Tunisie: Retour des beaux jours pour les promoteurs étrangers



Rapport Oxford Business Group
Mars 2012


Malgré l’interruption inévitable des projets de construction et des ventes immobilières au plus fort des manifestations du Printemps arabe début 2011, le marché tunisien de l’immobilier montre des signes de reprise à moyen terme. Le secteur demeure l’un des plus attractifs d’Afrique du Nord et les récents bouleversements politiques ne l’ont pas empêché d’attirer des capitaux étrangers.



Les investisseurs des pays du Golfe comptent parmi les plus importants promoteurs immobiliers en Tunisie. La banque du Bahreïn Gulf Finance House, par exemple, a annoncé début janvier qu’elle avait lancé le processus de pré-qualification visant à sélectionner les entreprises qui prendront part au projet Tunis Financial Harbour, le Port Financier de Tunis, situé dans la banlieue nord de Raoued et qui s’étendra sur 520 ha. Une fois terminé, cet ambitieux projet comprendra 4 pôles d’activités pour les entreprises bancaires et de conseil financier, un centre d’affaires, un centre d’assurances et une nouvelle bourse financière internationale.

Le schéma directeur du projet prévoit une université spécialisée en finance ainsi que des zones résidentielles avec des villas de luxe, des centres commerciaux et un golf de 18 trous. C’est au Groupe STUDI, un bureau d’ingénieurs tunisien, que la réalisation des plans et maquettes a été confiée tandis qu’une autre entreprise locale, la SCET-TUNISIE sera chargée de la gestion de l’infrastructure du projet.

La phase de conception du projet remonte à la signature du contrat d’acquisition du terrain en décembre 2009, alors que le Président déchu Zine El Abidine Ben Ali était encore au pouvoir. Le gouvernement actuel a prévu un budget à hauteur de 33,03 millions de dollars US pour le développement nécessaire de l’infrastructure routière et ce pour toutes les routes desservant la zone.

Un autre projet mis en stand-by au plus fort des troubles mais qui s’apprête à redémarrer est celui de Tunis Sports City, au coût estimé de 11,89 milliards de dollars, qui sera réalisé par le Groupe Bukhatir, basé à Sharjah. Le chantier, s’étalant sur 256 ha, avait été inauguré avant la révolution et, selon le PDG de Sport Cities Victor Shenoda, les travaux devraient reprendre très prochainement. Le projet, situé sur les berges du lac de Tunis et qui prévoit la construction d’un nouveau quartier résidentiel pouvant accueillir 30 000 habitants et doté d’un grand nombre d’équipements de loisirs, devrait être achevé en 2025.

Le marché tunisien de l’immobilier n’a rien perdu de sa force d’attraction comme le montre, entre autres, l’annonce fin septembre 2011 du groupe d’investissement immobilier Diar Qatar, basé à Doha, de poursuivre l’exécution de son projet de complexe touristique d’un montant de 80 millions de dollars US à Tozeur, dans le sud-ouest du pays. Le projet comprend la construction d’un hôtel 5 étoiles, de villas de luxe et d’un centre commercial s’étendant sur 40 ha.

Suite au changement de gouvernement et à la fin du régime de Ben Ali, les investisseurs du Golfe ont fait part de leurs espoirs de voir la visibilité s’améliorer dans le monde des affaires, ce qui devrait entraîner, à l’avenir, une hausse des investissements. Le PDG de Bukhatir, Abderrahman Bukhatir, a déclaré à l’Agence Tunis Afrique Presse lors d’une rencontre de partenariat et d’investissement entre le gouvernement et une délégation émiratie qui s’est tenue en juillet 2011 à Tunis que le « manque de transparence » du régime de Ben Ali constituait une des raisons principales de la réticence des entreprises étrangères à investir dans des projets immobiliers en Tunisie.

Mais tous les projets de promotion immobilière ne sont pas financés par des capitaux venus des pays du Golfe. On peut lire dans la presse tunisienne des articles sur d’anciens hommes d’affaires, contraints à l’exil par l’ancien régime, qui reviennent au pays après avoir fait fortune en France, en Italie ou en Espagne et cherchent à investir en Tunisie. De même, les investisseurs libyens cherchent à placer leurs fonds en lieu sûr, comme par exemple en Tunisie, étant donné la guerre civile qui continue de secouer la Libye.

Les retombées de l’intérêt des investisseurs étrangers commencent à se faire sentir et on peut déjà observer leur impact sur les prix des terrains dans la capitale. Lors d’un entretien en juin 2011 avec Le Figaro, Ouissem Hamila, directeur commercial de Swixim Tunisia, société suisse de courtage en immobilier, a déclaré que le prix au mètre carré pour des locaux commerciaux bien placés était monté l’an dernier à 3989 dollars alors qu’avant il ne dépassait pas les 3324 dollars.

Près d’un an s’est écoulé depuis la révolution qui a enfin apporté la démocratie représentative au pays et, après une brève interruption de la plupart des activités commerciales, les investisseurs étrangers voient dans l’immobilier tunisien un secteur à fort potentiel et font tout pour faire partie du peloton de tête.

Commentaires


6 de 6 commentaires pour l'article 47049

TARAK KLAA  (France)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 16h 16m |           
Pour rentabiliser tous ces projets immobiliers , il va falloir augmenter fortement les liaisons aériennes internationales régulières , si on veut faire venir un maximum d'acheteurs et d'investisseurs , et s'attaquer enfin aux marchés très riches ou en plein développement , et qui comptent des centaines de millions d'habitants , constituant autant débouchés immenses pour notre pays.
je pense aux usa , au brésil , au japon , à l'inde , à la chine , sans oublier le canada qui étant un pays en partie francophone peut constituer un débouché de choix.
en tous cas il n'est pas normal que la tunisie ne dispose d'absolument aucune liaison directe avec ces pays , alors qu'elle arrive à absorber jusqu'à 200 vols / jour en haute-saison pour l'europe.
il y a manifestement un potentiel énorme à explorer sérieusement.
d'ailleurs , tout le monde sait que les gros-porteurs de qatar airways ou d'emirates partant de tunis quotidiennement sont pleins à craquer de passagers qui se rendent en asie après une correspondance à doha ou dubaï...
idem pour les compagnie européennes ou même tunisair pour des passagers de rendant en amérique via l'europe.
une fois de plus la logique débouche sur la nécessité de décreter l'open sky , qui sera incontournable pour développer et consolider notre économie , sous tous ses aspects.
il va falloir également ériger l'agriculture en priorité absolue , pour arriver à nourrir tous ces visiteurs , ainsi évidemment que les tunisiens , surtout après les pluies , très bénéfiques , malgré les inondations ,et grâce auxquelles le pays dispose désormais de plusieurs années de réserves en eau.

Jugurtha  (Tunisia)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 16h 13m |           

c décevant de ne pas voir du concret dans les régions de l'intérieur , au moins un minimum de travaux dans l'infrastructure et des projets réels qui constituent en premier lieu des opportunités de travail pour les citoyens ...
on attend comme même .

Galileo  (Tunisia)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 14h 06m |           
Je souhaiterais faire trois remarques : bien entendu, ces projets vont contribuer à la croissance et très probablement celle-ci sera accompagnée par de l'inflation. donc par rapport à nos ministres très préoccupés ces temps ci par l'inflation, il seraient à mon avis bien avisés de se rapprocher du gouverneur de la bct (qu'on n'entend plus du tout ... !) pour étudier les divers scénarios à court et à moyen terme et de la façon la plus
appropriée de traiter une inflation qui va s'installer pour plusieurs années ... si on souhaitent avoir une croissance soutenue !
en deuxième lieu, je souhaiterais faire écho aux internautes qui ont réagi à cet article par rapport aux régions de l'intérieur. il me paraît stratégique de lancer un plan très ambitieux d'urbanisation de kairoun et de gafsa afin que le territoire devienne cohérent et correctement intégré. là encore, si on souhaite mieux maîtriser l'inflation, il serait opportun qu'un urbanisme sophistiqué s'étende à ces territoires. enfin, la croissance a
besoin d'eau, de fruits, de légumes et de viandes, donc encore de l'eau, c'est évident mais il faut y penser et par conséquent, il faudrait que ces projets soient accompagnés de manière parfaitement corrélée de barrages et de station d'épuration supplémentaires, je passe sur les décharges, transports en commun et autres ressources désormais incontournables dans un pays digne de ce nom (dessalement d'eau de mer ... rires ... rires ... rires
... !).

Titeuf  (Switzerland)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 13h 34m |           
Il faut investir dans les régions intérieur

Wassim  (Tunisia)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 12h 30m |           
Inchallah dima vers le progrès!

Samy17  (Canada)  |Mercredi 14 Mars 2012 à 12h 02m |           
Hamd! dans cinq ans la tunisie aura un autre visage se rapprochant de plus en plus des pays developés!