De la journaliste franco tunisienne Fériel Berraies Guigny. Paris.
Jusqu’à quand le Liban verra son sang couler ? jusqu’à quand « paiera-t-il » pour les autres ?!
Ce pays qui a connu des conflits fratricides par populations « interposées » ou par procuration, n’en finit pas de crouler sous les bombes. Confiné au seul rôle d’Etat tampon, affaibli par une donne intérieure instable du fait des conflits entre différentes tendances politiques et communautés religieuses, absorbant les conflits des « voisins, » Le Liban subit aujourd’hui plus qu’il n’est capable de réagir. Les frappes israéliennes de ces dernières semaines, viennent conforter ce déterminisme politico historique et souligner des acquis nationaux restés bien fragiles.
Quelles sont donc les conséquences à prévoir ? difficile à dire, si ce n’est que la solution n’est pas au bout de « nos peines ».
Pour Pascal BONIFACE directeur de l’IRIS , il est clair
que nous assistons là à un manque de leadership au niveau international. Une apathie des « grands » qui risque d’empirer la donne internationale.
Face à une escalade militaire qui s’identifie à de véritables actes de guerre, il n’est pas impossible d’envisager un autre scénario catastrophe qui dépasserait les frontières libanaises, à savoir les risques d’un embrasement régional. Beaucoup d’Etats voisins voient là, la possibilité de régler des conflits endémiques par pays interposé.
Pour l’heure, le Liban qui n’a pas eu le temps de renaître de ses premières cendres, voit tous les efforts des vingt dernières années réduits à néant. Parti de ce constat ; il est très difficile de savoir s’il se relèvera cette fois ci d’une surenchère qui continue à s’attaquer à ce qui a été reconstruit au prix de la sueur et du sang. Les pertes civiles sont encore là pour exprimer le lourd tribu du Liban et de sa population lors de ces dernières semaines. Toutes les infrastructures vitales du pays ont été touchées, alors qu’on envisageait « un règlement de comptes » beaucoup plus ciblé. La réalité est presque fatalement prévisible : tuer, décourager et affamer le peuple libanais, détruire le Liban, encore et toujours.
Comment est-on passé du militaire au civil ?! là est la question. Un dérapage qui a causé des pertes civiles bien lourdes et qui devrait peser bien cruellement sur la conscience collective. Mais il n’est en rien, hormis les quelques flashs médiatiques, le décompte des morts, des petits et des grands continue de faire figure de simples statistiques. Après tout, il est vrai que le décompte de « nos morts » que ce soit à Gaza, ou en Irak, n’émeut plus personne ; tout au plus devrions nous être heureux de faire passer ces statistiques avant la page sport du journal ! Qui a été confronté à la mort d’un proche ne peut l’aborder comme une simple statistique. C’est un drame humain… sauf pour les dirigeants du Monde !!!
Fatalisme, ou justice sélective?
Barah MIKAIL, spécialiste du proche et du Moyen Orient et chercheur à L’IRIS nous livre une vision peu confiante de
l’avenir. Pour lui, il est clair que les israéliens seraient tentés d’ouvrir un troisième front après Gaza et le Liban, en Syrie. D’autant que cet « ennemi traditionnel » ne disposerait pas du même poids militaire que le Hezbollah. Même si pour l’instant, il temporise.
Face à l’immobilisme de la Communauté Internationale, nous ne pouvons que nous interroger sur le devenir du pays. Une politique de terreur d’un Israël plus omnipotent que jamais, avalisé par le silence des grands de ce Monde.
Seule une intervention américaine pourrait inverser la tendance. L’Union Européenne est restée retranchée dans ses position. Et la France que l’on connaissait « solidaire » par tradition, brille d’une discrétion à laquelle nous étions peu habitués.
Le discours du ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, affirmant ce dimanche 23 juillet à
Ramallah qu'il fallait trouver les "conditions politiques d'un cessez-le-feu" au Liban, soulignant "que la spirale de la violence n'amènera à rien" reste un discours de façade.
Quant au «voyage diplomatique » de Dominique de Villepin
qui s’est rendu le lundi 17 juillet, à la demande du président Chirac, à Beyrouth pour exprimer la solidarité de la France "au peuple libanais dans l'épreuve", marque une initiative qui ne présage rien d’autres que des paroles tombées dans l’oreille d’un sourd, si ce n’est un petit sursaut dans les sondages de la politique politicienne franco-française . "Le premier ministre français apporte véritablement à la fois des encouragements mais un peu du cœur de la France au premier ministre Siniora, à son gouvernement, au peuple libanais", a déclaré le Président Jacques Chirac à l'issue du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg. Ce dernier a appelé à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël, comportements "à la fois violents et aberrants" ayant des conséquences "dramatiques" sur la population libanaise.
Mais aujourd’hui le peuple libanais a besoin plus que des paroles ; outre l’immobilisme de son propre gouvernement, il n’a droit qu’à une compassion feutrée et à une affligeante gesticulation des différents protagoniste de l’échiquier international.
Antoine Sfeir, Directeur des « cahiers de l’Orient »
écrivain et politologue d’origine libanaise, l’a bien déclaré dans sa dernière déclaration, que le Liban était fatigué de vivre les conflits des autres. Mais il a aussi ajouté, qu’il était également consternant de constater que pour les occidentaux, tout ce qui primait suite à cette crise, était le rapatriement des ressortissants et expatriés étrangers, alors que tout un peuple était en train de dépérir dans un total immobilisme international.
Le G8 qui s’est penché sur la question a transformé en une réunion de crise des grands de ce monde le sommet qui s'est ouvert samedi 15 juillet à Saint-Pétersbourg. Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a mis en garde contre "un risque réel" d'extension du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban à d'autres pays de la région. Du côté britannique, les mêmes craintes étaient annoncées « La situation est très grave, les implications sont très graves et nous devons nous en occuper de manière urgente", a indiqué un porte-parole de Tony Blair. Et côté américain même pronostic : "Il y a un risque d'escalade (du conflit) dans la région que nous voulons tous éviter", a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale Stephen Hadley. Même si pour beaucoup l’action israélienne a été jugée « disproportionnée » il est à prévoir qu’au-delà des appels pressants et solennels à la retenue, les puissances n’ont aucunement l’intention de mettre en pratique leur appel.
Mais alors, qu’en est il des Etats Arabes, qui brillent également de leur absence et d’un silence assourdissant ?! pour beaucoup Hamas et Hezbollah riment avec terrorisme et fondamentalisme religieux et dès lors, ces Etats préfèrent ne pas prendre position. D’autres y voient une guerre feutrée de l’Iran qui utilise le Hamas et le Hezbollah pour faire sa propre « guerre ». Des raccourcis terribles et simplistes qui font oublier qu’aujourd’hui ceux qui croulent sous les bombes, ne sont certainement pas les responsables politiques ou militaires, les chefs de faction ou de milices, mais des civils innocents ; et ce des deux côtés de la frontière !!! Alors si on est pas en capacité de défendre les « causes défendables » tout au plus devrions nous nous taire, plutôt que de jeter la « balle sur le camp des autres ».
A réfléchir…
------------------------

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr
Jusqu’à quand le Liban verra son sang couler ? jusqu’à quand « paiera-t-il » pour les autres ?!
Ce pays qui a connu des conflits fratricides par populations « interposées » ou par procuration, n’en finit pas de crouler sous les bombes. Confiné au seul rôle d’Etat tampon, affaibli par une donne intérieure instable du fait des conflits entre différentes tendances politiques et communautés religieuses, absorbant les conflits des « voisins, » Le Liban subit aujourd’hui plus qu’il n’est capable de réagir. Les frappes israéliennes de ces dernières semaines, viennent conforter ce déterminisme politico historique et souligner des acquis nationaux restés bien fragiles.
Quelles sont donc les conséquences à prévoir ? difficile à dire, si ce n’est que la solution n’est pas au bout de « nos peines ».
Pour Pascal BONIFACE directeur de l’IRIS , il est clair
que nous assistons là à un manque de leadership au niveau international. Une apathie des « grands » qui risque d’empirer la donne internationale. Face à une escalade militaire qui s’identifie à de véritables actes de guerre, il n’est pas impossible d’envisager un autre scénario catastrophe qui dépasserait les frontières libanaises, à savoir les risques d’un embrasement régional. Beaucoup d’Etats voisins voient là, la possibilité de régler des conflits endémiques par pays interposé.
Pour l’heure, le Liban qui n’a pas eu le temps de renaître de ses premières cendres, voit tous les efforts des vingt dernières années réduits à néant. Parti de ce constat ; il est très difficile de savoir s’il se relèvera cette fois ci d’une surenchère qui continue à s’attaquer à ce qui a été reconstruit au prix de la sueur et du sang. Les pertes civiles sont encore là pour exprimer le lourd tribu du Liban et de sa population lors de ces dernières semaines. Toutes les infrastructures vitales du pays ont été touchées, alors qu’on envisageait « un règlement de comptes » beaucoup plus ciblé. La réalité est presque fatalement prévisible : tuer, décourager et affamer le peuple libanais, détruire le Liban, encore et toujours.
Comment est-on passé du militaire au civil ?! là est la question. Un dérapage qui a causé des pertes civiles bien lourdes et qui devrait peser bien cruellement sur la conscience collective. Mais il n’est en rien, hormis les quelques flashs médiatiques, le décompte des morts, des petits et des grands continue de faire figure de simples statistiques. Après tout, il est vrai que le décompte de « nos morts » que ce soit à Gaza, ou en Irak, n’émeut plus personne ; tout au plus devrions nous être heureux de faire passer ces statistiques avant la page sport du journal ! Qui a été confronté à la mort d’un proche ne peut l’aborder comme une simple statistique. C’est un drame humain… sauf pour les dirigeants du Monde !!!
Fatalisme, ou justice sélective?
Barah MIKAIL, spécialiste du proche et du Moyen Orient et chercheur à L’IRIS nous livre une vision peu confiante de
l’avenir. Pour lui, il est clair que les israéliens seraient tentés d’ouvrir un troisième front après Gaza et le Liban, en Syrie. D’autant que cet « ennemi traditionnel » ne disposerait pas du même poids militaire que le Hezbollah. Même si pour l’instant, il temporise.Face à l’immobilisme de la Communauté Internationale, nous ne pouvons que nous interroger sur le devenir du pays. Une politique de terreur d’un Israël plus omnipotent que jamais, avalisé par le silence des grands de ce Monde.
Seule une intervention américaine pourrait inverser la tendance. L’Union Européenne est restée retranchée dans ses position. Et la France que l’on connaissait « solidaire » par tradition, brille d’une discrétion à laquelle nous étions peu habitués.
Le discours du ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, affirmant ce dimanche 23 juillet à
Ramallah qu'il fallait trouver les "conditions politiques d'un cessez-le-feu" au Liban, soulignant "que la spirale de la violence n'amènera à rien" reste un discours de façade.Quant au «voyage diplomatique » de Dominique de Villepin
qui s’est rendu le lundi 17 juillet, à la demande du président Chirac, à Beyrouth pour exprimer la solidarité de la France "au peuple libanais dans l'épreuve", marque une initiative qui ne présage rien d’autres que des paroles tombées dans l’oreille d’un sourd, si ce n’est un petit sursaut dans les sondages de la politique politicienne franco-française . "Le premier ministre français apporte véritablement à la fois des encouragements mais un peu du cœur de la France au premier ministre Siniora, à son gouvernement, au peuple libanais", a déclaré le Président Jacques Chirac à l'issue du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg. Ce dernier a appelé à l'arrêt des bombardements israéliens au Liban et des tirs de roquette du Hezbollah contre Israël, comportements "à la fois violents et aberrants" ayant des conséquences "dramatiques" sur la population libanaise.Mais aujourd’hui le peuple libanais a besoin plus que des paroles ; outre l’immobilisme de son propre gouvernement, il n’a droit qu’à une compassion feutrée et à une affligeante gesticulation des différents protagoniste de l’échiquier international.
Antoine Sfeir, Directeur des « cahiers de l’Orient »
écrivain et politologue d’origine libanaise, l’a bien déclaré dans sa dernière déclaration, que le Liban était fatigué de vivre les conflits des autres. Mais il a aussi ajouté, qu’il était également consternant de constater que pour les occidentaux, tout ce qui primait suite à cette crise, était le rapatriement des ressortissants et expatriés étrangers, alors que tout un peuple était en train de dépérir dans un total immobilisme international.Le G8 qui s’est penché sur la question a transformé en une réunion de crise des grands de ce monde le sommet qui s'est ouvert samedi 15 juillet à Saint-Pétersbourg. Le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov a mis en garde contre "un risque réel" d'extension du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban à d'autres pays de la région. Du côté britannique, les mêmes craintes étaient annoncées « La situation est très grave, les implications sont très graves et nous devons nous en occuper de manière urgente", a indiqué un porte-parole de Tony Blair. Et côté américain même pronostic : "Il y a un risque d'escalade (du conflit) dans la région que nous voulons tous éviter", a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale Stephen Hadley. Même si pour beaucoup l’action israélienne a été jugée « disproportionnée » il est à prévoir qu’au-delà des appels pressants et solennels à la retenue, les puissances n’ont aucunement l’intention de mettre en pratique leur appel.
Mais alors, qu’en est il des Etats Arabes, qui brillent également de leur absence et d’un silence assourdissant ?! pour beaucoup Hamas et Hezbollah riment avec terrorisme et fondamentalisme religieux et dès lors, ces Etats préfèrent ne pas prendre position. D’autres y voient une guerre feutrée de l’Iran qui utilise le Hamas et le Hezbollah pour faire sa propre « guerre ». Des raccourcis terribles et simplistes qui font oublier qu’aujourd’hui ceux qui croulent sous les bombes, ne sont certainement pas les responsables politiques ou militaires, les chefs de faction ou de milices, mais des civils innocents ; et ce des deux côtés de la frontière !!! Alors si on est pas en capacité de défendre les « causes défendables » tout au plus devrions nous nous taire, plutôt que de jeter la « balle sur le camp des autres ».
A réfléchir…
------------------------

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr





Abdelwahab - حياتي أنت
Commentaires
24 de 24 commentaires pour l'article 8454