L’équipe de Tunisie, condamnée à l’exploit...



La différence dans le jeu, la présence sur le terrain et le rendement entre la première sortie de notre sélection nationale et le match face aux Espagnols étaient on ne peut plus évidentes et de l’avis de tous et du nôtre aussi.
Nos porte-drapeau ont prouvé, en ce lundi 19 juin 2006, qu’ils peuvent être capables de faire mieux pour peu que l’entraîneur Roger Lemerre, dont nous ne discutons pas les qualités, se débarrasse d’un certain conservatisme désuet.
L’Angola, la Côte d’Ivoire et même le Togo, pour ne citer que les pays africains, ont, il est vrai, quitté déjà la Coupe du Monde avant même d’aller au terme de leur troisième match mais aucun de ces pays qui sont tous les trois à leur première participation en Coupe du Monde de football n’a joué la peur au ventre et ni Henri Michel pour la Côte d’Ivoire, ni Otto Pfister pour le Togo ni encore moins Gonçalves, l’entraîneur de l’Angola n’ont poussé à jouer la
défense.

Ils quittent, il est vrai, le Mondial, mais ils le feront la tête haute et conscients d’avoir joué le jeu et donné matière à
réfléchir aux grandes nations du football. Notre équipe nationale méconnaissable face à l’Arabie Saoudite se devait de se reprendre contre l’Espagne qui lui est, nous le reconnaissons, supérieure sur plus d’un plan de jeu, mais il y a aussi le courage, le cran, la volonté, l’amour des couleurs nationales et la foi. Dans tout cela et notre football aidant, nous pouvions espérer chatouiller les Ibériques et même pourquoi pas les surprendre et pour preuve notre but de la 8ème minute, qui a fait douter l’adversaire malgré une domination qui se faisait de plus en plus enragée mais toujours contrée par une équipe de Tunisie de plus en plus solide, de plus en plus cohérente et de plus en plus unie mais malheureusement de plus en plus défensive.
Cette option quoique désavouée allait quand bien même réussir jusqu’à la décision de Roger Lemerre de priver
l’équipe de ses meilleurs éléments Ayari et le capitaine Bouazizi, deux joueurs qui, sur le flanc gauche de la défense
pour Ayari et au milieu pour Bouazizi, ont posé tout les problèmes du monde aux Espagnols malgré l’arrivée des deux géants Raul et Fabregas.
Faisant fi de la règle qui veut que l’on ne change pas une équipe qui gagne, le sélectionneur national, habité par une
peur bleue des cartons n’avait pas trouvé mieux que se priver des deux joueurs qui jusqu’à la 56’de jeu s’étaient bien dressés face aux nombreux assauts adverses.
Ces changements effectués notre sélection a continué à jouer derrière supportant toute la masse d’efforts des Espagnols qui de deux attaquants en première période de jeu étaient passés à trois en deuxième mi-temps. Aussi, supporter 80 minutes d’une totale domination espagnole n’était pas évident pour les nôtres. Le résultat est là, nous l’acceptons à contre coeur c’est vrai, mais avec à l’esprit comme nous l’avions déjà dit de retenir la leçon.

Une finale de Coupe


Demain vendredi face à l’Ukraine, nous allons disputer une véritable finale de Coupe au cours de laquelle aucune distraction n’est permise. Pour ce troisième match face à une équipe qui avait montré deux visages diamétralement opposés avec une large défaite (0-4) face à l’Espagne et une belle victoire (4-0) contre l’Arabie Saoudite, il nous faut aller au four sans cette peur de nous brûler. Nous allons jouer pour la victoire et seulement pour les trois points, car tout autre résultat nous serait fatal. Nos joueurs ont du coeur et ils l’avaient déjà prouvé en d’autres circonstances. Ils sont capables d’être meilleurs et pas seulement en se défendant. L’Ukraine est une belle équipe avec des joueurs qui savent se porter devant mais avec d’autre part une défense qui a montré ses limites face à l’Espagne. Le deuxième tour nous tend la main pour y être, il nous suffit non pas seulement d’y croire, mais de le prouver et si Roger Lemerre se décidait enfin à associer dès l’entame du match un deuxième attaquant à Zyed Jaziri avec un milieu à tempérament offensif, la défense et Boumnijel se verraient moins sollicités et l’Ukraine ne nous empêcherait pas d’aller
au prochain tour.

Moncef Kacem



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