Qui est vraiment John Bolton ?



Le président américain George W. Bush a renoncé à obtenir du Congrès une prolongation du mandat de l'ambassadeur américain à l'ONU John Bolton, qui arrive à échéance en décembre, a annoncé lundi la Maison Blanche.
M. Bush avait été contraint de nommer M. Bolton par décret en août 2005, devant les réticences suscitées par sa personnalité et l'impossibilité de surmonter les manoeuvres d'obstruction de l'opposition démocrate.
Mais une telle nomination n'est valable que le temps de la législature en cours. Pour être reconduit, M. Bolton devait être confirmé par le Sénat.


John Bolton lui-même avait été fort critiqué lors de sa désignation. Connu pour son franc-parler et ses positions très sévères sur les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord. Il était aussi réputé pour son peu de considération des Nations-Unies. En 1994, il aurait déclaré, "le bâtiment du secrétariat de l'ONU à New York fait 38 étages, s'il en perdait 10, cela ne ferait pas grande différence" (lire plus bas).

Alors, qui est vraiment ce John Bolton?


Extraits de L'HORRIBLE JOHN BOLTON Par Jean-François Goulon .

Beaucoup en disent le plus grand mal, mais n'y aurait-il pas un peu d'exagération dans tout cela ?

Aujourd'hui, nous allons tenter de découvrir qui est vraiment ce type.

John Bolton est devenu le symbole des tendances les plus extrêmes de l’unilatéralisme de l’administration Bush, et nous savons que de nombreux Républicains modérés, de même que des Démocrates, ont émis de profondes réserves sur sa nomination.

A la différence d'un Wolfowitz, dont le sérieux, la curiosité intellectuelle, la capacité diplomatique, et la longue carrière internationale lui ont fait gagner un soutien substantiel parmi les Démocrates (et il a su persuader les Européens de ne pas bloquer sa sélection, notamment Jack Straw, le ministre des affaires étrangères britanniques, et Gerhard Schrِder) Bolton est très largement considéré comme une vraie tête à claque par tous ceux qui croient que les Nations-Unies ont un rôle important à jouer sur la scène mondiale.

Bolton qui accéda en 2001 au poste de sous-secrétaire d’état en charge du contrôle de l’armement et de la sécurité internationale est mieux connu comme le plus belliqueux et celui le plus dénué d’humour de toute l’administration Bush. C'est vrai qu'il n'a pas fait l'école du rire! Enfin, il a une réputation d’ardent partisan de l’unilatéralisme.

Républicain très à droite depuis son engagement volontaire dans la campagne présidentielle ratée de Barry Goldwater en 1964, alors qu’il n’était encore qu’élève de l’enseignement secondaire, Bolton a tenu des postes de haut rang à l’Agence pour le Développement International et au Ministère de la Justice sous Ronald Reagan. Puis il est devenu assistant du secrétaire d’état en charge des organisations internationales sous l’ancien Président George H.W. Bush.

Sous l’administration Clinton, Bolton travailla à des postes élevés dans des groupes de réflexion de droite, notamment le très néoconservateur American Enterprise Institute et le PNAC qui a pondu en 1997 le fameux PNAC du même nom (Project for a New American Century, le projet pour un nouveau siècle américain, annonciateur du projet impérial de l'administration actuelle)

Son rôle au PNAC était de lancer des attaques répétées contre toutes les sortes de traités relatifs au contrôle de l’armement. Il y a défendu l’indépendance de Taïwan, mis en garde contre les menaces terribles posées à la souveraineté des Etats-Unis par les Nations-Unies et les organisations non-gouvernementales (ONG) qui font la promotion des traités et des conventions qui pourraient entraver la liberté de Washington de mener des actions sur d’autres continents ou qui pourraient influencer les lois américaines.

En février 1994, eut lieu un débat pour discuter des questions clé sur le rôle de l'ONU après la fin de la guerre froide. Le sujet: les droits de l'homme, un gouvernement global et le renforcement des Nations-Unies. Y participaient deux hauts fonctionnaires de l'ONU, un ancien candidat à la présidence des Etats-Unis, un représentant d'une organisation pour les droits de l'homme, deux hauts fonctionnaires de la défense américaine, et John Bolton, en tant qu'ancien assistant du Secrétaire d'Etat pour les organisations internationales.

John Bolton eut l'occasion d'étaler son point de vue sur l'ONU et l'organisation du monde et son style "élégant" fut particulièrement remarqué.
Extraits :

John Bolton : La remarque que je veux vous laisser de cette très brève présentation se trouve là où j'ai commencé. C'est qu’il n’y a pas de nations unies. Il y a une communauté internationale qui peut, de temps en temps, être conduite par les Etats-Unis, lorsque cela sert nos intérêts et quand nous pouvons obtenir que les autres se joignent à nous.
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John Bolton : L’immeuble de l’ONU à New York comporte 38 étages. Si vous perdiez dix étages aujourd’hui, cela ne ferait aucune différence.
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John Bolton : Cette sorte de création débile que sont les Nations-Unies est quelque chose de différent que ce qui est dans l’intérêt des Etats-Unis de faire. On ne nous le fera pas avaler, ni ici, ni ailleurs.
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John Bolton : Les Etats-Unis s’arrangent pour que l’ONU marche quand ils veulent qu’elle marche. Et c’est exactement comme ça que cela doit être, car la seule question, LA SEULE QUESTION, aux Etats-Unis est de savoir ce qui est dans notre intérêt. Et si vous n’aimez pas cela, je suis désolé, c’est comme ça !

Source : Extraits de L'HORRIBLE JOHN BOLTON Par Jean-François Goulon


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