Tunisie: La crise de la zone euro ne sera pas sans effets sur l'économie tunisienne (OCE)



tap - 'La crise économique de la zone euro aura certainement des retombées sur l'économie tunisienne et sur nos échanges commerciaux avec les pays de l'UE', a estimé M. Lotfi Khedhir, directeur de l'Observatoire du Commerce Extérieur (OCE) au ministère du Commerce et du Tourisme, dans un entretien accordé à la TAP.

Les échanges commerciaux de la Tunisie dépendent à 80 pc de la demande européenne alors que les entreprises off-shore installées dans le pays assurent 20 pc des emplois (environ 320 000 personnes).


La Banque Centrale Européenne (BCE) avait déjà révisé à la baisse, dans son rapport publié le 10 novembre 2011, la croissance économique dans la zone euro pour l'année 2011, à 1,5 pc contre des prévisions initiales de 2 pc, ce qui se traduira, selon M. Khedir, par une baisse de la demande sur les produits tunisiens.

La crise de la zone euro n'a pas épargné les principaux partenaires économiques de la Tunisie dont les taux de croissance ont été revus à la baisse. Il s'agit notamment de la France, premier partenaire du pays, dont le taux de croissance ne devrait pas dépasser 1,6 pc à la fin 2011, l'Italie (0,5 pc) et l'Espagne (0,7 pc). L'Allemagne s'attend, au contraire, à un taux de croissance plus élevé de 2,9 pc.

Dans cette conjoncture, la croissance des exportations européennes ne dépassera pas, selon les prévisions, 6,1 pc en 2011 et 3,4 pc en 2012. Pour les importations de la zone euro, leur croissance est estimée à 4,8 pc, en 2011 et à 3 pc en 2012.



Les éventuels impacts sur l'économie tunisienne


Evoquant les répercussions éventuelles sur les échanges commerciaux entre la Tunisie et ses partenaires de l'UE, M. Khedhir a souligné qu'"il faut s'attendre à tous les scénarios", d'autant plus que les intentions concernant les grandes commandes ont sensiblement baissé.

En parallèle, le consommateur européen, touché par la crise, a changé de comportement et devenu plus "prudent". Ceci explique la baisse du volume des ventes du commerce de détail, selon le rapport de la Banque centrale européenne (mois de novembre).

Jusqu'à fin octobre 2011, les résultats du commerce extérieur en Tunisie ont fait ressortir une baisse du rythme de croissance des exportations tunisiennes vers les pays de l'UE. Celles-ci sont passées de 20,9 pc au cours du premier semestre à 15 pc fin octobre. Les exportations nationales sur le marché français ont chuté de 33,9 pc à 20,5 pc tandis que celles destinées au marché allemand sont passées de 12,5 pc à 10,7 pc.

La baisse a été plus importante sur le marché espagnol, où nos ventes sont passées de 27,3 pc à 4,6 pc.



Alternatives pour faire face à la crise


Selon M. Khedir, la Tunisie devrait se tourner vers ses voisins pour faire face à cette crise et minimiser les impacts sur son économie. A cet effet, elle devrait mieux exploiter sa proximité géographique pour accroître et diversifier ses exportations vers les marchés maghrébins, notamment, celui libyen.

La Tunisie gagnerait, aussi, à renforcer ces liens avec les pays de l'Afrique sub-saharienne et à réviser ses stratégies de positionnement sur ces marchés, a-t-il souligné, appelant également à tirer un meilleur profit du Système Général de Préférences (SGP) adopté, récemment, par le Congres américain, pour développer ses ventes sur les USA.

Le responsable a, aussi, recommandé d'encourager la consommation de produits locaux pour booster l'activité économique et commerciale, mettant l'accent sur la nécessité d'améliorer, à cette fin, la qualité de la production nationale.

Sur un autre plan, M. Khedhir a appelé à conférer davantage d'intérêt à la veille stratégique et à la prospection de marchés. "Ces démarches aideront certainement à prendre les meilleures décisions au moment opportun", a-t-il conclu.

Commentaires


9 de 9 commentaires pour l'article 41344

3ayyech  (Tunisia)  |Jeudi 17 Novembre 2011 à 16h 50m |           
@karakouznews (united kingdom) : ca ne me surprend pas que tu sois karakouz

Azza  (France)  |Jeudi 17 Novembre 2011 à 13h 03m |           
C'est ce que nous vaut d'avoir eu des dirigeants qui, depuis la pseudo indépendance de 1956, n'ont eu qu'une obessession : l'europe.

le pays aurait pu devancer certaines vagues que nous voyons arriver de partout : crises financières mais aussi retour vers la nature, les produits naturels (dits bio). les agriculteurs dans les années 60 ont été brimés en tunisie, et l'agriculture comme l'élevage ont été sacrifiés au profit d'un tourisme de très bas niveau (financier comme moral). les traditions agricoles héritées et constamment améliorées depuis des sièces (traditions locales
depuis l'époque romaine, mais aussi l'apport des andalous, traditions méditerranéenes et sahériennes) ont été dilapidées, dissoutes, méprisées, reniées pendant ces dernières décennies.

idem pour les petites industries locales : tissage de la soie et de la laine, teintureries végétale, travail du tapis, travail de la terre cuite et des colorants minéraux, travail des métaux précieux, du cuivre, travail des peaux et du cuir.... tout cela a été écarté, méprisé et renié.

et voilà que partout, dans les régions du mondes dites financièrement avancées, l'on voit le même mouvement vers toutes ces formes de productions héritées du passé qui émerge et se développe.

alors, aujourd'hui, après avoir descendu si bas notre pays à le vendre à un pris si dérisoire à un tourisme de bas étage, que nous reste-t-il à valoriser de ce que les générations qui nous ont précédés nous ont confié et que nous avons méprisés ?

la tunisie ne devait pas être reniée par ses propres dirigeants comme elle l'a été. nous aurions dû avoir des dirigeants réellement indépendantistes c.a.d. fiers du patrimoine culturel, agricole, architectural et linguistique de la tunisie, soucieux de le valoriser pour nous d'abord. ce sont les peuples qui valorisent leur culture qui gagnent sur la durée, jamais ceux qui ricanent de ce qu'ils ont hérité. comparez la chine à la tunisie et vous
verrez qui a préservé sa langue et ses traditions, qui les a bradées, qui avance aujourd'hui et qui ne sait plus où aller aujourd'hui.


Karakouznews  (United Kingdom)  |Jeudi 17 Novembre 2011 à 11h 03m |           
N'ayez pas peur , ghannouchi a bcp d'argent

Titov  (Tunisia)  |Jeudi 17 Novembre 2011 à 08h 40m |           
Je demande à mm briki et jrad d'encourager encore les grêves dans tout le pays !!! sales cons

Aloulou  (Tunisia)  |Mercredi 16 Novembre 2011 à 18h 56m | par             
Allez dire cela a ces cons de grevistes en plus ennahda a promis de resoudre tous nos problemes .le chomage en hausse ,les prix grimpes une anarchi complete .Nos touristes on deserter le pays et le leader d ennahda annonce une khilafa islamique dans son discours et le pire reste a venir

Tunisien libre  (Tunisia)  |Mercredi 16 Novembre 2011 à 16h 09m |           
On était toujours en crise .on était adapté à ce genre .toujours labess.

Alibos  (Tunisia)  |Mercredi 16 Novembre 2011 à 15h 55m |           
Dans ce cas, nous pourrons dormir sur nos lauriers ! mais, s'il s'agit d'un piège ?

BIBO  (Tunisia)  |Mercredi 16 Novembre 2011 à 15h 41m |           
الأزمةالإقتصادية العالمية قريبة جدا منا ونحن مازلنا نحث اش قال الجبالي ولإ المرزقي يا صحافة بالله ابحثو عن مواضيع تهم البلاد واقتصاد البلادواتركونا من هالتفاهات والأمور التافهة التي لا تتقدم بنا لنترك أهل الإختصاص والذين ولينهم تسيير أمور البلاد يركزون على الحلول لحماية اقتصادنا من الأزمة الخانقة التي يمر بها العالم أليس مصلحة الوطن أولى من المصالح الشخصية والسياسية الضيقة

Momo  (France)  |Mercredi 16 Novembre 2011 à 15h 30m |           
C'est loin d’être rassurant ,la crise est bien la ,et elle va s'attaquer aux plus défavorisés ,comme toujours, j’espère que les effets de la crise ,ne provoquent pas des tensions et des fissures des désordres.