Le conflit en Libye se répercute sur les cliniques privées en Tunisie



Les cliniques privées de Tunisie vivaient ces dernières années en grande partie grâce aux patients libyens, mais la crise en Libye pousse les médecins et les infirmières à se demander s'ils pourront conserver leurs emplois.
"Les cliniques tunisiennes tentent de faire face à cette situation difficile et de maintenir leur équilibre financier. Malheureusement, si la situation dure encore quelques mois, elles pourraient ne pas avoir d'autre choix que de licencier une partie de leur personnel, afin de réduire leurs dépenses", explique Abou Bakr Zakhama, le président de la Chambre tunisienne des cliniques privées.
Les Libyens constituaient près de 80 pour cent des patients des cliniques tunisiennes avant les récents évènements. Les autres malades étrangers ne représentent que moins d'un pour cent des admissions.
Trois cliniques du sud ont déjà été contraintes à la fermeture, selon Zakhama. "Le niveau d'occupation actuel dans les cliniques de la capitale tunisienne a chuté depuis début janvier de près de 50 à 60 pour cent. Cette chute a même atteint 90 pour cent dans les cliniques de Sfax, dans le sud-est du pays", précise-t-il.

Selon Zakhama, la solution consiste à "attirer de nouveaux marchés susceptibles de palier le marché libyen". Il suggère également que le gouvernement coordonne les activités entre les secteurs de la santé public et privé, et que la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) paie une partie des soins.
L'autre solution avancée par Zakhama est une demande de longue date de la Chambre : "La CNAM doit étendre la liste des procédures médicales offertes par le secteur privé."
Un responsable du ministère tunisien de la Santé souligne que les autorités coopérent avec les cliniques privées pour trouver une solution à long terme.
Dans le passé, les cancers et les blessures consécutives à des accidents faisaient partie des états les plus fréquemment traités chez les patients libyens. Plusieurs cliniques tunisiennes avaient signé des conventions de coopération avec des hôpitaux du pays.
De nombreux personnels du secteur médical privé en Tunisie craignent que cette situation ne leur coûte leur emploi.
"Nous sommes très inquiets d'une éventuelle perte de nos emplois par suite de la forte baisse du nombre de patients et du faible niveau d'activité", dit Kouther Mzoughi, infirmière dans une clinique privée.
Elle ajoute qu'avant la révolution, sa clinique accueillait de grands nombres de Libyens. "Nous espérons que la révolution sera un succès en Libye, comme elle l'a été en Tunisie, et que le
Photo: Houda Trabelsi
domaine de la santé y progressera également."
"Le cauchemar de la fermeture et du licenciement hante les patrons des cliniques au vu du ralentissement de l'activité et de la baisse du taux d'occupation par les Libyens", déclare Ridha Gamoua, gestionnaire d'une clinique privée.
Et d'ajouter : "Nous avions l'habitude de recevoir chaque jour des dizaines de patients libyens et algériens, ainsi que quelques Tunisiens. Mais au lendemain des récents évènements survenus dans la région, et du fait de la fragilité de la situation sécuritaire, les patients préfèrent désormais rester chez eux et se faire traiter dans les hôpitaux locaux. Mais le ministère de la Santé doit trouver des solutions adaptées et radicales, en trouvant des alternatives plus fiables."
"Nous espérons que le peuple frère libyen surmontera la crise actuelle et que la liberté réussit à s'imposer", conclut Gamoua.
Photo: Houda Trabelsi
Houda Trabelsi
( Magharebia )



Commentaires


8 de 8 commentaires pour l'article 33867

Elyssa  (France)  |Lundi 11 Avril 2011 à 22h 39m |           
Je vois que le problème est pareil que la france beaucoup de cliniques n'ont pas pu tenir même avant la crise, certaines ont disparu.d'autres se sont regroupées pour mutualiser les dépenses d'équipement, la santé coute 10 fois plus qu'autrefois a cause des équipements.il faut surtout espérer que le conflit en libye trouve une sortie , une fois la libye libre c'est un pays qui a du pétrole qu'on a pas en tunisie donc chez eux le niveau de
vie va vite repartir parce que ce sera le peuple libyens qui vendra le pétrole.quand kadaf vent du pétrole il le met dans sa poche quand la révolution sera passée ce sera pour tous dans le pays.ils vont vite repartir économiquement, ça sera bon pour eux et pour nous.

Hamdoun Jnagbi  (Tunisia)  |Lundi 11 Avril 2011 à 16h 58m |           
Baissez les prix svp vous allez voir les patients tunisiens.

Voix  (Tunisia)  |Lundi 11 Avril 2011 à 14h 25m |           
Cliniques privées dracula ils sont present où il y'a du sang qu'ils se reposent un peu maintenant

ABDEL  (Tunisia)  |Lundi 11 Avril 2011 à 12h 55m |           
Qu'ils offrent leurs soins aux citoyens tunisiens qui parfois meurent en attendant d'étre inscrits sur la liste des attentes aux hopitaux publics.
quel monde d'hypocrite nous vivons , à quoi servent ses cliniques qui sont vides actuellement par contre les hopitaux sont pleines à craquer .
c'est beau de parler et de donner aux autres des leçons de citoyenneté en les invitant au travail , au civisme ,au respect de la loi, mais vous oblier les plus concernés qui sont les hommes d'affaires et les riches , la tunisie appartiendra dorénavant aux gens généreux et loyaux , mais pas aux profiteurs , qui parmi eux se trouvent les médecins et les responsables de cliniques .

Momo  (Belgium)  |Lundi 11 Avril 2011 à 09h 50m |           
Ceux qui aiment le pays doivent faire des sacrifices.
je connais bien les cliniques, dicteur qui ont fait fortune grace au libyens mainant if faut paye un peut de tout ça et peut etre essaye de democratiser les soins medicaux et les rendre accessible aux tunisiens normal aussi

Saadoucha  (Tunisia)  |Lundi 11 Avril 2011 à 09h 11m |           
Décidément il est important de varier dans la clientele
la tunisie ne doit plus se limité à un u deux pays dans ses partenariats, on voit chaque jour l'effet de l'exclusivité sur notre economie
la raison etait de mauvaises décisions prises juste pour l'interet de quelques personnes au pouvoir mais aujourd'hui il ne faut plus tomberdans ce piege
donc essayons d'atteindre l'autosatisfaction dans tout les domaine(y compris le tourisme) et de ne plus dépendre d'un seul parteaire

   (Tunisia)  |Lundi 11 Avril 2011 à 07h 24m |           
Est ce que les investisseurs, dans les cliniques privées,ont des garanties de la part de l'etat que leurs établissements soient toujours occupés à 80% par des libyens ou autres étrangers? soyons logiques et qu'ils arrêtent de pleurnicher ,au fond ce ne sont que des commerçants de luxe ,est ce que l'état doit chercher des solutions aux boutiques de parfumeries et cosmétiques si la clientèle ne vient plus et se met au parfum traditionnel(eau
de fleurs d'oranger ou de rose...). de toute façon quand la clientèle étrangère( qui ne regarde pas trop la facture) prospère la clientèle tunisienne(qui ne laisse même pas de pour boire) est indésirable .et monsieur le président de la chambre tunisienne des cliniques privées demande au gouvernement de coordonner les activités entre les secteurs de la santé publique et privée comme si les tarifs pratiqués par les cliniques sont à la porté de la
majorité des tunisiens qui ne se dirigent à l'hôpital qu'après maintes tentatives d'auto-médication.

Fedhi  (France)  |Lundi 11 Avril 2011 à 06h 59m |           
Je m'adresse aux hauts responsables du pays, il s'agit de probleme de securite dans le pays et le chomage reine,pourquoi on ne serre pas les coudes et mettre les chomeurs ont fonction temporaires de garde d'asaut des quarties on attendant que les choses s'amiliores et chacun voi son chemin, il faut des japonais pour faire de cette idee une realite.