Un prix de bonne gouvernance institué pour les dirigeants africains



APA, Londres - Un multimilliardaire soudanais, né au Royaume-Uni, a initié le "Prix du meilleur dirigeant", dont l’objectif est d’encourager les chefs d’Etat africains à œuvrer pour la transparence et la bonne gouvernance.

D’un montant de 2,7 millions de livres, le prix, dénommé Prix Mo Ibrahim pour la réussite et la bonne gouvernance, est destiné aux chefs d’Etat africains les plus distingués dans la gestion des affaires de leur pays.


Selon Mo Ibrahim, un entrepreneur britannique opérant dans la téléphonie mobile, le prix sera remis aux Chefs d’Etat pendant une période de plus dix ans, soit plus de 200 000 dollars américains (107 000 £) par an.

« Nous sommes en train d’élaborer des plans visant à hausser chaque année le niveau de bonne gouvernance dans 53 pays africains ».

Le patron du Cel Tel de dire : « le jour où nous n’aurons plus besoin d’aide en Afrique, sera le jour le plus heureux de ma vie ». Ce prix ne concerne que les chefs d’Etat africains qui assurent sécurité, santé, éducation et développement économique aux populations.

Ibrahim, âgé de 60 ans, a estimé que les chefs d’Etat africains n’avaient pas de vie après le pouvoir.

« Ils ne bénéficient ni de logement de fonction, ni de voiture de fonction, ni de nourriture (...) tout est confisqué. Certains ont même des difficultés à louer une maison dans la capitale. C’est donc cela qui les incite à s’engager dans la corruption ou à chercher à se pérenniser au pouvoir ».

L’ancien président sud africain, Nelson Mandela, l’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton et le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, ont bien accueilli cette initiative de Mo Ibrahima.

Selon Mandela, cette idée doit servir d’exemple au monde entier. Clinton, a souhaité à Ibrahima et à sa fondation « plein succès dans cette importante initiative ».

Kofi Annan y a trouvé une « initiative incitative et généreuse » de l’homme d’affaires.

Les élites africaines vivant au Royaume Uni ont réagi à cette initiative qu’elles trouvent « audacieuse ».

Tout en souscrivant à l’idée d’Ibrahim, qui espère que son Prix peut aider à mettre fin à la corruption en faveur de la bonne gouvernance, les élites du Royaume-Uni lui ont demandé : « qui, parmi les chefs d’état africains, pourrait bénéficier de ce prix, sachant que des hommes comme Julius Nyerere de la Tanzanie, Abdou Diouf du Sénégal et d’autres chefs d’état qui se sont distingués dans l’histoire de l’Afrique et de la bonne gouvernance n’existent plus ? ».

Un analyste africain de BBC, Martin Plaut, a rappelé que ce prix est le plus grand du monde, avec 1,3 millions de dollars, dépassant même le Prix Nobel de la paix.

Seul le président qui aura remis démocratiquement les reines du pouvoir à son successeur, pourrait bénéficier de ce prix. L’Université de Haward se chargera d’évaluer la gestion du Président, pendant qu’il était au pouvoir.

Patrick Smith d’Africa Confidential a affirmé : « les Chefs d’Etat, qui savent ce qu’il faut faire et comment le faire, sont déjà en train de le faire. Et ceux qui font du mal, tuent leur propre population ou pillent leurs ressources, vont continuer à le faire ».

Bien que l’Afrique soit le continent où se concentre la majeure partie des métaux précieux et des minerais, sa population qui avoisine les 910 millions en 2006, vit avec moins de 300 millions de dollars américains par jour, soit moins de 1 dollar par habitant.