Fériel Berraies Guigny, journaliste franco tunisienne résidant à Paris, a rencontré Aziz Senni, jeune français d’origine marocaine, à l’occasion de la sortie de son livre «l’ascenceur social est en panne… j’ai pris l’escalier ».
Cet ouvrage qui a été co écrit avec le journaliste Jean Marc Pitte, est préfacé par jean Bébéar. Il est publié aux Editions L’ Archipel (2005) et s’est exporté dans pas mal de pays. Il se vend, aux dires du jeune auteur, même en Tunisie.
Qui est donc au juste ce jeune entrepreneur converti l’histoire d’un roman, à la vocation d’écrivain ?
Né au Maroc en 1976, Aziz Senni est à la tête d'Alliance Transport Accompagnement, une entreprise de taxis-brousse à la française. Titulaire d'un BTS de Transport, il a intégré l'ESSEC par la voie professionnelle en 2004. Il a participé à divers groupes de travail dont celui mis en place par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Ville, pour l'élaboration de la plate-forme de propositions relatives à l'intégration. Ses propositions ont toutes été intégrées au Plan de cohésion sociale voté en 2004.
Son livre, il nous l’a expliqué, est né d’une rencontre avec des journalistes de France 3, venus faire en 2001, un reportage pour une émission intitulée « ma société est violente ». Le jeune chef d’entreprise, trouvant ce projet fort stigmatisant pour sa communauté, va tenter de faire frein à l’image qu’on voulait donner à sa banlieue. Rejetant les postulats longtemps entretenus par les médias, à savoir que les quartiers sont avant tout des foyers de terrorisme et de délinquance, il va s’associer au Grand reporter au service étranger de la rédaction nationale de France 3, Jean-Marc Pitte (l'auteur avec Bruno Cabanes, de 11 septembre, la grande guerre des Américains (Armand Colin, 2003) pour écrire son livre qui paraîtra en 2005. Cela, après un bon nombre de rejets et diverses péripéties avec des maisons d’éditions qui ne croyaient pas au début, en ce projet. Son livre résume en gros, le malaise de toute une communauté en désespoir social face au chômage, l’exclusion et la discrimination raciale. C’est également un message d’espoir pour une génération d’enfants déchus socialement. Car il lève le voile sur une certaine élite minoritaire, qui a réussi à s’imposer. Mais pour Aziz Senni, il n’y a pas de miracle, outre le courage et la persévérance, seul l’emploi permettra à l’ individu de pouvoir se projeter dans l’avenir et de se considérer citoyen à part entière. Il lui faudra également surpasser sa propre schizophrénie, générée par la double identité de français et d’arabe. Et comme il le dit souvent « ne me demandez pas de choisir, entre ma mère et mon père ». En d’autres termes, il ne s’agit pas de choisir entre « francité et arabité » car les deux sont une même construction identitaire, bien que cela reste un concept, qu’une certaine France a du mal à accepter. Donc Monsieur Sarkozy, il y a tout de même des « beurs » qui sont de bons français !

Fériel Berraies Guigny
www.journaliste.montaf.com
Cet ouvrage qui a été co écrit avec le journaliste Jean Marc Pitte, est préfacé par jean Bébéar. Il est publié aux Editions L’ Archipel (2005) et s’est exporté dans pas mal de pays. Il se vend, aux dires du jeune auteur, même en Tunisie.Qui est donc au juste ce jeune entrepreneur converti l’histoire d’un roman, à la vocation d’écrivain ?
Né au Maroc en 1976, Aziz Senni est à la tête d'Alliance Transport Accompagnement, une entreprise de taxis-brousse à la française. Titulaire d'un BTS de Transport, il a intégré l'ESSEC par la voie professionnelle en 2004. Il a participé à divers groupes de travail dont celui mis en place par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Ville, pour l'élaboration de la plate-forme de propositions relatives à l'intégration. Ses propositions ont toutes été intégrées au Plan de cohésion sociale voté en 2004.
Son livre, il nous l’a expliqué, est né d’une rencontre avec des journalistes de France 3, venus faire en 2001, un reportage pour une émission intitulée « ma société est violente ». Le jeune chef d’entreprise, trouvant ce projet fort stigmatisant pour sa communauté, va tenter de faire frein à l’image qu’on voulait donner à sa banlieue. Rejetant les postulats longtemps entretenus par les médias, à savoir que les quartiers sont avant tout des foyers de terrorisme et de délinquance, il va s’associer au Grand reporter au service étranger de la rédaction nationale de France 3, Jean-Marc Pitte (l'auteur avec Bruno Cabanes, de 11 septembre, la grande guerre des Américains (Armand Colin, 2003) pour écrire son livre qui paraîtra en 2005. Cela, après un bon nombre de rejets et diverses péripéties avec des maisons d’éditions qui ne croyaient pas au début, en ce projet. Son livre résume en gros, le malaise de toute une communauté en désespoir social face au chômage, l’exclusion et la discrimination raciale. C’est également un message d’espoir pour une génération d’enfants déchus socialement. Car il lève le voile sur une certaine élite minoritaire, qui a réussi à s’imposer. Mais pour Aziz Senni, il n’y a pas de miracle, outre le courage et la persévérance, seul l’emploi permettra à l’ individu de pouvoir se projeter dans l’avenir et de se considérer citoyen à part entière. Il lui faudra également surpasser sa propre schizophrénie, générée par la double identité de français et d’arabe. Et comme il le dit souvent « ne me demandez pas de choisir, entre ma mère et mon père ». En d’autres termes, il ne s’agit pas de choisir entre « francité et arabité » car les deux sont une même construction identitaire, bien que cela reste un concept, qu’une certaine France a du mal à accepter. Donc Monsieur Sarkozy, il y a tout de même des « beurs » qui sont de bons français !

Fériel Berraies Guigny
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