Tunisie: Un ex-conseiller de Marzouki devant le juge d'instruction ''pour atteinte à l'institution militaire''



Le bloggeur et ex-conseiller du président Marzouki Ayoub Messaoudi a comparu vendredi devant le juge d'instruction près du tribunal militaire de Tunis qui l'a informé des actes d'accusations qui lui sont adressés.

M.Messaoudi, interdit de voyage, est accusé en vertu de l'article 91 du code de la justice militaire "d'atteinte à la dignité, à la renommée et au moral de l'armée", a indiqué à l'agence TAP le porte-parole de la justice militaire, Mounir Abdennebi.


L'accusation fait aussi référence à l'article 128 du code de procédures pénales qui pénalise toute personnes qui "par discours publics, presse ou tous autres moyens de publicité, impute à un fonctionnaire public ou assimilé des faits illégaux en rapport avec ses fonctions, sans en établir la véracité".

M.Messaoudi avait fait récemment des déclarations affirmant que l'actuel ministre de la défense et le général Rachid Ammar avaient caché la vérité et n'avaient pas informé à temps le président Marzouki de la décision d'extradition de Baghdadi Mahmoudi.

"Il s'agit d'un procès politique. Dans mes déclarations suite à l'affaire Baghdadi Mahmoudi j'ai parlé de /trahison de l'Etat/ et j'ai demandé l'ouverture d'une enquête sur les dossiers de corruption dans l'institution militaire" a soutenu M.Messaoudi dans une déclaration à l'agence TAP.

"C'est une revendication légitime partant du souci que nous voulons tous une institution militaire républicaine, transparente et respectueuse des institutions de la République ", a-t-il poursuivi.

Depuis l'annonce mercredi de son interdiction de voyage, l'affaire Messaoudi a suscité une importante mobilisation de bloggeurs, d'avocats, de militants des droits humains et de journalistes.

M.Messaoudi avait été informé de son interdiction de voyage au moment où il prenait l'avion à l'aéroport Tunis- Carthage pour Paris où il devait rejoindre sa famille pour les fêtes de l'Aid.

A la demande de la défense, le juge d'instruction a décidé le report à mercredi prochain l'examen de cette affaire.




Commentaires


3 de 3 commentaires pour l'article 53232

Corruption  (France)  |Samedi 18 Août 2012 à 20h 06m |           
Voila ce que c'est d'accepter un poste ou on est pas competant juste pour le prestige, et vouloir jouer au justicier!
tu etait tranquille en france et maintenant tu risque la prison pour avoir dit la verite
en politique la premiere vertue est d'etre menteur! tu ne l4es pas donc tu degage avec un procet
bonjour le e ment meme marzouki n'y peut rien

Consensus  (France)  |Vendredi 17 Août 2012 à 23h 27m |           
Rien n'etonne les tunisiens , la tunisie est infesteé de personnes cyniques , immorales, manquantes d'intelligence qui sevissent pour leur propres interets et cherchent a s'enrichir et la democratie , le droit de l'homme , le developpement , et l'aura de la tunisie dans le monde attendront c'est ca la culture et la civilisation des arabes , il faudrait des siecles pour que l'intelligence , la clarté et la transparence les gagnent
et le mepris de l'occident perdurera vis a vis du monde arabe

Maxula  (France)  |Vendredi 17 Août 2012 à 16h 47m |           
Cette affaire est gravissime...
dans quel pays, si ce n'est dans les républiques bananières, une institution se permet d'être à la fois juge et partie...?
alors comme ça, si j'insulte par exemple les avocats du barreau de tunis (loin de moi cette idée bien sûr), le bâtonnier serait donc en droit de me juger par l'institution qu'il préside...?
comment et par quelle perverse tournure de l'esprit, un tribunal militaire, fut-il permanent, peut-il s'octroyer le droit de juger un civil même si celui-ci lui a manqué de respect ou l'a calomnié...il y les tribunaux ordinaires pour cela...
est-ce là encore un indice que la tunisie n'est pas un pays de droit...?
est-ce là une preuve supplémentaire que la tunisie n'est pas encore un pays civilisé...?
est-ce là un signe avant-coureur de ce qui attend le justiciable lambda qui aura l'outrecuidance de dire ses quatre vérités à une quelconque institution...?
enfin, sont-ce là les prémisses de ce qui nous pend au nez, à savoir une dictature militaro-islamiste...?
dans ce cas....aux armes citoyens...!