Tunisie : Bons résultats pour la filière céréalière



L’agriculture tunisienne affiche de nouveau une croissance positive avec une production agricole en forte augmentation par rapport à 2010 où la faible pluviosité avait donné lieu à de mauvaises récoltes pour de nombreuses cultures. Une nouvelle qui est accueillie avec soulagement par le gouvernement qui s’était, à un moment, vu contraint d’envisager l’importation de plus de la moitié des besoins céréaliers du pays. Cette augmentation de la production ne dispensera cependant pas la Tunisie des efforts nécessaires au renforcement des fondamentaux du secteur agricole.

Selon les données publiées à la mi-octobre par l’Institut National de la Statistique, le PIB a progressé de 1,5% au troisième trimestre, une expansion qui est due principalement aux secteurs de l’agriculture et de la pêche, en hausse de 9,5% sur le trimestre finissant le 30 septembre. Ces derniers ont réalisé une croissance deux fois plus importante que celle enregistrée par les industries manufacturières tunisiennes, en hausse de 4,5%, et bien supérieure à la progression de 8% qu’affiche le secteur du textile et de l’habillement.


L’amélioration de la performance de l’agriculture tunisienne va avoir des répercussions importantes sur l’économie du pays : le secteur, en effet, participe au PIB à hauteur de 12% en moyenne et est également l’un des principaux employeurs du pays.

Une bonne partie du progrès réalisé par le secteur est à attribuer à la filière blé, les récoltes ayant cette année dépassé les prévisions des agriculteurs. Les estimations du département de l’Agriculture des Etats-Unis parues au premier trimestre 2011 tablaient sur une importation de blé en Tunisie de 1,8 millions de tonnes, soit une légère augmentation par rapport aux 1,73 millions importés en 2010. Bien que l’agence américaine, qui effectue un suivi régulier de la production céréalière dans le monde, prévoit que la Tunisie récoltera jusqu’à 1,3 tonnes de blé en 2011- un chiffre bien supérieur aux 821000 tonnes enregistrées l’année précédente, frappée par la sécheresse- l’augmentation de la demande et le besoin d’assurer la sécurité alimentaire devraient également provoquer une hausse des importations.

Le ministre de l’Agriculture Mokhtar Jalouli a cependant déclaré fin juin qu’en raison de bonnes récoltes les importations tunisiennes totales de céréales, dont l’orge et le blé, s’élèveraient peut-être seulement à 600000 tonnes. Jalouli avait déjà annoncé que la récolte de blé en 2011 serait, grâce à une meilleure pluviosité et un accroissement de la surface cultivée, proche des 2 millions de tonnes. Cette année, les agriculteurs locaux ont réservé 1,4 millions d’hectares à la culture céréalière, soit une surface en hausse de 13% comparé à l’année précédente.

Ce meilleur rendement marque un revirement important par rapport à la situation en 2010. A la fin de l’an dernier, le Ministère de l’Agriculture tablait sur des importations de céréales allant jusqu’à 2 millions de tonnes pour pallier aux insuffisances de la production en 2010. Jalouli a indiqué que cela permettrait d’économiser plus de 286 millions d’euros sur les importations.

Des économies qui sont d’autant plus les bienvenues que le gouvernement peine à satisfaire les exigences croissantes en matière de budget d’un pays et d’une économie en transition.

La contribution du secteur agricole à l’économie sera donc double : il réduira les pressions budgétaires que représentent les importations de céréales tout en assumant le rôle fondamental de nourrir la population.

Mais malgré les meilleurs résultats enregistrés par l’agriculture en Tunisie, en particulier la production céréalière, le secteur doit faire face à un certain nombre d’obstacles, avec, en tête, sa vulnérabilité aux variations climatiques et aux maladies. Les capacités d’irrigation sont limitées, ce qui, dans un pays régulièrement exposé à des périodes de sécheresse, représente un problème majeur pour la stabilité de la production.

Au cours des dix dernières années, les récoltes de blé ont beaucoup varié, atteignant leur plus bas niveau en 2002 avec 420000 tonnes collectées et s’élevant jusqu’à 1,72 millions de tonnes en 2004. Elle pourrait atteindre cette année son meilleur niveau depuis 1996, où la production avait été de 2 millions de tonnes. Certaines années, les récoltes ont été entamées par les maladies et les insectes nuisibles mais l’utilisation de variétés de semences plus résistantes a permis de réduire ces pertes.

En juin 2011, le Ministère de l’Agriculture a proposé des mesures visant à renforcer le secteur agricole. La possibilité pour des investisseurs étrangers de louer des terres agricoles devrait donner lieu à une augmentation des investissements étrangers et ainsi une hausse des flux de capitaux vers l’agriculture, avec pour résultat l’utilisation de technologies plus avancées et donc une hausse de la production. Ce projet n’est cependant pas sans susciter la controverse, les critiques qualifiant de telles politiques d’« accaparement des terres ».

Compte tenu de la sensibilité du secteur agricole, et bien que l’année 2011 ait été meilleure pour les agriculteurs, l’agence en charge des importations céréalières du pays continue de constituer des stocks, en particulier de blé tendre, en prévision de l’hiver à venir. Depuis fin septembre, les représentants de l’Office des Céréales ont conclu des accords sur l’importation de 200000 tonnes de blé tendre meunier et sur un tonnage moindre d’orge fourragère.

Ce supplément de céréales engrangées dans les silos servira d’assurance contre le risque d’une récolte inférieure à la moyenne à la saison prochaine. Etant donné les fortes variations des réserves de blé et les importantes fluctuations des prix sur le marché international, dont le gouvernement est bien conscient, à quoi s’ajoute l’impact de la pénurie d’aliments de base en début d’année lors de la vague de contestation, de telles mesures préventives constituent une politique judicieuse pour une Tunisie qui continue son chemin vers la transition.
Ocford Busines Group- Novembre 2011

Commentaires


3 de 3 commentaires pour l'article 41206

Ali51  (Tunisia)  |Mardi 29 Novembre 2011 à 16h 33m |           
Bravo a nos agriculteurs qui arrivent a produire contre vent et maree

...........b  (Anonymous Proxy)  |Mardi 29 Novembre 2011 à 15h 24m |           
C. pour ça le pain reste toujours cher pour ezawali

Tounsi  (Tunisia)  |Mardi 29 Novembre 2011 à 09h 09m |           
Avec la pénuerie du phosphate, quelle production on va avoir cette année pour le blé et l'orge. nchalla les prix mondiaux du blé et d'orge n'enregistre pas une importante augmentation cette année et les gafsien nous em avec leurs grêve et grabuge on dirait que le phosphate appartient à eux seulement