Le congrès du CPR marquée par le retrait des ministres d'Ennahdha



Les travaux du 2ème congrès national du Parti du Congrès pour la République (CPR) ont démarré, vendredi après-midi, au palais des Congrès de Tunis, en présence d'un grand nombre des membres du gouvernement provisoire.

La séance d'ouverture a été marquée par la lecture du texte d'un message adressé aux congressistes par le fondateur du parti, Mohamed Moncef Marzouki, président de la République provisoire. Ce message comprend des critiques claires au mouvement Ennahdha, principal membre de la Troïka.
M.Marzouki a fait allusion, dans son message, "aux efforts déployés par le Mouvement Ennahdha en vue de dominer les structures de l'Etat".


Ces accusations ont été suivies du retrait de la salle des membres du gouvernement provisoire appartenant au Mouvement Ennahdha, dont notamment Samir Dilou, ministre des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle, Ali Laarayedh, ministre de l'Intérieur, et Abdellatif Mekki, ministre de la Santé. Ils ont déclaré aux médias que le contenu du message de M.Marzouki est contraire à la réalité et qu'il "estompe la vérité".

De son côté, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, qui était présent dans la salle du congrès, ne s'est pas retiré de la séance, dès lors qu'il devait par la suite prononcer une allocution aux congressistes, comme c'est le cas du président du parti Ettakattol, Mustapha Ben Jaafar.

La séance d'ouverture a, en outre, enregistré l'expulsion par les congressistes du membre de l'Assemblée nationale constituante, Tahar Hmila, en raison de ses dernières déclarations dans lesquelles il a appelé à ce que le président fondateur du CPR, Mohamed Moncef Marzouki, soit soumis à un examen psychiatrique.

Dans une allocution adressée aux congressistes et prononcée en son nom par Walid Haddouk, membre du bureau politique du CPR, M.Mohamed Moncef Marzouki a évoqué le contexte de la création du parti et son rôle, avant la révolution du 14 janvier 2011, en particulier son "appel à la lutte civile", en raison de l'impossibilité de "corriger la dictature", lors de cette étape.

Il a ajouté que le parti a joué "un rôle central durant la période post-révolutionnaire et de la reconstruction, en s'inspirant des principes de la participation politique et du document du 18 octobre qui a réuni différents partenaires politiques, de gauche et islamistes, sur la base de l'action politique commune".

Il a, dans ce sens, poursuivi que "la coalition des laïcs, des modérés et des islamistes modérés n'avait jamais été de l'opportunisme politique, mais consistait en un choix judicieux exigé par l'intérêt national et concrétisé par la coalition au pouvoir".

Sur un autre plan, M.Marzouki a fait part de sa "compréhension des craintes" face aux tentatives du mouvement Ennahdha de dominer les rouages administratifs et politiques de l'Etat, au retard observé par le gouvernement dans la reddition de comptes des corrompus, au blocage du processus de la justice transitionnelle et à la non-régularisation radicale du dossier des martyrs et des blessés de la révolution, en plus du retard enregistré au niveau de la concrétisation des projets de développement dans les régions intérieures.

Il a, en outre, appelé son parti à oeuvrer à surmonter ses points faibles et à instaurer des coalitions avec des courants avec lesquels il partage les mêmes convictions, s'agissant de la démocratie et de l'Etat civil, à atteindre les objectifs de la révolution, à préserver l'attachement aux principes du réalisme dans l'exercice politique et à bien choisir ses candidats pour les prochaines élections.

Dans le même contexte et tout en donnant le coup d'envoi des travaux du Congrès, le secrétaire général du CPR, Mohamed Abbou, a considéré que le choix de "l'engagement" comme slogan du congrès est un message au peuple tunisien pour confirmer que le CPR "est fidèle aux principes de la révolution dont, en particulier, la lutte contre la corruption, la réalisation de la réforme, du développement et de la justice sociale, et la consécration de la démocratie".

Il a indiqué que son parti appelle à la modération, lançant un message rassurant à l'opinion publique dans lequel il souligne que "la Tunisie ne connaîtra pas le chaos", dès lors que "le peuple tunisien est dans sa majorité tolérant et modéré, en dépit de sa colère face au retard observé dans la réalisation de certaines revendications vitales et à la lenteur de la dynamique économique".

Abbou a réitéré l'attachement du CPR à l'alliance existante et au principe de solidarité gouvernementale, invitant l'opposition à se référer aux urnes et à éviter les surenchères politiciennes.

Pour sa part, le président du Forum démocratique pour le Travail et les libertés "Ettakattol", Mustapha Ben Jaafar a estimé que l'expérience d'alliance est "un choix qui a été préparé par des dialogues profonds", ce qui a rendu possible, selon son expression, "l'adéquation entre Islam et démocratie".

Il a, également, mis en garde contre un éventuel "retour des forces rétrogrades", qui représente "une véritable menace" qu'il est impératif de contrer de manière "vigoureuse".

S'agissant de la constitution, M.Ben Jaafar a indiqué que sa première mouture est actuellement soumise à un débat national, ce qui constitue, selon ses dires, une expérience inédite dans le monde.

M.Ben Jaafar admet, toutefois, une certaine lenteur dans la promulgation des lois relatives à la création des commissions chargées de superviser la magistrature, les médias et les élections, insistant, par ailleurs, sur "la nécessité de trancher la question de la violence".

Il a, notamment, appelé le mouvement Ennahdha, parti majoritaire à l'ANC, à contribuer davantage à la "mobilisation" des forces nationales, et à évaluer cette phase en toute objectivité. "Nous n'avons guère le droit à l'échec".
Le président du Mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi a, quant à lui, assuré que "le mouvement n'approuve pas certains points de vue adoptés par le président de la République provisoire", l'invitant, indirectement, à "bien assimiler le rôle qu'il assume durant cette phase" et à dissocier son statut de défenseur des droits de l'Homme et celui de politicien.

Sur un autre plan, M. Ghannouchi a indiqué qu'Ennahdha soutien l'idée "d'écarter des prochaines élections tous ceux qui avaient assumé des responsables sous l'ancien régime", ajoutant qu'il n'est pas permis que les forces rétrogrades reviennent sur la scène et reproduisent de nouveaux symboles du passé".

Evoquant le régime politique attendu, le président d'Ennahdha a réaffirmé l'attachement de son mouvement au régime parlementaire "sous un pouvoir républicain garant des droits politiques et civils pour l'ensemble des Tunisiens".

Il a, d'autre part, condamné l'extrémisme sous toutes ses formes, déclarant que "personne ne détient en Tunisie la vérité absolue" tout en soutenant que la Tunisie "dispose d'un système d'assimilation sociale capable d'intégrer tous les mouvements dans le jeu démocratique".

Et d'ajouter que le pays ne peut, aujourd'hui, être gouverné que "par le consensus et la paix civile" qui consacrent l'égalité en droits et en devoirs, entre tous les Tunisiens et, tout particulièrement, entre l'homme et la femme, selon son expression.

Commentaires


14 de 14 commentaires pour l'article 53418

Tmoslem  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 13h 31m |           
@imeddesousse

et pourquoi tu as fréquenté un homme pareil

Imeddesousse  (France)  |Samedi 25 Août 2012 à 13h 21m |           
Marzouki, renard et opportuniste comme il est, a senti le vent tourner au défaveur d'ennahdha et par conséquent il a entamé sa compagne présidentielle sous le signe de " l'après nahdha".
je connais trés bien m marzouki pour l'avoir assez côtoyer lors de son "exil" en france. il ne s'intéresse qu'à sa propre carrière et à son propre parcours, c'est un narcissique né, je n'oublierais jamais cette image d’hypocrisie où marzouki prêtait serment sur le coran le jour de son investiture, cette image m'a choqué car connaissant le bonhomme, il ne croirait ni à dieu ni ces prophètes, et marzouki serait prêt à jurer sur le talmud,
la thora où les cabales juives s'il le le fallait pour accéder à la fonction suprême.
les nahdaouis qui ont fait de marzouki roi, doivent rectifier le tir et savoir à qui apporté leurs soutiens et leurs voix, car comme vous le saviez sans le report des voix des nahdaouis, le cpr ne serait jamais là ou il est.
marzouki est un hystérique et gravement atteint, et croyait-moi j'en parle en connaissance de cause

Tmoslem  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 12h 59m |           
@tounsi_mestir, et tu propose qui enfin de compte pour gouverner

Semsem  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 12h 52m |           
المرزوقي ترمتو طابت م القعدة على الكرسي في قرطاج ، عاد هونا هو قاعد ع الكرسي ويسمع في نغمات سطمباليّة جاية ، وعَـمّال وهي تقوى وتقوى، عاد عجبتّو النغمة و قال موش لوكان نقوم نعمل شطحة سطمباليّة معاهم خير لي م القعاد ؟ و بالفعل قام وبدا يشطح على أنغام السطمبالي الشجيّة ، عاد فمّ شكون قال لو : راهو السطمبالي موش متاعك ، فردّ بالك تتخمّر برشا في الشّطيح لا تتكربس وطّيح وتقصم كرومتك ، ف زعمة باش يواصل في الشّطحة السطمباليّة متاعو ولّا باش يرجعلو شاهد
العقل ، الأيّام وحدها هي من سيجيب على هذا السّؤال

Tmoslem  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 12h 51m |           
Chaque parti travaille et défend ses propres intérêts qui passent au dessus de tout autre intérêt. le seul soucis est le pouvoir !!!!!!

Kammoula  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 10h 37m |           
Ce n'est autre qu'un discours inter-partis!
chers tunisiens ne soyez pas naïf et ne cherchez pas à perturber la situation si vous aimez vraiment votre pays. la réussite du pays n'est pas liée au gouvernement mais au peuple qui doit travailler et justifier leurs salaires!!!

Tounsi_Mestiri  (Germany)  |Samedi 25 Août 2012 à 10h 10m |           
Marzouki ne peut plus avec ces toujjars eddin,
notre tartour s´est bien exprime et il en a marre de ghannouchi et sa bande, comme nous d´ailleur.
le 23 octobre doivent tous degager meme kassas,
ils ont fait la honte a la tunisie et ils feront plus si on les laisse diriger le pays.
aller ghannouchi et salafistes en afghanistan et tora bora, et laissez la tunisie tranquille
vive la tunisie sans zaba et les toujjars eddin

Wlidha  (Tunisia)  |Samedi 25 Août 2012 à 08h 37m |           

le cpr doit s'organiser et se restructurer et unifier le discours de ces responsables et éviter les bêtises comme celle de l'exclusion de mr tahar hmila....

Corruption  (France)  |Samedi 25 Août 2012 à 02h 00m |           
Eh voila !!! ils font tous la politique de l'autruche!! avec des oeilleres en plus les salafiste font les milices d'ennahda et il vient nous raconter que les tunisiens assimilent ces energues humaines!!!!!!
quel langage et quel discour!!
reveiller vous tunisiens il a bien avoué que les salafistes sont ces bouldogs!!!!!

Maxula  (France)  |Samedi 25 Août 2012 à 01h 39m |           
Ghannouchi : "la tunisie dispose d'un système d'assimilation sociale capable d'intégrer tous les mouvements dans le jeu démocratique"...
ya ghannouchi réveille-toi...! les salafistes, jihadistes ou pas, n'arrêtent pas de te dire qu'ils ne croient pas à ton "jeu démocratique"...mais plutôt à la violence ou à la khilafa...
ech mdakhlek lelharb ya gombari oughodwa ech bech taamel cosa fari...

Maxula  (France)  |Samedi 25 Août 2012 à 01h 20m |           
بربي موش لو كان مشاو للجامع خير...؟ نحب نقول : جماعة النهضة...
ياخي عشية نهار الجمعة موش رزرفي للهبوط والطلوع...؟

Elwatane  (France)  |Samedi 25 Août 2012 à 00h 39m |           
Marzouki a sonne le glas pour lui meme et son parti !

Hombre  (Tunisia)  |Vendredi 24 Août 2012 à 23h 05m |           
Je suis sûr que les fesses de marzouki doivent clapoter , lui qui meurt d'envie de garder le fauteuil !

Rzouga  (Tunisia)  |Vendredi 24 Août 2012 à 22h 53m |           
Apparemment la troika

nécessite un parallélisme des roues