’exil, générateurs d’ouverture sur le monde, Tahar Bekri n’en craint pas ses servitudes. Dans « Je te nourris absence », il se recueille dans cet art de la solitude et de la méditation philosophique qui caractérise sa création. Le désert qu’il traverse n’est jamais exempt de sentiments. Car son intelligence de cœur, comme un abreuvoir arrose les étendues de sable et tout ce qui est alors tari, se régénère . Création humaine dans ce qu’elle a de plus beau, comme à l’image du divin, elle devient universaliste et pacifique. Langage d’amour et de pardon, elle est à l’épreuve de toutes les chaînes.
Crédits :
Tahar Bekri, Si la musique doit mourir, Neuilly/Seine, éditions Al Manar, 2006, 76 pages.
Photos : TAO/ Taoufik ZEMZEMI. Paris
Presse : Courtesy of Fériel Berraies Guigny. Paris

Fériel Berraies Guigny
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