tap - (Tap-par Sonia Bensalah)
Eileen Murray, reprsentante rsidente du bureau de Tunisie (Dpartement Maghreb), la Banque Mondiale a dclar dans une interview accorde la TAP, "nous n'envisageons pas de financer le PARE 3 (programme d'appui la relance
conomique) pour l'exercice 2013, tant que les rformes de 2012, n'ont pas t pleinement acheves".
Elle a prconis de booster le processus des rformes, dont le gouvernement tunisien est le chef de file, en tant que pralabre une relance conomique du pays, surtout en matire de simplifications administratives et d'inclusion sociale.
Il s'agit, galement de raliser l'audit des banques publiques, promulguer la loi sur le partenariat public-priv, abaisser les prix des tlecommunications, solutionner le problme des monopoles des entreprises publiques, mettre en oeuvre le programme de chque employabilit.
Question: Quelle est l'valuation de la Banque Mondiale des rformes dja engages par la Tunisie, au niveau du programme d'appui la relance conomique en 2011 et 2012 (PARE 1 et 2)?
Rponse: Nous avons apport un appui budgtaire de 500 millions de dollars (M$) au premier gouvernement de transition, en juillet 2011, pour la ralisation du PARE 1, en vue de soutenir une dizaine de rformes emblmatiques, marquant un changement par rapport ce qui se passait sous Ben Ali et notammant des changements rapides en matire d'accs l'information au niveau de l'administration (devant concerner 9 ministres).
Il s'agit d'un processus de simplification des procdures administratives et de mise en ligne de tous les documents de l'administration.
Pour le moment, le processus a t lanc seulement, au niveau de l'INS, du ministre des finances, des procdures de passation des marchs publics et de prsentation du budget de l'Etat l'avance, avant son approbation.
Pour ce qui est de 2011, les retards ont t enregistrs au niveau de la simplification administrative, qui prend du temps. A ce propos, les consultations n'ont pas t vraiment engages avec le secteur priv pour connatre quelles simplifications administratives lui seraient utiles.
Il y a galement, le processus de redevabilit sociale, qui signifie que les utilisateurs de services publics ont le droit de donner leur avis sur la qualit et l'efficacit de ces prestations.
Ce concept n'existait pas auparavant et sa mise en oeuvre enregiste des retards.
Le gouvernement a mis en oeuvre, avec notre assistance technique, un projet pilote pour connatre les apprciations des bnficiaires des centres de sant de base, sur la qualit des services de sant. Ce processus n'a pas t institutionnalis et n'a pas t appliqu dans toutes les rgions du pays. Mais il y a un engagement de la part du gouvernement pour l'instaurer.
En 2012, nous avons financ un autre appui budgtaire de 500 M$, destin au PARE 2 et appel le gouvernement mettre en oeuvre des rformes visant promouvoir la croissance conomique, favoriser l'inclusion sociale et encourager le secteur priv jouer le rle de levier du dveloppement en Tunisie.
Ceci ncessite la restructuration du secteur bancaire pour accroitre sa performance, le traitement du problme de la dette du secteur touristique et l'abaissement des prix des tlecommunications pour que le secteur priv puisse bnficier de prix plus avantageux.
Dans le secteur des tlcoms, Tunisie Tlcom dtient toujours le monopole sur la connectivit internationale, du fait qu'elle contrle toutes les stations d'atterrissement du pays.
Les retards constats en 2012, concernent le projet de loi sur le partenariat public-priv, qui a t soumis l'ANC en octobre 2012, et qui n'a pas encore t adopt.
Le programme en matire d'emploi n'a pas encore t concrtis, en ce qui concerne la transformation du programme Amal en un programme de chque employabilit, plus cibl, destin aux jeunes qui cherchent activement de l'emploi, contrairement au programme Amal qui tait une subvention de chmage.
Il y a deux chques employabilit, une premire subvention accorde aux jeunes qui trouvent un stage et d'une deuxime octroye pour de la formation.
Nous souhaitons l'engagement de ces rformes avant d'envisager un autre appui budgtaire en 2013. Elles concernent la simplification des procdures administratives, l'audit des banques qui devrait tre termin et la mise en place d'une structure qui traiterait de la dette des units htelires et de l'assainissement du secteur touristique.
Il y a des grands chantiers qui conditionnent la mise en place du PARE 3, dont l'laboration d'un nouveau code d'investissement ou la dichotomie entre l'on-shore et l'off-shore serait rduite, surtout au niveau de la fiscalit ainsi que la promulgation d'une nouvelle loi sur la concurrence et d'une nouvelle loi sur la faillite, en vue de promouvoir l'entrepreneuriat.
En effet, les dlais du processus de faillite sont actuellement, trs longs et empchent les banques de prendre plus de risques pour financer les PME.
Q : Alors qu'est ce qui est en cours de ngociations, pour le PARE 3 ?
Il n'y a rien en cours de ngociation en ce moment, nous n'avons pas encore, commenc.
Le PARE 3 devrait tre une continuation du PARE 2, il financerait le code de l'investissement ainsi que des rformes beaucoup plus profondes comme la loi sur la concurrence qui spcifie comment traiter le problme des monopoles mais aussi, dfinit le rle des entreprises publiques dans la concurrence.
C'est pour cela qu'il y a une nouvelle loi en chantier, que nous essayons de faire avancer avec le gouvernement. Mais, il s'agit l de questions sensibles, c'est le gouvernement qui pilote toutes les rformes et qui est responsable de leur ralisation, la Banque Mondiale apporte une assistance technique et prsente les meilleures pratiques internationales, notamment celles des pays de l'Europe de l'Est.
Le gouvernement est de manire gnrale trs ouvert et montre une volont de lancer des rformes qui sont trs difficiles pour stimuler l'investissement, attirer le secteur priv, promouvoir l'emploi, rsoudre les problmes dans les zones dfavorises, s'assurer que les femmes et les jeunes jouent leur rle part entire, dans le dveloppement conomique et social du pays.
Q: Qu'en est-il de la rforme du secteur bancaire ?
L'audit des trois banques publiques (STB-BNA-BH) a accus du retard depuis 6 mois, le dossier a t soumis la commission suprieure des marchs, le 5 Avril courant.
Il semblerait que les 3 contrats d'audit seraient signs avec les auditeurs, dbut mai.
C'est alors que commencera, l'opration d'audit, ce qui veut dire que le processus va encore, prendre au moins six mois, pour l'laboration d'un plan d'action sur les moyens de restructurer et de recapitaliser les banques publiques. Et il ne s'agit l que de pralables qui doivent tre entrepris, pour qu'il y ait, un dclic au niveau de l'conomie tunisienne et que le secteur priv commence bouger et investir...
Q: Pourquoi votre avis, les rformes prennent du retard?
C'est d la conjoncture actuelle, aux retards enregistrs au niveau des ministres, la priode de formation du nouveau gouvernement de transition... De plus, il s'agit de rformes difficiles et il y a un processus de consensus trouver, ce qui prend du temps.
Pour ce qui est de la redevabilit sociale, c'est un nouveau concept qui n'a pas du tout t entrin, car il ncessite un changement des mentalits pour la Tunisie.
C'est un concept anglo- saxon, dont la mise en oeuvre prend du temps.
L'ensemble de ces facteurs est l'origine des retards enregistrs et bien sr, la conjoncture sociale n'est pas propice l'acclration des rformes. En plus, les ministres doivent se concerter un peu plus entre- eux.
Il faut instaurer des synergies pour que ces rformes aboutissent vraiment un impact maximal (par exemple entre l'emploi et le secteur priv, les finances, l'ducation...).
Ces rformes ne peuvent tre faites par chaque ministre part, si nous voulons vraiment, capitaliser au maximum les changements prconiss.
Est-ce que l'enveloppe de la BM, a t compltement, utilise au niveau des PARE 1 et 2?
Effectivement, les financements ont t totalement utiliss.
La Banque mondiale joue vraiment, un rle moteur au niveau de la coordination avec les bailleurs de fonds.
Notre implication attire aussi, d'autres financements d'institutions financires internationales.
Pour le PARE 1, outre, l'enveloppe de la banque, nous avons russi apporter des financements, de l'ordre de 800 millions de dollars additionnels (500 M$ de la BAD, 200 M$ de l'UE et 100 M$ de l'AFD).
La BM apporte des approches pilotes innovatrices en matire de dveloppement. Elle a un engagement d'environ 500 M$ dans des projets d'investissement dans des secteurs trs spcifiques, tels que le dveloppement rural, la gestion de dchets municipaux, l'enseignement suprieur, l'eau, l'assainissement, outre deux lignes de crdit pour l'efficacit energtique et pour les PME.
Nous avons aussi, depuis la rvolution, apport des financements de dons d'environ 40 M$ de la part du Japon et d'autres sources de dons. Ils sont destins des microprojets d'emploi pour les jeunes et les femmes dans les rgions dfavorises, de dveloppement communautaire ainsi qu' des programmes de rintgration de travailleurs revenant de Libye..
O en est l'tude que ralise la BM sur le systme de compensation en Tunisie?
Selon cette tude, prs de 70% des subventions nergtiques vont aux populations riches, soit aux 20% qui peroivent les plus hauts revenus. Par contre, moins de 5% des subventions vont aux 20% des populations percevant les plus bas revenus.
Je veux dire clairement que c'est l'Etat tunisien qui pilote les rformes sur les subventions, ce n'est pas la BM.
Nous avons t sollicits par le gouvernement pour apporter une assistance technique sur les rformes devant tre introduites au niveau de la caisse de compensation et prsenter les meilleures pratiques internationales dans ce domaine. Quand de telles compensations sont rduites ou quasiment limines, surtout les subventions sur les carburants qui sont les plus consquentes, il faut qu'il y ait un filet de scurit sociale qui soit performant et des financements additionnels destins aux familles autour ou en-dessous, du seuil de pauvret.
La BM est en train d'apporter ses conseils pour que le filet de scurit social soit bien cibl et que les transferts soient effectus de manire efficace, rapide et transparente.
La Banque fournit de l'assistance technique au niveau du ciblage des subventions dans le secteur energtique, et tudie aussi, avec le gouvernement, plusieurs programmes sociaux, tels que le programme de la CNAM, les subventions pour les services de sant, les caisses de retraite...dans l'objectif d'intgrer les divers mcanismes de scurit sociale, dans un mme systme.
Nous sommes encore, au stade de l'tude, nous procdons au recensement des personnes pauvres et vulnrables et ralisons un travail d'uniformisation des programmes sociaux. Les transferts sociaux sont effectus, en Tunisie, 120 mille familles, mais il y a un problme de ciblage, puisqu'il y a des familles qui bnficient de ces transferts, alors qu'elles ne sont pas ncessairement des plus pauvres, mais cela est avr partout dans tous les pays du monde. Le ciblage est trs difficile et doit tre effectu de manire systmatique, parce que les familles qui sont autour du seuil de pauvret, peuvent sortir de la pauvret, d'o l'importance d'avoir des assistants sociaux pour faire des vrifications de ciblage. Cette tude sur la compensation est finance par le fonds de transition, mis en place par les pays participant au partenariat de Deauville pour les pays du printemps arabe.
Quelle est l'enveloppe accorde la Tunisie par le fonds de transition?
Par le biais de ce fonds, la Tunisie a dj reu des financement de l'OCDE, pour la cration d'une institution qui s'occupe de l'investissement, la BAD va chapeauter la mise en oeuvre du processus de partenariat public-priv et la BM va appuyer les rformes au niveau des filets de scurit sociale.
Comment voyez-vous le niveau de l'endettement du pays?
Nous avons ralis une tude sur l'endettement.
Selon, les dernires estimations de la Banque Mondiale, la dette publique tunisienne serait de l'ordre de 46,7% du PIB, fin 2013.
Ce n'est pas mauvais par rapport d'autres pays comme la Grce, le Liban ou l'Italie, mais nous prconisons une utilisation efficiente des financements, pour qu'il y ait une croissance conomique et un dveloppement du secteur priv. C'est pour cela que nous sommes en train d'encourager la ralisation des rformes du PARE 1 et 2, afin que nous partions sur des bases solides pour la prparation du PARE 3 et que celles-ci aient l'impact positif voulu sur l'conomie tunisienne.
Qu'est-ce qui a chang au niveau des relations entre la BM et le gouvernement tunisien, avant et aprs la rvolution?
Il y a un grand changement, nous apportons plus d'appui budgtaire pour financer les rformes.
Nous sommes le principal partenaire du dveloppement du gouvernement, et un bailleur de fonds cl pour la mise en oeuvre de son programme et des projets d'investissement dans le pays.
Nous prparons trois nouveaux projets sectoriels, pour 2013, pour un investissement global de l'ordre de 200 M$, ils seront soumis l'approbation du conseil d'administration de la BM. Il s'agit d'un projet de promotion des exportations par le biais du FAMEX, ax sur le dveloppement de nouveaux marchs, de nouveaux secteurs et de nouvelles procdures.
Le deuxime projet concerne le dveloppement municipal dans les quartiers populaires des villes l'intrieur du pays et le troisime est un projet de formation pour l'emploi.
La BM entend requilibrer son appui la Tunisie travers des programmes d'inclusion sociale destins surtout aux femmes et aux jeunes, une meilleure qualit des emplois et une protection sociale plus efficace.
Son objectif est de rduire les disparits entre les rgions ctires et celles de l'intrieur.
Les projets de dveloppement rgionaux n'ont pas t raliss qu' concurrence de 30 ou 40%, en 2012 et cela est vraiment li la capacit d'absorption des structures dans les milieux dcentraliss d'une part et aux procdures d'appel d'offres qui sont trs lourdes, d'autre part.
Suite la rvolution, les responsables ne veulent pas prendre de risques au niveau de l'utilisation des fonds.
Pour 2014, nous attendons le nouveau gouvernement qui sera issu des prochaines lections, quand la constitution sera termine, pour prparer une stratgie de partenariat de plus longue dure pour la Tunisie (2014-2019).
Eileen Murray, reprsentante rsidente du bureau de Tunisie (Dpartement Maghreb), la Banque Mondiale a dclar dans une interview accorde la TAP, "nous n'envisageons pas de financer le PARE 3 (programme d'appui la relance
conomique) pour l'exercice 2013, tant que les rformes de 2012, n'ont pas t pleinement acheves".Elle a prconis de booster le processus des rformes, dont le gouvernement tunisien est le chef de file, en tant que pralabre une relance conomique du pays, surtout en matire de simplifications administratives et d'inclusion sociale.
Il s'agit, galement de raliser l'audit des banques publiques, promulguer la loi sur le partenariat public-priv, abaisser les prix des tlecommunications, solutionner le problme des monopoles des entreprises publiques, mettre en oeuvre le programme de chque employabilit.
Question: Quelle est l'valuation de la Banque Mondiale des rformes dja engages par la Tunisie, au niveau du programme d'appui la relance conomique en 2011 et 2012 (PARE 1 et 2)?
Rponse: Nous avons apport un appui budgtaire de 500 millions de dollars (M$) au premier gouvernement de transition, en juillet 2011, pour la ralisation du PARE 1, en vue de soutenir une dizaine de rformes emblmatiques, marquant un changement par rapport ce qui se passait sous Ben Ali et notammant des changements rapides en matire d'accs l'information au niveau de l'administration (devant concerner 9 ministres).
Il s'agit d'un processus de simplification des procdures administratives et de mise en ligne de tous les documents de l'administration.
Pour le moment, le processus a t lanc seulement, au niveau de l'INS, du ministre des finances, des procdures de passation des marchs publics et de prsentation du budget de l'Etat l'avance, avant son approbation.
Pour ce qui est de 2011, les retards ont t enregistrs au niveau de la simplification administrative, qui prend du temps. A ce propos, les consultations n'ont pas t vraiment engages avec le secteur priv pour connatre quelles simplifications administratives lui seraient utiles.
Il y a galement, le processus de redevabilit sociale, qui signifie que les utilisateurs de services publics ont le droit de donner leur avis sur la qualit et l'efficacit de ces prestations.
Ce concept n'existait pas auparavant et sa mise en oeuvre enregiste des retards.
Le gouvernement a mis en oeuvre, avec notre assistance technique, un projet pilote pour connatre les apprciations des bnficiaires des centres de sant de base, sur la qualit des services de sant. Ce processus n'a pas t institutionnalis et n'a pas t appliqu dans toutes les rgions du pays. Mais il y a un engagement de la part du gouvernement pour l'instaurer.
En 2012, nous avons financ un autre appui budgtaire de 500 M$, destin au PARE 2 et appel le gouvernement mettre en oeuvre des rformes visant promouvoir la croissance conomique, favoriser l'inclusion sociale et encourager le secteur priv jouer le rle de levier du dveloppement en Tunisie.
Ceci ncessite la restructuration du secteur bancaire pour accroitre sa performance, le traitement du problme de la dette du secteur touristique et l'abaissement des prix des tlecommunications pour que le secteur priv puisse bnficier de prix plus avantageux.
Dans le secteur des tlcoms, Tunisie Tlcom dtient toujours le monopole sur la connectivit internationale, du fait qu'elle contrle toutes les stations d'atterrissement du pays.
Les retards constats en 2012, concernent le projet de loi sur le partenariat public-priv, qui a t soumis l'ANC en octobre 2012, et qui n'a pas encore t adopt.
Le programme en matire d'emploi n'a pas encore t concrtis, en ce qui concerne la transformation du programme Amal en un programme de chque employabilit, plus cibl, destin aux jeunes qui cherchent activement de l'emploi, contrairement au programme Amal qui tait une subvention de chmage.
Il y a deux chques employabilit, une premire subvention accorde aux jeunes qui trouvent un stage et d'une deuxime octroye pour de la formation.
Nous souhaitons l'engagement de ces rformes avant d'envisager un autre appui budgtaire en 2013. Elles concernent la simplification des procdures administratives, l'audit des banques qui devrait tre termin et la mise en place d'une structure qui traiterait de la dette des units htelires et de l'assainissement du secteur touristique.
Il y a des grands chantiers qui conditionnent la mise en place du PARE 3, dont l'laboration d'un nouveau code d'investissement ou la dichotomie entre l'on-shore et l'off-shore serait rduite, surtout au niveau de la fiscalit ainsi que la promulgation d'une nouvelle loi sur la concurrence et d'une nouvelle loi sur la faillite, en vue de promouvoir l'entrepreneuriat.
En effet, les dlais du processus de faillite sont actuellement, trs longs et empchent les banques de prendre plus de risques pour financer les PME.
Q : Alors qu'est ce qui est en cours de ngociations, pour le PARE 3 ?
Il n'y a rien en cours de ngociation en ce moment, nous n'avons pas encore, commenc.
Le PARE 3 devrait tre une continuation du PARE 2, il financerait le code de l'investissement ainsi que des rformes beaucoup plus profondes comme la loi sur la concurrence qui spcifie comment traiter le problme des monopoles mais aussi, dfinit le rle des entreprises publiques dans la concurrence.
C'est pour cela qu'il y a une nouvelle loi en chantier, que nous essayons de faire avancer avec le gouvernement. Mais, il s'agit l de questions sensibles, c'est le gouvernement qui pilote toutes les rformes et qui est responsable de leur ralisation, la Banque Mondiale apporte une assistance technique et prsente les meilleures pratiques internationales, notamment celles des pays de l'Europe de l'Est.
Le gouvernement est de manire gnrale trs ouvert et montre une volont de lancer des rformes qui sont trs difficiles pour stimuler l'investissement, attirer le secteur priv, promouvoir l'emploi, rsoudre les problmes dans les zones dfavorises, s'assurer que les femmes et les jeunes jouent leur rle part entire, dans le dveloppement conomique et social du pays.
Q: Qu'en est-il de la rforme du secteur bancaire ?
L'audit des trois banques publiques (STB-BNA-BH) a accus du retard depuis 6 mois, le dossier a t soumis la commission suprieure des marchs, le 5 Avril courant.
Il semblerait que les 3 contrats d'audit seraient signs avec les auditeurs, dbut mai.
C'est alors que commencera, l'opration d'audit, ce qui veut dire que le processus va encore, prendre au moins six mois, pour l'laboration d'un plan d'action sur les moyens de restructurer et de recapitaliser les banques publiques. Et il ne s'agit l que de pralables qui doivent tre entrepris, pour qu'il y ait, un dclic au niveau de l'conomie tunisienne et que le secteur priv commence bouger et investir...
Q: Pourquoi votre avis, les rformes prennent du retard?
C'est d la conjoncture actuelle, aux retards enregistrs au niveau des ministres, la priode de formation du nouveau gouvernement de transition... De plus, il s'agit de rformes difficiles et il y a un processus de consensus trouver, ce qui prend du temps.

Pour ce qui est de la redevabilit sociale, c'est un nouveau concept qui n'a pas du tout t entrin, car il ncessite un changement des mentalits pour la Tunisie.
C'est un concept anglo- saxon, dont la mise en oeuvre prend du temps.
L'ensemble de ces facteurs est l'origine des retards enregistrs et bien sr, la conjoncture sociale n'est pas propice l'acclration des rformes. En plus, les ministres doivent se concerter un peu plus entre- eux.
Il faut instaurer des synergies pour que ces rformes aboutissent vraiment un impact maximal (par exemple entre l'emploi et le secteur priv, les finances, l'ducation...).
Ces rformes ne peuvent tre faites par chaque ministre part, si nous voulons vraiment, capitaliser au maximum les changements prconiss.
Est-ce que l'enveloppe de la BM, a t compltement, utilise au niveau des PARE 1 et 2?
Effectivement, les financements ont t totalement utiliss.
La Banque mondiale joue vraiment, un rle moteur au niveau de la coordination avec les bailleurs de fonds.
Notre implication attire aussi, d'autres financements d'institutions financires internationales.
Pour le PARE 1, outre, l'enveloppe de la banque, nous avons russi apporter des financements, de l'ordre de 800 millions de dollars additionnels (500 M$ de la BAD, 200 M$ de l'UE et 100 M$ de l'AFD).
La BM apporte des approches pilotes innovatrices en matire de dveloppement. Elle a un engagement d'environ 500 M$ dans des projets d'investissement dans des secteurs trs spcifiques, tels que le dveloppement rural, la gestion de dchets municipaux, l'enseignement suprieur, l'eau, l'assainissement, outre deux lignes de crdit pour l'efficacit energtique et pour les PME.
Nous avons aussi, depuis la rvolution, apport des financements de dons d'environ 40 M$ de la part du Japon et d'autres sources de dons. Ils sont destins des microprojets d'emploi pour les jeunes et les femmes dans les rgions dfavorises, de dveloppement communautaire ainsi qu' des programmes de rintgration de travailleurs revenant de Libye..
O en est l'tude que ralise la BM sur le systme de compensation en Tunisie?
Selon cette tude, prs de 70% des subventions nergtiques vont aux populations riches, soit aux 20% qui peroivent les plus hauts revenus. Par contre, moins de 5% des subventions vont aux 20% des populations percevant les plus bas revenus.
Je veux dire clairement que c'est l'Etat tunisien qui pilote les rformes sur les subventions, ce n'est pas la BM.
Nous avons t sollicits par le gouvernement pour apporter une assistance technique sur les rformes devant tre introduites au niveau de la caisse de compensation et prsenter les meilleures pratiques internationales dans ce domaine. Quand de telles compensations sont rduites ou quasiment limines, surtout les subventions sur les carburants qui sont les plus consquentes, il faut qu'il y ait un filet de scurit sociale qui soit performant et des financements additionnels destins aux familles autour ou en-dessous, du seuil de pauvret.
La BM est en train d'apporter ses conseils pour que le filet de scurit social soit bien cibl et que les transferts soient effectus de manire efficace, rapide et transparente.
La Banque fournit de l'assistance technique au niveau du ciblage des subventions dans le secteur energtique, et tudie aussi, avec le gouvernement, plusieurs programmes sociaux, tels que le programme de la CNAM, les subventions pour les services de sant, les caisses de retraite...dans l'objectif d'intgrer les divers mcanismes de scurit sociale, dans un mme systme.
Nous sommes encore, au stade de l'tude, nous procdons au recensement des personnes pauvres et vulnrables et ralisons un travail d'uniformisation des programmes sociaux. Les transferts sociaux sont effectus, en Tunisie, 120 mille familles, mais il y a un problme de ciblage, puisqu'il y a des familles qui bnficient de ces transferts, alors qu'elles ne sont pas ncessairement des plus pauvres, mais cela est avr partout dans tous les pays du monde. Le ciblage est trs difficile et doit tre effectu de manire systmatique, parce que les familles qui sont autour du seuil de pauvret, peuvent sortir de la pauvret, d'o l'importance d'avoir des assistants sociaux pour faire des vrifications de ciblage. Cette tude sur la compensation est finance par le fonds de transition, mis en place par les pays participant au partenariat de Deauville pour les pays du printemps arabe.
Quelle est l'enveloppe accorde la Tunisie par le fonds de transition?
Par le biais de ce fonds, la Tunisie a dj reu des financement de l'OCDE, pour la cration d'une institution qui s'occupe de l'investissement, la BAD va chapeauter la mise en oeuvre du processus de partenariat public-priv et la BM va appuyer les rformes au niveau des filets de scurit sociale.
Comment voyez-vous le niveau de l'endettement du pays?
Nous avons ralis une tude sur l'endettement.
Selon, les dernires estimations de la Banque Mondiale, la dette publique tunisienne serait de l'ordre de 46,7% du PIB, fin 2013.
Ce n'est pas mauvais par rapport d'autres pays comme la Grce, le Liban ou l'Italie, mais nous prconisons une utilisation efficiente des financements, pour qu'il y ait une croissance conomique et un dveloppement du secteur priv. C'est pour cela que nous sommes en train d'encourager la ralisation des rformes du PARE 1 et 2, afin que nous partions sur des bases solides pour la prparation du PARE 3 et que celles-ci aient l'impact positif voulu sur l'conomie tunisienne.
Qu'est-ce qui a chang au niveau des relations entre la BM et le gouvernement tunisien, avant et aprs la rvolution?
Il y a un grand changement, nous apportons plus d'appui budgtaire pour financer les rformes.
Nous sommes le principal partenaire du dveloppement du gouvernement, et un bailleur de fonds cl pour la mise en oeuvre de son programme et des projets d'investissement dans le pays.
Nous prparons trois nouveaux projets sectoriels, pour 2013, pour un investissement global de l'ordre de 200 M$, ils seront soumis l'approbation du conseil d'administration de la BM. Il s'agit d'un projet de promotion des exportations par le biais du FAMEX, ax sur le dveloppement de nouveaux marchs, de nouveaux secteurs et de nouvelles procdures.
Le deuxime projet concerne le dveloppement municipal dans les quartiers populaires des villes l'intrieur du pays et le troisime est un projet de formation pour l'emploi.
La BM entend requilibrer son appui la Tunisie travers des programmes d'inclusion sociale destins surtout aux femmes et aux jeunes, une meilleure qualit des emplois et une protection sociale plus efficace.
Son objectif est de rduire les disparits entre les rgions ctires et celles de l'intrieur.
Les projets de dveloppement rgionaux n'ont pas t raliss qu' concurrence de 30 ou 40%, en 2012 et cela est vraiment li la capacit d'absorption des structures dans les milieux dcentraliss d'une part et aux procdures d'appel d'offres qui sont trs lourdes, d'autre part.
Suite la rvolution, les responsables ne veulent pas prendre de risques au niveau de l'utilisation des fonds.
Pour 2014, nous attendons le nouveau gouvernement qui sera issu des prochaines lections, quand la constitution sera termine, pour prparer une stratgie de partenariat de plus longue dure pour la Tunisie (2014-2019).




Om Kalthoum -
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