Tunisie: «Je n'ai pas de problème personnel avec Marzouki et ma démission est injustifiée »( Gouverneur de la BCT)



tap - Le Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie(BCT), M. Mustapha Kamel Nabli, a affirmé que la décision de sa démission prise par le président de la république, M.Mohamed Moncef Marzouki « n'est pas fondée sur des arguments clairs et convaincants», infirmant « l'existence d'un quelconque problème personnel avec le président de la république ».

«Je fais affaire avec cette décision d'un point de vue institutionnel » a-t-il dit, avant d'ajouter « que si le volet personnel ou le poste en soi prévalait dans cette affaire, j'aurai présenté ma démission depuis longtemps, ce qui compte le plus pour moi c'est l'intérêt de la Tunisie et le succès de la transition démocratique ».


M.Nabli a estimé que son commentaire au sujet de la démission « dépasse toutes les considérations personnelles et concerne plutôt le respect du volet institutionnel».

S'adressant, vendredi, aux médias tunisiens et étrangers, il a fait savoir que les raisons justifiant cette décision « unilatérale », n'ont pas encore été divulguées et que l'Assemblée nationale constituante(ANC) n'a pas été consultée dans cette décision.

M.Nabli a tenu ce point de presse au siège de la BCT, un jour après l'avoir informé que son dossier est en cours d'examen par l'ANC et 10 jours après l'annonce de la décision de son limogeage par le président de la république.

« Cette décision a introduit la BCT dans des tiraillements politiques, et ce, malgré que l'ANC l'ait épargnée d'une telle situation conformément à l'article 26 de la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics, relatif à l'indépendance de la banque, plus particulièrement, pour ce qui a trait à la nomination et la démission des premiers responsables de la BCT.

Il a relevé que plusieurs points de divergences entre la BCT et le gouvernement ont été dépassés, faisant remarquer que « le gouvernement n'a pas pris une décision claire au sujet du limogeage et a préféré (le gouvernement) transférer cette décision à l'ANC.
Il a précisé que les positions prises par la BCT et ses communiqués ne visent pas « à perturber le travail du gouvernement ».

« le travail de la BCT consiste à analyser la situation économique afin d'éclairer l'opinion publique et expliquer les décisions prises par cette institution (BCT)», a précisé M.Nabli. Il a, en outre, souligné que la divergence des points de vues constitue un facteur «d'enrichissement ».

Et de préciser que les bailleurs de fonds et les investisseurs étrangers accordent un grand intérêt à la stabilité des entreprises financières en Tunisie, relevant que la BCT ne dissimule aucun dossier de corruption .

« Tous les dossiers ont été présentés à la justice », a-t-il indiqué.M.Nabli a par ailleurs affirmé que « toutes les accusations portées contre lui et contre la BCT sont infondées », ajoutant que « toutes les parties impliquées dans la publication de ces accusations seront poursuivies».

D'autre part, le gouverneur de la BCT a indiqué qu'il n'a pas rencontré le président de la république, ajoutant qu'il attend la fixation d'une date pour une audience au cours de laquelle il lui présentera le rapport annuel de la BCT.

S'agissant du dossier du financement des partis, M.Nabli a déclaré « que la BCT a présenté à la cour des comptes toutes les informations relatives au financement des partis politiques, au cours des élections d'octobre 2011».

«La cour des comptes publiera son rapport », a ajouté M.Nabli.

Répondant aux interrogations des journalistes, il a qualifié sa relation avec l'ex premier ministre, Béji Caid Essebsi « de bonnes » et d'ajouter : « je n'ai pas de problèmes d'être l'ami de l'homme d'affaires Kamel Lateif tant que ce dernier n'a pas commis d'acte illégaux ».

M.Nabli a par ailleurs souligné qu'il n'a toujours pas présenté sa démission pour deux raisons.
La première, c'est qu'il n'existe pas de causes objectives qui le poussent à le faire et la deuxième raison est liée au timing. « le fait de présenter ma démission sous la pression politique constitue un facteur déstabilisant par la BCT », a-t-il soutenu.
M.Nabli a fait savoir que « la BCT ne tolère aucune intervention étrangère concernant la question de la révocation, qui est une question interne », relevant que les institutions internationales comme le FMI « n'ont pas exprimé d'insatisfactions concernant les politiques financières adoptées par la Tunisie au cours de la période actuelle».

Le gouverneur de la BCT a rappelé qu'en cas de la non adoption par l'ANC de la décision relative à sa révocation, il restera à son poste, qu'il a d'ailleurs occupé juste après la Révolution, pour une période de 6 ans, conformément à la loi qui vise la préservation de la fonction du gouverneur de la banque centrale .


Commentaires


5 de 5 commentaires pour l'article 51636

Baraka  (United States)  |Jeudi 12 Juillet 2012 à 21h 58m |           
L’examen des évènements depuis 18 mois fait ressortir plusieurs éventuelles raisons de la révocation de m.nabli. d’abord et dans le respect de ses compétences, m.nabli a une vision traditionnelle et orthodoxe de la macroéconomie. les modèles économétriques, bien chers au gouverneur, ne sont pas appropriés pour analyser, comprendre et prévoir l’économie post-révolution. je lui dirai qu’on ne peut pas résoudre les problèmes d’aujourd’hui avec les
solutions d’hier. j’ai l’impression qu’il ne saisit pas que « the times they are a-changin » comme le chantait bob dylan. sa vision est bien différente de celle du nobel stigler, laquelle serait plus pertinente dans le contexte tunisien. ensuite, la stratégie de la bct, laquelle est une institution nationale supposée accompagner la politique économique du gouvernement, n’a pas contribué assez à la réalisation des objectifs de la révolution.
egalement, il a démontré une nonchalance dans l’examen des dossiers de corruption et de transferts de devises. m.nabli aurait dû s’occuper de la politique monétaire, une politique qui doit être conforme avec les orientations stratégiques du gouvernement en matière de développement économique de la tunisie. chaque fois qu’il fait une déclaration, il évoque l’insécurité et l’instabilité du pays. il aurait dû arrêter de parler de sécurité et
consensus national. s’il a voulu parler de consensus national et de sécurité, pouquoi il n’a pas blâmeé beji caïd essebssi. lorsque beji caïd essebssi a dit que la légitimité de l’anc et du gouvernement élus se termine le 23 octobre 2012, un agissement dangereux passible de poursuite en justice, m.nabli est resté silencieux et n’a pas dénoncé les véritables sources de l’insécurité. enfin, comment la bct a laissé faire ou accepté un type
inconnu et formé en analyse biomédicale, sami remadi, se déclarer président d’une association fantoche (attf) se mêler des dossiers des fonds spoliés se trouvant dans les coffres des banques suisses.

Baraka  (United States)  |Jeudi 12 Juillet 2012 à 19h 58m |           
Il est aisé de constater que la banque mondiale cherche à s’adapter aux nouveaux besoins et aux priorités stratégiques dictées par les enjeux post-révolution. cela indique une fois de plus que le gouvernement de la troïka est sur la bonne voie et que la présence du nobel en économie, en tant que membre expert du conseil économique est une bonne chose. par-contre , le gouverneur de la banque centrale de la tunisie, si nabli, s’entête pour nous
proposer les recettes d’hier pour résoudre les problèmes d’aujourd’hui et de demain au nom de l’indépendance de la banque centrale. m.nabli aurait dû s’occuper de la politique monétaire, une politique qui doit être conforme avec les orientations stratégiques du gouvernement en matière de développement économique de la tunisie. tout en disant qu’il a-politique, si nabli a passé son temps à parler de sécurité et d’instabilité politique. de plus,
comment la bct a laissé faire ou accepté un type inconnu et formé en analyse biomédicale, sami remadi, se déclarer président d’une association fantoche (attf) se mêler des dossiers des fonds spoliés se trouvant dans les coffres des banques étrangères. enfin, il est souhaitable que si nabli donne des commentaires sur cette note de la banque mondiale

Najm1  (France)  |Samedi 07 Juillet 2012 à 12h 31m |           
L'acharnement de monsieur nabli et ses relations avec kamel ltaief et sebsi le rendent de plus en plus suspect.

Baraka  (United States)  |Samedi 07 Juillet 2012 à 12h 19m |           
M.nabli est vraiment têtu et ne comprend pas qu’il travaille pour la tunisie sous la direction du présient de la république, le gouvernement et l’anc. lorsqu’il relève que les institutions internationales comme le fmi « nont pas exprimé d’insatisfactions concernant les politiques financières adoptées par la tunisie au cours de la période actuelle », il souhaite nous faire croire que son patron est le fmi » quelle drôle de façon de manipuler
l’opinion publique? il aurait dû dire cela depuis longtemps au lieu de nous parler toujours d’insécurité et d’instabilité sociale et politique au cours des 6 derniers moi. monsieur le professeur nabli aïz nafssak tssibha et part en dignité

Lechef  (Tunisia)  |Samedi 07 Juillet 2012 à 12h 01m |           
Le pays regorge de chômeurs diplômés toutes branches et spécialités confondues et mr nabli parle de '' 6 ans après 64 ans d'âge actuel '' c'est à dire il sera en poste jusqu'à l'âge de 70 ans . autrement dit 10 ans , payé par l'état tunisien avec tous les avantages , après son droit de départ à la retraite . et pour raison , selon lui , servir les intérêts de l'état. il est à rappeler que le gouvernement et à travers la carepp autorise
des cadres expérimentés à partir à la retraite anticipée '' à partir de 50 ans'' et maintient d'autres cadres , comme ce cas , à l'âge de 70 ans . c'est une philosophie très mal fondée et qui tient compte de '' deux poids et deux mesures'' et entrave la marche normale des institutions de la tunisie. ces cadres , d'habitude maintenu par décret , après l'âge réel de la retraite , seront aussi déchargés de leur fonction par décret .
pourquoi , alors concourir les décisions des 03 présidences pour le licencier.