Tunisie: Le commerce parallèle des pneus occupe 70 pc du marché local tunisien



tap - Les participants au colloque sur ''Le marché parallèle des pneus: répercussions et défis", organisé, samedi, à Yasmine Hammamet, par la Société pneumatiques Ghadhab (SPG) ont souligné que la pérennité du secteur des pneus et leur commercialisation en Tunisie est "une question vitale" pour cette industrie.
Selon les statistiques de la Chambre syndicale des grossistes importateurs des pneus, relevant de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA), "le marché parallèle des pneus monopolise 70 pc du marché tunisien", ce que les professionnels qualifient de "catastrophe économique et sociale".

Les opérateurs du secteur, surtout les grossistes dont le nombre a régressé de 22 à 8, aujourd'hui, considèrent que le marché parallèle est "une contrebande", pire encore "un marché de blanchiment d'argent".


Ils ont mis l'accent sur les répercussions négatives de ce dangereux phénomène qui s'est aggravé, au cours des dernières années, en raison du non-paiement des taxes et impôts, de l'exercice de cette activité en dehors des circuits légaux sans compter la perte de nombreux postes d'emploi.

Les intervenants aux travaux de ce colloque ont souligné que "ce problème qui risque fort de s'amplifier, concerne d'abord la sécurité des consommateurs qui achètent des produits qui ne respectent ni les règles de sécurité minimales, ni les normes standards".

Afin de réduire ce phénomène, l'Etat a pris des mesures urgentes, en décidant la réduction des droits de douanes, de 27 à 15 pc, et des taxes sur la consommations imposées aux pneus importés, de 30 à 10 pc. Ces mesures qui ont pris effet, depuis le début de l'année 2012, vont, certainement aider à la baisse des prix des pneus importés légalement, ce qui va encourager le consommateur à avoir recours au marché légal et augmenter les recettes de l'Etat provenant de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Le président-directeur général de la Société tunisienne des industries pneumatiques (STIP), unique industriel tunisien dans le secteur, Hédi Dridi, a considéré que la recherche des solutions exige, outre la baisse des droits de douanes, l'instauration d'un système de contrôle de la qualité et des mesures pour protéger le produit national.

Il a, en outre, estimé qu'une campagne de sensibilisation contre les risques de l'achat des produits de contrebande compte parmi les moyens susceptibles de combattre efficacement ce phénomène et protéger le marché tunisien dont la qualité est reconnue.

Il a indiqué que la part du marché de la société, a atteint à un moment 56 pc des besoins nationaux, alors qu'aujourd'hui, il ne dépasse pas les 20 pc".

Le responsable chargé des mesures préventives à l'importation au ministère du Commerce, Mohamed Mili, a fait remarquer, dans sa présentation du plan national pour réduire le marché parallèle, que le ministère ne dispose pas de chiffres exacts concernant ce phénomène.

Il a affirmé que la lutte contre ce désastre dans ce secteur exige une intervention à plusieurs niveaux, recommandant notamment le renforcement du contrôle et la levée des barrières douanières de manière à faire baisser les prix.

De son côté, le directeur général de la SPG, Rachid Ghadhab, a appelé au boycott des marchandises du marché parallèle, soulignant que "c'est une question patriotique qui dépasse les intérêts personnels des sociétés, si on prend en considération ses retombées négatives sur l'économie nationale qui sera privée de recettes estimées à des milliards.

Il a rappelé, à cet égard, que le chiffre d'affaires du marché des pneus atteint les 400 milliards de dinars par an".

Il a ajouté que le marché parallèle a pris des dimensions inquiétantes sous le régime du président déchu, précisant que les trafiquants avaient les mains libres et la marchandise ne subissait aucun contrôle".

Il a affirmé qu'il "n'y a pas de raison que le silence se poursuive, aujourd'hui, face au marché parallèle" qu'il a qualifié de "gangrène de l'économie nationale".


Commentaires


8 de 8 commentaires pour l'article 48664

SimpleCitoyen  (France)  |Lundi 23 Avril 2012 à 18h 54m |           
J'aimerais bien dire une chose pour tous ces grossites de pneus, la difference de prix entre le marché parallèle et vous est de 40 voir 50 % , ce qui pousse forcement a se fournir en pneus de ce marché //. pensez a réduire votre grosse marge et soyez sure que les automobilistes vont se rabattre sur vous , rien que pour la garentis d'authenticité et les services.

Observateur_Tunisien  (Tunisia)  |Lundi 23 Avril 2012 à 12h 59m |           
En tunisie on manque de statistiques réelles, mais je suis certain que plus de 30% des accidents de la routes sont dus essentiellement à des défaut de pneus, et principalement les pneus chinois qui envahissent le marché sans contrôle de frontière. le vraie solution réside dans la levée du protectionnisme appliqué sur les produits amine, en ce moment on pourra parler de concurrence pure et parfaite et laisser libre choix au consommateur.....

Jugurtha  (Tunisia)  |Lundi 23 Avril 2012 à 11h 21m |           

on comprend le fait d'encourager le produit local , oui le sauvegarder , mais il faut comprendre aussi que pour un tunisien un produit de l'étranger de même qualité et a demi prix le tente aussi , le tunisien d'une façon générale gère un petit budget pour sauver sa famille .
le fournisseur tunisien doit éventuellement réviser le prix et la qualité pour une certaine concurrence dans le marché local et étranger .

Sabre  (Belgium)  |Dimanche 22 Avril 2012 à 11h 53m |           
هما كي بداو les professionnels du métier
بداو بلكونترا و تاويك ولاو يحكيو على les marchés parallèle si n'importe koi???????,,

Tunosaure  (Netherlands)  |Samedi 21 Avril 2012 à 22h 10m |           
Je comprends bien l'angoisse de l'unique fabriquant tunisien de pneus...
mais franchement un importateur, qui par définition n'apporte aucune valeur ajoutée à part le transport et le gonflement des prix... il n'a qu' à baisser sa marge et respecter le pouvoir d'achat du tunisien ordinaire.

   (Tunisia)  |Samedi 21 Avril 2012 à 21h 59m |           
Pourquoi ce colloque a eu lieu à hammamet? pourquoi les autres colloques aussi ont eu lieu à hammamet? pourquoi les réunions des corps de métiers toujours s'organisent hammamet? est ce qu'il n'y a pas de salles de conférences à kairouan à tozeur au k
kef et à jendouba?

MSHben1  (Tunisia)  |Samedi 21 Avril 2012 à 21h 39m |           
معامل الاطارات الخاصة بالعربات وجب عليهم التنقيص في الاسوام امتاعهم باش تضمحل السوق الموازية

Samuel  (Tunisia)  |Samedi 21 Avril 2012 à 20h 55m |           
Je comprends bien l'angoisse exprimé par les professionnels du métier, mais aussi le consommateur est bien obligé de se tourner vers le marché parallèle.de ma part, j'ai changé deux pneus il y'a deux semaines, je les ai achetés 110dinars!
je suis allé voir les prix dans les les boutiques, et vraiment un vrai choc pour des gens modestes comme moi, pour acheter deux pneus, il faut verser la somme de 258dinars!
donc, ne blamez pas le consommateur,il le fait par obligation!