Tunisie: Etude sur la performance du port de Radès



tap - Plusieurs dysfonctionnements du port de Radès, qui assure 90% du trafic des conteneurs et des unités roulantes du pays, ont été révéles par une une étude ayant pour thème "amélioration des performances du port de Radès" et dont les résultats ont été publiés mardi.

Commandée par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) et réalisée par le bureau d'étude Comete engineering, cette étude a permis de diagnostiquer la situation du port de Radès, de détecter les différents dysfonctionnements enregistrés et de proposer des solutions à même d'améliorer la performance du port en s'inspirant notamment, de l'expérience réussie de quelques ports étrangers.


Il s'agit des ports de Rotterdam (Pays Bas), d'Anvers (Belgique), d'Hambourg (Allemagne), d'Algesiras (Espagne) et de Tanger (Maroc).

Présentée dans le cadre d'une journée d'étude, organisée, mardi, à Tunis, par CONECT, l'étude a décelé des insuffisances liées notamment à l'intérêt économique de l'escale, à la productivité et à la fiabilité du port, soit les trois sous critères de performance retenus dans le cadre de l'étude.

En ce qui concerne le premier sous critère de performance, soit l'intérêt économique de l'escale, les principales carences enregistrées, concernent notamment, le faible intérêt économique de l'escale pour les armateurs du fait de l'étroitesse de l'Hinter-land du port (zone d'influence et d'attraction économique) et l'absence d'activités de transbordement, l'insuffisance au niveau de la politique d'aménagement et d'investissement portuaire en plus de la mauvaise valorisation de l'espace.

L'importance du temps d'immobilisation des navires, la lourdeur des mécanismes de prise de décision et de gestion au niveau de l'autorité portuaire, l'absence d'une stratégie portuaire ainsi que le manque de lignes maritimes directes, répondant aux besoins des exportateurs, font également partie de la liste des insuffisances identifiées par l'étude.

Sur ce point (intérêt économique de l'escale), l'étude propose bon nombre de solutions de court et moyen termes.

Sur le court terme, l'étude recommande la prise en charge directe par l'Etat des dépenses liées à l'entretien des accès maritimes, la consolidation du rôle joué par le port de la Goulette dans le transport des marchandises, la mise en place d'un fond de développement portuaire financé à travers les impôts payés par l'Office de la marine marchande et des ports (OMMP) et la Société tunisienne d'acconage et de manutention (STAM), en plus de la concession de nouveaux quais du port de Radès à une entreprise autre que la STAM.

Sur le moyen terme, les principales recommandations de l'étude s'articulent autour de la création d'une direction dédiée à l'aménagement du domaine portuaire au sein de l'autorité du port, la mise en place d'une politique de marketing bien ciblée au profit des armateurs internationaux et l'installation de terminaux terrestres liés au port par voie ferroviaire.

Les insuffisances relatives au deuxième sous-critère, soit la productivité du port, concernent essentiellement, le faible rendement des activités de manutention, le temps de séjour des marchandises et d'attente des navires en rade, outre la lourdeur des procédures douanières et l'inefficacité de gestion du parc.

L'étude préconise, sur le court terme, d'indexer les droits unitaires de séjour des marchandises sur la durée totale de séjour des marchandises, d'assurer les activités de manutention 24h/24, de renforcer la coordination entre les équipes de manutention, d'appliquer la règle « du premier arrivé, premier servi» (temps d'attente des navires en rade) et de moderniser le système d'informations mis en place par les services douaniers (SINDA) afin de fluidifier les procédures d'amendement des déclarations.

A moyen terme, il convient, selon l'étude, de linéariser la totalité des quais en supprimant les moles (massif de maconnerie destiné à protéger l'entrée d'un port) et d'automatiser les procédures d'entrée-sortie des camions à l'enceinte portuaire.

Pour ce qui est de la fiabilité du port (capacité du port à gérer la continuité des prestations de services), l'étude fait ressortir des insuffisances afférentes, essentiellement, au phénomène de pots-de-vin, à l'insécurité des employés et à l'incompétence des cadres dirigeants au sein de l'autorité portuaire.

Les solutions de court terme, identifiées par l'étude, suggèrent, à ce sujet, de charger des auditeurs externes d'effecteur des contrôles permanents au niveau du port, de sanctionner les fonctionnaires corrompus et de renforcer la sécurité des agents de la manutention.

Les recommandations de long terme, proposées par l'étude, à ce propos, visent à améliorer les compétences des dirigeants au sein de l'autorité portuaire et les autres organismes sous la tutelle du ministère du transport, à travers l'organisation de sessions de formation de haut niveau au profit des jeunes futurs dirigeants.

Selon l'étude, l'Etat est appelé également à assumer le rôle de stratège et ne plus se mêler des affaires de gestion courante de l'autorité portuaire.

Crée en 1985, le port de Radès, assure 28% du trafic global, 88% du tonnage des marchandises conteneurisées, 76% du tonnage des marchandises chargées dans des unités roulantes et 24% du trafic de navires enregistré dans l'ensemble des ports commerciaux du pays.



Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 48130

Jugurtha  (Tunisia)  |Mercredi 11 Avril 2012 à 17h 06m |           

une solution radicale a ce problème est vivement suggérée , il faut planifier a long terme ...

BANZARTI  (Tunisia)  |Mercredi 11 Avril 2012 à 17h 00m |           
A mon avis il faut décentraliser les activités maritimes du port de rades vers un autre emplacement (enfidha par exemple) et ceci pourrait épargner la zone des risques d'incendies et pollutions enormes et contrubuait à dégager le traffic au niveau de la capital.

a bon entendeurs