Tunisie : L’économie se redresse (Rapport OBG)



Rapport Oxford Business Group*
(février 2011)

Un an après la Révolution du jasmin et les bouleversements politiques de 2011, l’économie tunisienne montre des signes de reprise. Selon les estimations du Fonds Monétaire International (FMI), le PIB tunisien enregistrerait cette année une croissance de 3,9%, tandis que la Banque Centrale de Tunisie table sur une progression pouvant atteindre jusqu’à 4,5%. Avec l’appui de partenaires internationaux, le retour des investissements étrangers et un gouvernement qui s’est engagé à encourager le développement d’un climat d’affaires favorable, les perspectives de relance économique semblent prometteuses.


Le climat économique profite déjà de la nette amélioration de la situation politique en ce début d’année 2012. Le mouvement Ennahda, parti islamiste modéré qui a obtenu environ 40% des voix lors de l’élection de l’Assemblée Constituante qui s’est tenue en octobre, a ainsi remporté 89 sièges sur les 217 que compte l’assemblée. Afin d’y obtenir la majorité, ils se sont alliés aux libéraux du Congrès pour la République (CPR) et au parti de centre-gauche Ettakatol. La coalition a trouvé un accord pour le partage du pouvoir dans lequel Hamadi Jbeli, le secrétaire général d’Ennahda, se voit attribuer la fonction de premier ministre ; Moncef Marzouki (CPR) obtient la présidence de la république ; quant à Mustafa Ben Jaafar (Ettakatol), il se retrouve à la tête de l’Assemblée constituante.

Cependant, le principal défi du nouveau gouvernement sera bien de nature économique et non politique. La coalition a confirmé son intention d’instaurer un climat favorable aux affaires dans le but de stimuler la croissance économique. Le gouvernement a annoncé des projets d’amélioration des infrastructures au niveau national afin d’attirer des investissements étrangers et d’œuvrer à l’élaboration d’un marché commun régional.

L’ancien premier ministre Beji Caid Essebsi a formulé des remarques pessimistes lors d’une conférence économique en décembre, soulignant le rôle crucial que jouera la croissance économique à court terme sur la stabilité politique à venir. Les bouleversements politiques de 2011 ont entraîné une stagnation dans de nombreux secteurs ainsi qu’une baisse brutale du nombre de touristes étrangers, passé de 7 millions en 2010 à 4,5 millions l’an dernier selon les estimations. Le tourisme est l’un des piliers de l’économie nationale tunisienne et les recettes générées par le secteur auraient chuté d’environ 50% en 2011 pour s’établir à 1,2 milliards d’euros.

Par conséquent, les réserves en devises de la Tunisie ont chuté de 20%, c'est-à-dire de 2,4 milliards de dinars tunisiens (1,23 milliards d’euros) entre janvier et novembre 2011. Si l’économie a progressé au rythme de 1,5% au troisième trimestre 2011, le taux de croissance annuel n’a été que de 0,2%. Des facteurs extérieurs, tels qu’une baisse de la demande en provenance de l’UE, le principal partenaire commercial de la Tunisie, ainsi que le conflit qui agite son plus important partenaire commercial dans la région, la Libye, ont contribué à exacerber l’impact négatif sur l’économie.

Cependant, des perspectives d’amélioration se dessinent pour 2012, notamment grâce au soutien d’un grand nombre de partenaires commerciaux et de partenaires de développement du pays. Les gouvernements de l’UE ont annoncé le 14 décembre leur décision d’ouvrir des négociations commerciales avec le nouveau gouvernement tunisien. Cette coopération accrue vise à soutenir la transition démocratique en réduisant les barrières commerciales et en stimulant la croissance économique.

Le résultat de ces négociations pourrait signifier pour la Tunisie un élargissement des accords commerciaux actuellement en vigueur à de nouveaux secteurs, comme l’agriculture ou les services, et pourrait contribuer à établir une coopération régionale. Des fonctionnaires de la Commission européenne ont déclaré à Reuters que ces négociations iraient au-delà des accords actuels sur les tarifs douaniers et prendraient en compte des questions réglementaires, concernant par exemple les marchés publics et la protection des investissements.

La Tunisie cherche également à consolider des relations commerciales avec des partenaires autres que ses partenaires principaux. Lors d’une récente visite du ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem en Turquie, les deux pays ont souligné leur désir d’accroître leur coopération économique. En janvier également, la Tunisie et les Pays-Bas ont annoncé le lancement d’un programme visant à développer le partenariat et l’investissement bilatéral. Ce programme prévoit la mise en place d’un fonds de 250 000 euros, qui pourrait aller jusqu’à 1,5 million d’euros, pour aider les entreprises des deux pays à créer des partenariats.

Le gouvernement prévoit également d’augmenter les dépenses en 2012 afin de revigorer l’activité économique. Selon des responsables du budget, le déficit budgétaire serait en augmentation et représenterait 6% du PIB contre environ 4,5% en 2011. Le budget 2012 a été fixé à 22,94 milliards de dinars tunisiens (11,8 milliards d’euros), soit une augmentation de 7,5% par rapport à 2011. La presse nationale a rapporté que le déficit courant serait maintenu au taux particulièrement élevé de 5,4% du PIB en 2012. Le gouvernement espère pouvoir circonscrire le déficit budgétaire à 6% afin de ne pas risquer une dégradation de sa note de dette souveraine.

Si les dépenses publiques visant à augmenter les salaires et les subventions devraient avoir des effets bénéfiques à court terme, une hausse de la productivité doit y être associée pour assurer une croissance continue. Avec des signes de reprise de l’activité industrielle locale et le soutien de ses partenaires internationaux, la Tunisie devrait retrouver le chemin de la croissance économique.

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L’Oxford Business Group est un cabinet d’intelligence dont la mission est de fournir aux investisseurs étrangers les informations et les indications les plus complètes sur les possibilités d’investissement dans les 25 pays émergents. Basé à Londres, il est présent notamment en Algérie, en Afrique du Sud, en Tunisie, en Egypte, au Qatar, au Maroc, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Syrie, au Vietnam et au Brésil, c’est-à-dire des économies déjà puissantes ou présentant de réelles potentialités d’émergence.

L’équipe d’Oxford Business Group, composée d'analystes internationaux a débuté ses recherches en Tunisie en 2002. Ses études sont désormais indispensables à la communauté d’affaires internationale dans un contexte de compétition toujours plus ardue entre les pays émergents.

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Commentaires


17 de 17 commentaires pour l'article 45462

Jmebouge  (France)  |Samedi 11 Février 2012 à 11h 53m |           
@ hamdi

allah est au dessus de tous, de moi, de toi...
comment oser dire qu'il n'a rien à voir dans ca?
il commande toute chose et rien ne lui ai impossible. s' il veux que l’économie tunisienne remonte , elle remontera malgré l’opposition destructrice que nous avons actuellement et si il veux que l’économie redescende, elle redescendra, malgré le travail et la discipline.
bien sure ils faut faire les causes, el sabab, comme on dit , mais sans lui, nous ne somme rien.
et cela il ne faud pas l'oublier.

BadreddineBM  (Tunisia)  |Samedi 11 Février 2012 à 11h 15m |           
Un conseil pour nous les tunisiens:travaillez et prenez de la peine, c'est le seul moyen pour améliorer la situation surtout économique de notre pays.merci pour votre compréhension.

Tun  (Tunisia)  |Samedi 11 Février 2012 à 09h 31m |           
1- le travail
2- le travail
3- le travail .

Jamel  (Tunisia)  |Samedi 11 Février 2012 à 07h 53m |           
íÇ æáÏí ãÔ æÞÊ áäÔÑ ãËá åÐÇ ÇáÊÞÑíÑ

íãÔíÔ äÌæ äÑÈÍæ íÕíÈäÇ Èæ ÑÈíÍ æ äÝÞÏæ ÞÇãÇÊ äÖÇáíÉ ÃãËÇá ÌãÇÚÉ ÇáãÚÇÑÖÉ

æÍÏÉ æÍÏÉ íÇ ÔÈÇÈ

Chef  (France)  |Samedi 11 Février 2012 à 00h 03m | par             
Travail et democratie c'est la recette....y'on a pas d'autre pour etre un pays développé et fort

Bhar  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 21h 22m |           
Tres urgent appelle vite la protection civile a cause de la haute tention pour chebbi. hamami lugtt uot et nesma

Mousalim  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 19h 53m |           
åí ÇÎÈÇÑ æÇÑÞÇã íÒÝåÇ ááÇØÝÇá æÇáÔíæÎ æãä áÇ ÏÎá áå ÈÇáÓíÇÓÉ æÔÑæÑåÇ ÇáÊì áÇ ÈÏ ãäåÇ Ýí ÇáäåÇíÉ.

ÊæäÓíÉ ÍÑÉ  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 19h 50m |           
íÇ ÔãÇÊÉ ÇÈáÇ ÊÇÒÉ ÝíÇ

HAMD  (Canada)  |Vendredi 10 Février 2012 à 19h 03m |           
La tunisie avance a pas sur. hamd.

Tarak KLAA  (France)  |Vendredi 10 Février 2012 à 17h 27m |           
Il y a des informations contradictoires dans cet article.
d'après un autre article publié par babnet et par différents medias , reprenant des propos de monsieur habib ammar ,les recettes en devises du tourisme ont chuté de 33% , et non de 50 % , en 2011.
pour ce qui est du taux de croissance annuel de l'économie , je suis heureux , si cela est vérifié , de constater qu'il a été meilleur que prévu , à savoir de 0,2% au lieu de -1,8 % , comme cela avait été déclaré il y a quelques semaines.
quant à bce , il baisse chaque jour un peu plus dans mon estime.
il a beau jeu de faire des déclarations pessimistes , pour essayer de se faire passer pour un sauveur , mais il n'empêche que c'est bien lui qui a laissé la situation sociale dégénérér pendant les 11 mois durant lesquels il a géré le pays , sachant que la durée de son gouvernement était limitée à l'échéance des élections de la constituante , mettant le nouveau gouvernement devant une situation hautement explosive , que ce dernier réussit
néanmoins jusqu'à maintenant à gérer relativement bien.
je suggère à bce de prendre sa retraite , la tunisie n'a nul besoin d'un 2è bourguiba âgé et fatigué qui s'accroche au pouvoir !!
quant à mes compatriotes , je leur conseille vivement de ne pas entraver la bonne marche de l'économie , et de formuler leurs revendications dans un cadre légal et de manière plus pacifique et moins perturbante , sinon ils ne réussiront qu'à faire plonger tout le pays dans le dénuement , je ne crois pas que ce soit l'objectif voulu.
si les tunisiens se tiennent tranquilles , notre pays peut très bien faire un taux de croissance à 2 chiffres cette année , et cela aurait été le cas en 2011 si bce n'avait pas faire preuve de laxisme et de complaisance vis-à-vis des fossoyeurs de notre économie.
cette croissance à 2 chiffres sera encore plus probable avec l'adoption de l'open sky , qui rendra notre pays plus attractif et plus accessible , aux touristes comme aux hommes d'affaires et investisseurs , tunisiens ou étrangers , et facilitera à nos entrepreneurs la conquête de nouveaux marchés.

Picadelly  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 17h 25m |           
Seul le travail et la persévérance sont garant de la reprise de l'économie. au rythme que le tunisien se donnent aujourd'hui, les choses restent délicates.

quelques ondes positives, de la part du gouvernement en fixant une feuille de route claire et engagée, de la part de l'opposition en adoptant un concept plus efficace, de la part des médias, de la part des salafistes, de la part du simple citoyen pauvre, riche, chômeur, dans la majorité ou dans l'opposition .... de la part de l'ugtt ..... et les choses t'améliorons petit à petit.


Yas  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 17h 16m |           
Malheureusement ça ne fait pas l'affaire de l'opposition :):):) maintenant ils vont essayer de créer des dizaines d'articles pour montrer le contraire :):):)
ãæÊæÇ ÈÛíÙßã íÇ ÃÚÏÇÁ ÇáæØä

Hamdi  (United Kingdom)  |Vendredi 10 Février 2012 à 17h 15m |           
Allah na rien à voir dans ca...travaille , travaille et discipline oui..

FOUFOU  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 17h 12m |           
Bravo il faut continuer

Bouzidi  (Russian Federation)  |Vendredi 10 Février 2012 à 16h 54m |           
Condoléances à l'ugtt, au poct, au pdp, àb.nticha...

Hakim  (Tunisia)  |Vendredi 10 Février 2012 à 16h 47m |           
El hamdoullah rabbi ysahel

Jmebouge  (France)  |Vendredi 10 Février 2012 à 16h 47m |           
Mashallah et tbarkallah el hamdoullillah.
qu'allah nous facilite et nous apporte le bonheur et la prospérité dans cette vie et dans l'autre vie.