Tunisie: Rencontre-débat sur le programme économique et social du gouvernement provisoire



« Le troisième gouvernement post-révolutionnaire a trouvé le pays dans une situation économique difficile : un taux de croissance qui frôle 0%, un chômage qui touche entre 500 et 600 mille sans emploi dont 140 mille parmi les diplômés du supérieur et une dérive sécuritaire et médiatique dangereuse », a affirmé le Premier ministre du gouvernement provisoire, Béji Caïd Essebsi.

Lors d'une rencontre-débat organisée, vendredi matin, au siège de l'Institut arabe des Chefs d'entreprise, sur le programme économique et social à court terme du gouvernement provisoire, M. Caïd Essebsi a souligné que face à cette conjoncture, le gouvernement provisoire s'est penché sur l'examen de dossiers vitaux et l'élaboration de stratégies d'urgence basées sur une nouvelle approche socio-économique visant à promouvoir l'économie nationale et à désenclaver les régions intérieures les plus défavorisées.


Deux semaines durant, a-t-il ajouté, le gouvernement s'est penché sur la mise en place d'un projet fondé sur quatre axes : l'emploi, le développement régional, la dynamisation de l'économie et l'octroi d'aides sociales via un financement exclusivement tunisien ou volontaire par des entreprises nationales.

M. Béji Caïd Essebsi a expliqué que ce projet vise à remédier au phénomène du chômage à travers la création de 60 mille postes d'emploi direct et indirect, précisant que le secteur privé va contribuer à la création de 20 mille postes d'emploi.

« La réalisation de cet objectif est tributaire de la garantie du bon fonctionnement des entreprises nationales et étrangères implantées en Tunisie », a-t-il affirmé.

Le gouvernement, a-t-il ajouté, a reçu des offres d'aides extérieures pour réaliser ce projet, mais elle a décliné ces propositions, profondément convaincu que la Tunisie est capable de régler ses problèmes par elle-même et que toute aide étrangère doit s'inscrire dans le cadre de projets futurs.

Le gouvernement provisoire, a-t-il indiqué, est aussi conscient des difficultés auxquelles font face les entreprises économiques tunisiennes et du désir des investisseurs étrangers de quitter le pays, ce qui nécessite de redoubler d'effort pour endiguer la dérive de la situation sécuritaire qui, a-t-il affirmé, a « beaucoup amélioré ».

Il a, à cet égard, formé l'espoir de voir le pays retrouver « sa pleine stabilité » qui, a-t-il dit, constitue « la condition sine qua non pour minimiser les pertes, éviter de rater la saison touristique, maintenir les entreprises étrangères en Tunisie et réduire le taux du chômage ».

Le gouvernement provisoire, a-t-il précisé, est résolument engagé à accomplir, pleinement, son devoir pour rétablir la sécurité, ajoutant que le redressement de cette situation n'est pas uniquement la responsabilité du gouvernement, mais elle engage, aussi, tous les tunisiens.

Evoquant les mouvements sociaux orchestrés contre le gouvernement provisoire, M. Caïd Essebsi a indiqué que le gouvernement est tout à fait conscient qu'il y a certaines parties sont derrières ces agissements, appelant, à cet effet, la majorité silencieuse à agir pour consolider les attributs de la stabilité.

La constitution de ce gouvernement, a-t-il souligné, n'est pas motivée par le désir de ces membres d'accéder à un poste de responsabilité, mais elle est dictée par l'appel du devoir au service de l'intérêt supérieur de la patrie.

Le Premier ministre intérimaire a formé l'espoir de voir ces efforts trouver tout le soutien nécessaire auprès de tous et en particulier auprès des médias « crédibles ».

Et M. Caïd Essebsi de conclure : « Nous souhaitons que du bien à la Tunisie et nous espérons laisser le pays à nos successeurs après le 24 juillet prochain dans une situation meilleure ».







Commentaires


4 de 4 commentaires pour l'article 34281

Taieb  (Germany)  |Samedi 09 Avril 2011 à 21h 47m |           
S'il vous plait babnet faites disparaitre cette maudite application radio qui se lance automatiquement à chaque page ... non seulement j'ai pas toujours envie d'écouter cette belle musique, je ne peux plus me concentrer sur la lecture de vos articles ... et je ne peux pas non plus entendre les vidéos que vous postez !
ajoutez un bouton "lecture/stop" si vous voulez, mais je trouve cette application radio contre-productive.

merci bien

Ma3adchifrayji  (France)  |Samedi 09 Avril 2011 à 12h 57m |           
Tunisien respon, vous dites "une bonne partie du peuple tunisien n'est pas encore mûre pour assumer la liberté et la démocratie" c'est exactement cet argument qui a fait que notre pays vive sous la dictature 54 ans durant. moi je trouve que notre peuple a fait montre d'un grand sens de civisme durant cette glorieuse révolution et les dérives sécuritaires qui ont pu exister ici et là sont inhérentes à toute revolution et sont surtout
l'oeuvre des forces contre-révolutionnaires qui essaient de défendre,bec et ongles, les prévilèges que l'ancien régime leur octroyait.a mon avis,le vrai clivage qui divise le pays aujourd'hui se situe entre ceux qui estiment que la révolution s'est achevé le 14 janvier avec le départ de zaba et s'efforcent à la réduire à une réforme du système qui prévalait et les autres qui trouvent que le 14 janvier est le point de départ pour rompre
totalement avec l'ancien régime et batir une nouvelle république. c'est justement le débat politique qui tranchera cette question

Hamdoun Jnagbi  (Tunisia)  |Samedi 09 Avril 2011 à 12h 15m |           
Bravo tunisien responsable je suis de ton avis
il faut que la mentalité change pour pouvoir réussir la démocratie dans notre cher pays
ان الله لا يغير بقوم حتى يغيرو ما بأنفسهم
donc il est nécessaire d'apprendre des leçon sur la citoyenneté, et c'est les média qui sont responsable.

Tunisien respon  (Tunisia)  |Samedi 09 Avril 2011 à 11h 42m |           
A son excéllence le président de la république ,se le premier ministre, se le ministre de la justice,se le minstre de l'interieur.

une bonne partie du peuple tunisien n'est pas encore mure pour assumer avec responsabilité la liberté et la démocratie .cette liberté doit lui être dosée petit à petit sur une periode de 5 à 10 ans sous un système de sécurité sans pitié .en effet la sécurité est la clé de vôute pour faire réussir l'economie,la démocratie,la paix sociale . la défaillance de notre système sécuritaire qui est passé de la repression avant la révolution au "laisser
aller" pendant une certaine periode après le 14/2, est la cause principale de la situation actuelle qui peut être redressée très rapidement si le gouvernement joue la carte de la fermeté vis à vis des criminels particulièrement ceux dont le crime mérite la peine de mort (braquage,meurtre,...).la transparence est également nécessaire en communiquant sur les jugements . rien n'est plus déssausif que d'annoncer sur les médias l'éxécution de
criminels ,leur identité et les motifs des jugements. est ce que la tunisie est plus soucieuse des droits de l'homme et de la démocratie que les etats unis où la peine de mort fait partie de leur législation ? ou est ce que les criminels d'après la révolution ont la vie plus chère que celle des martyrs qui ont donné leur vie pour la liberté et la dignité?!!!!!