La publicité et la défense du consommateur



L’Organisation de la défense du consommateur (ODC) est décidément de toutes les… sauces de la consommation du citoyen. Son bureau régional du gouvernorat de l’Ariana vient de le confirmer, en organisant récemment une soirée débat sur le thème de «la publicité et la défense du consommateur». Et comme à l’accoutumée, la manifestation qui a eu pour cadre le montazeh Bir Belhassen a drainé une foule nombreuse composée essentiellement d’experts en la matière, représentant les départements concernés
(Ministères des affaires religieuses, de la Santé et du commence et de l’Artisanat, médias, ODC, ONG…).
Devant un tel parterre, les débats ne peuvent être que fructueux, porteurs et sans doute intéressants à suivre.


Ouvrant la séance, le ministre des Affaires religieuses a indiqué que « la publicité est le garant de la bonne
Commercialisation du produit, à condition qu’elle ne dévie pas du droit chemin, en influant négativement sur la santé du citoyen, d’où l ’ importance du rôle dévolu à l ’ O D C » .

Pour M. Lotfi Khayat, président du bureau régional de l’ODC du gouvernorat de l’Ariana, «si la publicité
sur les médias ne manque pas d’imagination et de pertinence, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle a son
revers de médaille, à travers l’incitation à la tentation, d’où la nécessité de restructurer ce secteur, en vue
d’une exploitation plus saine et moins envahissante des produits destinés à la consommation».


Appliquer la réglementation

Les différents conférenciers qui se sont succédé ont davantage approfondi les débats, en sensibilisant sur les méfaits de certaines campagnes publicitaires vantant tel ou tel produit. Ainsi, pour le directeur de la qualité et de la défense du consommateur au ministère du Commerce et de l’Artisanat, « le besoin se fait désormais sentir pour appliquer vigoureusement les différentes lois réglementant ce secteur, notamment en ce qui concerne la
fabrication et la commercialisation », faisant ressortir « certains abus constatés au niveau de ce qui est communément appelé «la publicité mensongère qui touche les produits alimentaires, l’électroménager, les moyens de transport, les prestations de services dans certains établissements publics etc…, d’où l’étude exhaustive que le département de tutelle prépare actuellement, en vue d’une meilleure réorganisation du secteur».

Quant au docteur Khaled Zarrouk, directeur du département des analyses à l’Institut de nutrition, il a
appelé à l’urgence d’assainir le secteur car, insiste-t-il, il y va surtout de la santé de nos enfants qui sont
confrontés aux fausses publicités, qui vantent les produits dont ils sont friands ».

Des pistes pour l’avenir
Au terme de débats francs et constructifs entrecoupés de sketches fort sympathiques donnés sur le même thème par le comédien Lotfi Boundka, des recommandations ont été entérinées. Il s’agit de:
- la nécessité d’impliquer le ministère de la Santé et l’ODC dans la stratégie nationale de la publicité
— la réorganisation du secteur publicitaire, l’intensification de la lutte contre la fausse publicité mensongère.
— L’obligation d’identification plus complète du produit à commercialiser (notamment en ce qui concerne ses composants).

Signalons enfin qu’une minute de silence a été observée à la mémoire du regretté Zouheïr Kallel (Docteur
Hakim pour les consommateurs) en hommage aux éminents services rendus aux Tunisiens dans ce domaine.
Une médaille de reconnaissance a été également remise à l’épouse du défunt qui a été, faut-il le rappeler, l’un des fondateurs de l’ODC.
M. Zribi

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