Programme gouvernemental 2012 «Un ensemble d'orientations, plus qu'un programme chiffré, réalisable » (économiste)



tap - Le programme d'action devant être mis en œuvre par le gouvernement pour l'exercice 2012, ne peut être réalisé en un an, à moins que toutes les forces actives, ne soient mobilisées pour sa concrétisation, a affirmé M.Ridha Gouiâa, secrétaire général de l'association des économistes tunisiens.
L'économiste a expliqué dans une interview à la TAP, les difficultés qui font obstacle à la réalisation du programme gouvernemental.

Question : Le gouvernement provisoire vient d'annoncer son programme économique et social pour l'année 2012.En tant qu'expert, quelle est votre lecture de ce programme?

Réponse : A mon avis, ce programme économique et social est un ensemble d'orientations, beaucoup plus qu'un programme chiffré, détaillé et réalisable du gouvernement.

Il s'agit de mesures structurelles et conjoncturelles non seulement de court terme (quelques réformes urgentes en 2012), mais aussi de moyen et de long termes (réduire le taux de déficit de manière progressive pour le ramener à moins de 3% du PIB et le taux d'endettement, aux environs de 40% à l'horizon 2016, avec une inflation de 3,5% seulement en 2015).

Autrement dit, ce n'est pas un programme pour l'année 2012, mais un plan d'action touchant les différents aspects de la vie économique et sociale et qui prévoit la croissance de l'économie jusqu'à 2017/2018.

Q: Quelles sont les conditions nécessaires pour la réalisation des objectifs tracés dans le nouveau programme gouvernemental ?
R: Tous les objectifs inscrits au "fronton" du programme gouvernemental restent tributaires d'un climat social favorable et d'un taux d'investissement, tant étranger que national, très élevé.

A mon sens, compte tenu de l'histoire de la croissance économique dans le pays, de la conjoncture économique actuelle caractérisée par un taux de chômage élevé, de plus de 800 mille personnes, ainsi que de la persistance d'un climat social instable et de ressources financières trop limitées, les objectifs tracés par le gouvernement provisoire semblent irréalisables pour l'instant.

La Tunisie, pour s'en sortir, doit accentuer ses efforts sur diversifier sa coopération bilatérale et multilatérale, mobiliser davantage d'IDE (investissements directs étrangers) et les exploiter dans les secteurs porteurs comme l'agriculture, le tourisme et d'autres secteurs, basés sur l'innovation, une haute valeur ajoutée et une forte employabilité des diplômés de l'enseignement supérieur.

Q:S'agit-il, d'après-vous, d'un nouveau modèle de développement ?
R : Il peut être un nouveau modèle de développement, puisqu'il trace des orientations stratégiques à court, moyen et long termes.

Toutefois, les actions prioritaires inscrites dans ce modèle de développement semblent difficiles à réaliser en une année, vu l'importance des interventions programmées, qui nécessitent de mobiliser davantage d'investissements tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays En effet, marquant sa détermination à mener une politique sociale équitable, solidaire et globale au bénéfice de toutes les catégories et régions du pays, le Gouvernement prévoit de lancer des microprojets dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage, des petits métiers et de l'artisanat au profit des familles nécessiteuses.

L'objectif est aussi, de garantir un logement social pour toute famille nécessiteuse, et ce grâce au lancement d'un programme de construction de 30 000 logements, payables à travers des prêts avantageux à long terme, dont une partie sera financée par le budget de l'Etat pour 2012 et l'autre partie par des concours étrangers et les contributions des associations.

De même, il est envisagé de réhabiliter 100 quartiers populaires, situés notamment, dans les périphéries des grandes villes, et accorder des aides pour la réhabilitation des logements des familles à faibles revenus.

Concernant le transport, il est envisagé de développer et d'élargir le réseau du transport sous toutes ses formes et de rapprocher ses services du citoyen, en améliorant la qualité et en mettant en place des tarifs réduits en faveur des personnes âgées, des étudiants, des demandeurs d'emploi et des personnes aux besoins spécifiques.

Pour ce qui est de la santé, le Gouvernement instaurera la gratuité de la couverture et des soins pour toutes les catégories défavorisées, renforcera les infrastructures et les équipements dans les régions intérieures et œuvrera en vue de rapprocher les prestations médicales générales et spécialisées du citoyen, en dotant chaque gouvernorat d'un hôpital pluridisciplinaire.

En ce qui concerne enfin l'éducation et l'enseignement, le Gouvernement axera son effort sur l'amélioration du rendement du sytème éducatif et de l'enseignement supérieur, en y associant tous les intervenants dont la société civile, en vue d'ancrer l'institution éducative dans son environnement social et économique et de la mettre en état de répondre aux besoins du marché de l'emploi à l'échelle nationale et internationale, en plus de l'amélioration des conditions de logement et des services destinés aux étudiants dont la bourse sera revue à la hausse.

J'estime nécessaire d'organiser une concertation avec tous les intervenants et les compétences concernées, avant de déterminer les différents projets.


Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 48574

Jugurtha  (Tunisia)  |Vendredi 20 Avril 2012 à 11h 48m |           

une planification et un programme de développement devront être finalisés le plutôt possible , un programme d'action est urgent .la mise en place des projets de développement minimise les perturbations dans les régions suite création d'emploi.
on doit avoir un objectif de création d'unités de production de forte création d'emploi et une maitrise futuriste des technologies en cherchant a élever les taux d'intégrations , ceci n'est pas difficile a réaliser dans une tunisie qui ne manque pas de matière grise , ce qui faut c une volonté politique ..
un investisseur chinois a shangai voudrait faire un restaurant chinois en tunisie , est ce que c notre soucis , notre programme de développement ..!!
bref le gouvernement doit entre-autre filtrer les projets des investisseurs étrangers et entamer une politique d'encouragement des investisseurs et promoteurs locaux .