Pourquoi s’habiller fripe quand on peut s’habiller chic



De plus en plus de femmes qui pourraient se vêtir dans des boutiques de luxe choisissent la fripe pour s’habiller. Une tendance qui est apparue il y a quelques années, et qui s’affr m e maintenant comme un véritable phénomène de société. Pourquoi s’habiller fripe quand on peut s’habiller chic? Rencontre avec quelques vendeurs et quelques femmes pour tenterde comprendre.
«Hé, femme, venez voir, tout est signé, trois dinars le body, trois dinars le pantalon!», «Les cinq à un dinar, occasion à ne
pas rater!!». Avant même de pénétrer sur la place d’El Hafsia, on les entend déjà, les vendeurs de fripe. Installés au milieu de la vaste place, ils tiennent chacun un «stand» — en fait une simple table — sur laquelle s’entassent pêle-mêle sacs à dos, sacs à mains, pantalons, lingerie, chaussures, vêtements d’enfants, chemises, vestes... Bref, tout ce qui se porte se vend ici.
El Hafsia est l’une des fripes les plus fréquentées de Tunis, et s’il y a quelque temps la clientèle était plutôt désargentée, on y aperçoit aujourd’hui de plus en plus des femmes aux apparences aisées. D’autres fripes, dans plusieurs quartiers de la capitale, sont également de plus en plus visitées.

Quelques hommes mais surtout beaucoup de femmes fouillent les stands dans l’espoir de dénicher quelque chose qui
leur plaise. Autour de la place, une vingtaine de boutiques plus chic sont installées, elles aussi vendent des vêtements bon marché.
Aux toits sont accrochés des pantalons, des vestes et des chemises qui paraissent propres et soigneusement repassées.
«Moi j’ai même une cabine d’essayage aux normes de sécurité», dit fièrement Moncef Talbi, l’un des propriétaires des lieux, qui constate: «Le profil de la clientèle a changé. On voit de plus en plus de femmes tirées à quatre épingles et c’est chez moi qu’elles viennent le plus facilement à cause du confort de la cabine d’essayage!».
Mohamed, un jeune vendeur de chaussures, qui possède une grande «nasba», autrement dit un «tas» de chaussures, confirme: «Des BMW et des Mercedes se garent juste à côté, dans les ruelles d’El Hafsia, surtout le dimanche, lors de l’ouverture des nouvelles balles. Des femmes habillées de vêtements de marque et des bijoux de valeur font de plus en
plus partie de ma clientèle... Et elles ne sont pas faciles! Elles marchandent inlassablement», ajoute-t-il en souriant.

Une jeune femme blonde, habillée en jean et veste de cuir, les yeux cachés derrière ses lunettes de soleil s’approche pour
regarder une paire de chaussures. «Je fréquente le fripe, mais ça ne regarde que moi», admet-elle du bout des lèvres. Presque honteuse, comme si on la prenait en faute, elle s’éloigne d’un pas rapide.
Une autre femme, pantalon marron sur mesure, pull et gilet vert pistache, elle, vient ici par plaisir. Elle se dirige vers un tas
de chemisiers au centre de la place. Elle en prend un, l’examine minutieusement comme si elle voulait s’assurer qu’il n’y a pas le moindre défaut: «Je m’habille tout en fripe», affirme-t-elle en montrant ses chaussures, son pantalon, son pull, son gilet et même le foulard qu’elle porte noué autour du cou: «Je travaille dans le coin et je n’ai qu’une demi-heure de pause, mais j’en profite pour venir ici. Même si je n’achète pas quelque chose tous les jours ça me délasse».
Il est 13 heures. Une jeune fille gare sa voiture et se dirige directement vers « la nasba» de lingerie. Elle porte un body et
une jupe gitane, une veste cuir courte et des bottes, elle est chic elle aussi. La demoiselle salue le vendeur qui semble bien la connaître et commence à fouiller comme une habituée, rapidement, sans pour autant négliger de jeter un coup d’œil sur l’étiquette: «Ce que je cherche ici, avoue-t-elle, c’est la qualité du produit. Ce sont de grandes marques: ETAM, SLOOGI... on les trouve à quatre dinars. Ailleurs ce n’est pas possible», précise la jeune fille sans interrompre son tri, comme si elle ne voulait pas perdre une seule minute. «En plus, lorsque je porte un pull ou des chaussures qui viennent d’ici, je suis presque sûre que je ne verrais personne d’autre porter les mêmes!». Elle se dirige vers un tas de pantalons en jean et continue à examiner méticuleusement chaque pièce: «اa n’a jamais été une question de prix en ce qui me concerne et ça ne me dérange pas de dire que je suis une mordue de la fripe parce que je croise souvent des amies qui traînent ici comme moi!», Ajoute-t-elle en souriant.
Il est 13 heures 30, place d’El Hafsia. «Trois dinars le body, trois dinars le pantalon!». Les voix des vendeurs n’ont pas
cessé. Depuis quelque temps, ils sont de plus en plus nombreux à venir s’installer sur la place. Et à faire de bonnes affaires. Tout comme leurs clientes.
Aïcha Ferjani
Le Renouveau


Commentaires


7 de 7 commentaires pour l'article 7888

Riahi  (Tunisia)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 18h 45m |           
les riches n'ont rien laisser au pauvre ou a la classe moyenne ils ont fait grimper les prix au maximum مشا الفقير يجمع فالخبيزة ((ملقا ميكل)) يلق الغني مقيل عليها

Mona78  (Tunisia)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 16h 28m |           
Parce que pour acheter des chaussures geox, il te faut 170 dinars, alors qu'en fripe, c' max 20 dinars, et ca fait trois ans que je le porte, et toujours intact.
et pour habiller mes enfants orchestra, petit bateau, h&m, et même armani junior (ma derniere trouvaille), la fripe est bcp plus rentable.
les produits locaux c'est de la misère côté qualité, et les produits importés c'est de la chmeta pure et dure, donc, le choix est vite fait.

NB  (Tunisia)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 14h 47m |           
Le titre aurait du être comment dépenser peu d'argent et s'habiller chic? la solution c la fripe
franchement en faisant les boutiques et en voyant les prix affichés comparés à la qualité,la fripe est bcp bcp meilleure en plus on trouve bcp de marques internationales et pour des prix réduits,
et pour l'information comme c'est écrit dans l'article,les clients de la fripe sont de toutes les classes sociales,en allant à la fripe de ibn khaldoun samedi et dimanche je croise bcp de gens (cadre bancaire,prof universitaire....) au fait si vous avez remarqué , la plus part des boutiques de prêt à porter dans différents centres commerciaux ont cessé leurs activités,
alors vivement la fripe avec 70 d tu achètes une dizaine de pulls neufs et pas un seul comme à la boutique

Sami  (Tunisia)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 08h 30m |           
La question doit se poser autrement:
pourquoi s’habiller chic quand on peut s’habiller frip plus chic

ZEUS  (Tunisia)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 08h 29m |           
Le frip c'est le paradis des tunisiens. mais avec coût de la vie cher, de plus en plus de tunisiens s'orientent vers le frip pour s'habiller. ainsi la demande a sensiblement augmenté ce qui a entrainer la hausse des prix des frips ce qui est en tans que tel un problème inquiétant.

Titeuff  (Canada)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 04h 57m |           
Ya small tu ne connais pas la mentalite des tunisiens les belles affaires ils ne les expodsent pas ils les laissent de cotes et si par hasard une belle dame ou demoiselle se presente il vont la lui vendre tout simplement parcequèlle est femme et belle , nىmagine pas que tu va trouver quelque chose de bo pour un homme c rare ils sont pret a lecher les bottes aux belle femme pour rien lol ah les hommmes ..

Small  (United Kingdom)  |Mardi 19 Janvier 2010 à 03h 51m |           
Il ne faut pas exaggerer aussi. j ai essaye les fripes pas mal de fois et j ai jamais trouve une belle affaire.
pour en trouver, il faut etre patient et passer beaucoup de temps a chercher. il faut etre chanceux ici car generalement les bonnes afffaires partent rapidement.