L'ISIE et l'INRIC insistent sur l'impératif de respecter l'interdiction de la publicité politique



tap - L'Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE) et l'Instance Nationale pour la Réforme de l'Information et de la Communication (INRIC) insistent, lundi, sur l'impératif de respecter l'interdiction de la publicité politique.

Des partis politiques ont clairement annoncé qu'ils n'ont pas l'intention de respecter cette interdiction. Le Parti Démocrate Progressiste (PDP) a affirmé, dans un communiqué publié lundi, que "cette décision ne se base sur aucun texte de loi" et qu'il est "prêt à recourir à la justice pour défendre son droit à communiquer avec le public".


Un responsable de l'Union Patriotique Libre (UPL) a récemment affirmé, sur une radio nationale, que son parti n'avait aucunement l'intention de respecter cette décision "illogique", estimant que son "jeune parti se réserve le droit de se faire connaître".

Contactée par l'agence TAP, l'ISIE, instance indépendante chargée d'organiser, de superviser et de contrôler l'opération électorale, s'est abstenue de commenter cette annonce.

Larbi Chouikha, membre de l'ISIE chargé des médias et de la communication, a indiqué qu'"en cas de dérapage, l'instance prendra à témoin l'opinion publique" pour dénoncer les abus et sensibiliser les électeurs. Il a rappelé que l'ISIE a recruté des contrôleurs indépendants chargés de veiller au respect de cette disposition sur la voie publique et d'assurer le monitoring des médias.

Mourad Mouelhi, membre chargé des affaires juridiques, a souligné que le respect de l'interdiction relève de la responsabilité politique des candidats "désormais réels et non plus potentiels".

Le décret-loi portant création de l'ISIE, a-t-il indiqué, prévoit le recours aux autorités publiques pour appliquer les décisions de l'Instance et prendre les mesures nécessaires dans ce sens.

L'ISIE peut, a-t-il expliqué, recourir aux forces de l'ordre et aux municipalités dans le cas d'une publicité sur la voie publique et contre les agences de communication qui tombent sous le coup de cette interdiction. L'ISIE s'en remet aussi à l'INRIC pour appliquer les dispositions relatives à la publicité sur les médias.

L'INRIC a affirmé son appui à la décision de l'ISIE d'interdire la publicité politique et s'étonne que certains partis annoncent qu'ils ne la respecteront pas, a indiqué le président de l'Instance Kamel Laabidi.

"La publicité politique est interdite dans la majeure partie des systèmes démocratiques", a-t-il souligné, précisant que l'utilisation de l'argent politique pour influencer les électeurs risque de porter préjudice au processus démocratique émergent.

Il faut laisser aux médias et aux journalistes la responsabilité de faire la lumière en toute neutralité et équité sur les programmes des partis et sur la scène politique en général, a-t-il dit, affirmant qu'"il s'agit là des règles et normes en vigueur dans les pays démocratiques".

Tous les partis n'ont pas les mêmes ressources et capacités financières, a encore fait noter M. Laabidi, affirmant que "laisser libre cours à la publicité politique serait porter atteinte à l'équité et aux règles du jeu politique et de saine émulation qui s'imposent pour assurer le succès de la transition démocratique".

Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 39017

Mouloud  (Tunisia)  |Mardi 13 Septembre 2011 à 10h 44m |           
Cette même "instance supérieure pour l'organisation des élections" est en train d'organiser les élections. pour ce fait, elle a mis des réglements, entre autre, la parité et l'alternance entre homme et femme dans les listes électorales. tous les partis politiques et les listes électorales indépendantes doivent respecter ces réglements. une liste présentée qui ne respecte pas par exemple la parité et l'alternance entre homme et femme sera
retirée automatiquement de la course électorale. cette même instance a interdit la publicité. de ce fait, logiquement ceux qui ne respectent pas ces réglements seront automatiquement rayés de la course électorale. on va tester le dégrè de sérieux, de fermeté et d'indépendance de cette instance. on peut aussi voir "deux poids deux mesures".

Mourad  (Tunisia)  |Mardi 13 Septembre 2011 à 10h 27m |           
Il y a bel et bien plusieurs moyens de recours contre ces bandes de malfaiteurs qui ne respectent pas la loi :

- enlever avec l'aide de la force de l'ordre toute publicité adressée au publique

- punir tous les instances, journaux, radios, tv qui ne respectent pas la loi et qui montrent ces publicités

- le parti politique qui ne respecte pas la loi doit être puni par :

* une amende sévère

* il perd sa part dans les médias lors de la vraie campagne électorale

* un avis lui sera adressé pour respecter la loi. pour les recidivistes, les listes électorales seront automatiquement retirées de la course électorale.