millions d’hectares de forêts détruites en 15 ans en Afrique



APA - Paris. Plus de trois millions d’hectares de forêts ont été détruites en l’espace de quinze ans (entre 1990 et 2005), sur le continent africain, indique un rapport du Comité des forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), parvenu à APA, à Paris.

Selon ce rapport, la situation des forêts africaines est particulièrement alarmante dans la mesure où le continent concentre à lui seul la moitié de la déforestation dans le monde estimée entre 2000 et 2005 à 7,3 millions d’hectares, soit 20.000 hectares par jour.


« Les pressions combinées de l’industrie du bois et de l’exploitation agricole sur brûlis ont amputé le continent de 9% de sa surface forestière entre 1990 et 2005 », indique le Comité des forêts de la FAO pour qui « la déforestation continue à un rythme très préoccupant, compromettant mode de vie des populations, biodiversité et équilibre global du climat ».

Le rapport souligne par ailleurs que la situation est particulièrement grave en République Démocratique du Congo (RDC), où se situent les deux tiers de la seconde forêt tropicale de la planète. Il fait notamment remarquer que cet espace exceptionnel relativement préservé est, aujourd’hui, à la croisée des chemins.

Pour l’organisation de défense de l’environnement, Greenpeace, il est urgent d’agir pour sauver les forêts dans cette partie de l’Afrique. D’autant qu’une réunion cruciale devrait se tenir dans les prochains jours sur la question de l’exploitation industrielle du bois.

« Au sortir de dix années de guerre civile, gouvernement et bailleurs de fonds doivent décider dans les semaines à venir de l’avenir de l’exploitation industrielle du bois. L’enjeu est crucial car 60 millions d’hectares de forêts naturelles risquent d’être affectés aux exploitants industriels alors même qu’aucun zonage écologiquement et socialement pertinent n’a été fait. Les risques pour la population et la biodiversité sont immenses », prévient Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts africaines à Greenpeace.

L’ONG appelle ainsi à la prolongation du moratoire sur l’attribution de nouveaux titres forestiers en RDC qui constitue, à ses yeux, « un premier élément de réponse concret pour enrayer un phénomène mondial gravissime ».

Elle rappelle l’engagement pris dans ce sens par le chef de l’Etat français, Jacques Chirac, au sommet France-Afrique, de soutenir ce moratoire et de faire de son pays le moteur d’une politique internationale de protection active de la biodiversité dans le bassin du Congo.

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