Tunisie: Des experts syndicalistes estiment que le brouillon de la Constitution reste ''en-deçà des attentes''



tap - Des experts invités par l'Union Générale Tunisienne du travail (UGTT) ont estimé mercredi que la deuxième mouture du brouillon de la Constitution reste malgré les améliorations qui lui ont été apportées "en deçà des attentes avec de nombreuses faiblesses et défaillances particulièrement en matière de droits économiques et sociaux". Cet avis a été partagé par le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar qui relevé que l'actuel brouillon de la Constitution "nécessite une révision de fond et de forme", a-t-il dit à l'ouverture de la rencontre organisée à Tunis par l'UGTT sur le thème "quelle constitution nous voulons".

M.Ben Jaafar a relevé la nécessité d'associer des experts en droit constitutionnel pour la finalisation du texte de la nouvelle Constitution de la Tunisie. "Il est aussi impératif d'élaborer une feuille de route pour l'étape à venir permettant d'aboutir à des élections libres et indépendantes", a encore dit le président de l'ANC, soulignant que cette démarche requiert un consensus entre les différents intervenants, dont l'UGTT.


Pour le secrétaire général de l'UGTT bien que le brouillon de la nouvelle constitution prépare à un Etat social, civil et démocratique il n'en demeure pas moins, dit-il, que le texte du projet de la constitution recèle certaines défaillances particulièrement pour ce qui est des droits économiques et sociaux.

M.Abassi a appelé à surmonter "les conflits et contradictions constatés au niveau de certains articles de la constitution ainsi que la négation de certains articles par d'autres" a estimé M.

Abassi, citant à cet égard la reconnaissance du droit syndical, du travail et de la couverture sociale dans le brouillon de la constitution face à l'absence de toute référence au droit de grève et d'institutionnalisation du dialogue social.

M.Abassi a annoncé que l'UGTT envisage de lancer le deuxième round de son initiative pour l'élaboration d'une feuille de route politique claire affirmant que la Tunisie a besoin aujourd'hui de parachever la rédaction de la Constitution dans les plus brefs délais pour entamer les préparatifs des élections présidentielles et législatives. "Les différentes parties politiques sont appelées à réagir positivement à cette initiative au service de l'intérêt du pays", a-t-il dit.
Dans son analyse, le juriste Chafik Sarsar a mis en garde contre les interrogations relatives au manque de conformité du texte de la Constitution aux principes de l'Etat civil évoquant par ailleurs des défaillances linguistiques dans le texte du préambule de la constitution.

De son coté, l'expert syndicaliste Mohamed Guesmi a relevé que le préambule de la constitution a été élaboré selon des références non conformes aux textes juridiques soulignant également l'absence de toute référence à la dimension sociale.


Commentaires


3 de 3 commentaires pour l'article 59510

Taiebmaaroufi  (Tunisia)  |Jeudi 24 Janvier 2013 à 16h 51m | Par           
Pardon, une mauvaise manipulation a coupé ce que j'ecrivais.
Je voulais dire que la majorité des instituteurs et des professeurs sont la crème de la société tunisienne mais sont des généralistes dans le domaine des connaissances professionnelles.
Alors je me pose la question suivante:
D'où viennent les experts de la centrale syndicale pour émettre un avis sur un projet de constitution préparé par des spécialistes dans la matière avec la collaboration de grands experts en dehors des commissions



...........
......
Fin.







collaborationde
grands eexperts

Taiebmaaroufi  (Tunisia)  |Jeudi 24 Janvier 2013 à 16h 04m | Par           
Est ce qu'il y a des experts parmi les représentants des ouvriers. Leur patron Abassi est un instituteur. Il est vrai que la majorité des instituyeurs

Houssem  (France)  |Mercredi 23 Janvier 2013 à 21h 09m | Par           
L'UGTT ... Organisation politique ... sous couvert syndical ...

Cette organisation, pourtant de premier plan, est tombée après la révolution dans cet aspect détestable de mélange des genres. Alors qu'elle est censée représenter toute la population sans tenir compte de leurs appartenances au spectre politique, elle se trouve piégée dans une appartenance tres ancrée à l'extrême gauche (Watad, depuis les mouvements estudiantins et les syndicalistes révolutionnaires "naqabiyoune Thawryoune").

Si elle perd de plus en plus son rayonnement, la solution et ce n'est pas plus mal, de permettre un vrai pluralisme syndical et cette organisation, qui se trouve coupée de la base ouvrière, disparaîtra ou se trouvera marginalisée.

Comment peut-on admettre que l'UGTT soit le cheval de troie du délateur et sbire de la dictature enterrée, Chokri Sabba.

La justice aurait du ordonner des perquisitions inopinées du local de l'UGTT à la place Mohamed Ali et vous aurez pu, de près, assister à des catastrophes (cocktails molotov, gourdins, bombes de gaz paralysant et j'en passe). ça doit etre aussi une action préventive pour eviter des malheurs, encore plus graves que ceux de ce jour. A méditer ...

Certaines voix se lèvent pour assurer la neutralité des mosquées, pas de souci, on fait pareil pour cette centrale syndicale.