Tunisie : 1 million de paquets de psychotropes vendus par an



Les Tunisiens, qui ont recours de plus en plus aux anti-dépresseurs, consomment un million de paquets de psychotropes par an pour surmonter le stress et la pression de la vie quotidienne, selon des données recueillies à Tunis.
Entre 1984 et 1987, la consommation annuelle de psychotropes avait pratiquement doublé passant de 385 598 boîtes à 707 357 boîtes par an et le chiffre aurait maintenant quadruplé, d’après les spécialistes qui estiment que plus d’un million de paquets sont vendus par an depuis quelques années, selon une thèse de Dr Mohamed Hédi Rezgui, neurologue.
Les causes principales de l’augmentation de la consommation des psychotropes sont la dégradation de la situation financière et l’incapacité de maintenir un équilibre financier décent et confortable mais aussi la frustration et le refoulement, observe Dr Rezgui.
Face à un mal être et un état continuel de morosité, les psychotropes semblent la seule solution pour atténuer la souffrance et adoucir le mal.

La consommation de psychotropes a nettement augmenté, du fait « du rythme de vie qui s’est clairement accéléré », souligne pour sa part Mme Olfa Chtioui, psychologue.
Au bureau, au sein de la famille, parmi les amis et les voisins, le phénomène est sûrement observable. Et de plus en plus de personnes craquent parce que n’arrivant plus à tenir.
L’absentéisme, les querelles, les crises de nerfs et la déprime suffisent à comprendre que la dépression ou le surmenage a frappé plus d’une personne.
Les visites répétées chez le psychiatre entraînent un usage plus fréquent d’anti-dépresseurs, de tranquillisants, des sédatifs ou des somnifères pour soulager des maux de tête, des nausées, l’irritabilité extrême, la morosité ou l’apathie.
Selon Mme Chtioui, une situation financière difficile est souvent une cause principale. La course contre le temps, l’effort surhumain pour essayer de relever sa tête hors de l’eau, l’étouffement sous le poids des dettes du loyer et des crédits sont des facteurs qui expliquent le stress des Tunisiens.
Ceux qui arrivent à tenir le coup se passent rapidement de médicaments, mais ceux qui craquent en restent tout le temps dépendants.
Le manque affectif et l’absence de soutien familial, de plus en plus présents dans notre société accentuent le malaise et poussent à trouver la consolation dans les médicaments.
Le mode de vie dominé par la pression et le stress cause lui-même l’isolement et le manque de temps accordé aux relations humaines pourtant essentielles à l’équilibre psychologique.
APA

Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 8693

Mouaten  (dedepik@yahoo.fr)  |Jeudi 28 Septembre 2006 à 14h 01m |           
Chômage.
Des prix trop cher.
Pouvoir d'achat trop bas.
Moyen d'age de mariage avancé.
Etc etc etc…
10 million de paquets de psychotropes vendus par an c'est au dessous de nos besoins.