Anciens combattants-Revalorisation : 5000 Tunisiens concernés par la revalorisation des pensions des tirailleurs



Un peu moins de 5.000 Tunisiens sont concernés par la revalorisation des pensions des anciens combattants annoncée la semaine dernière par Paris, selon des sources officielles.
Ce groupe composé de 3.000 anciens combattants environ, des invalides et des veuves, demande la mise en œuvre rapide de cette promesse de revalorisation des pensions.
Si certains de ces anciens combattants ont fait la guerre au Vietnam et en Corée, la majorité d’entre eux ont participé à la Seconde Guerre mondiale et combattu les Nazis aux côtés des Français.
De la campagne de 1939-1940 où le Blitzkrieg (guerre éclair) démontrera sa toute puissance, à celle de Tunisie (1942-1943), en passant par les campagnes d’Italie (1943-44), de France, d’Allemagne et d’Autriche, le sang tunisien a balisé les chemins qui ont conduit à la défaite nazie.

Agés, ne parlant pas toujours français, les tirailleurs tunisiens (connus en Tunisie sous le nom de "sbaïhia"), ont reconstitué, tant bien que mal, une seconde vie en France ou en Tunisie. Enrôlés de force dans l’armée française, ils perçoivent aujourd’hui une pension militaire dix à vingt fois plus faible que celle des vétérans français.
Ces " sbaïhia" saluent l’annonce par la France de revaloriser les pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises qui se sont battus pour la France, mais regrettent toutefois que cette mesure arrive si tard, au vu de leur âge. L’accueil de cette mesure est d’autant plus mitigé que bon nombre d’entre eux sont déjà morts.
"Nous sommes heureux de la décision du gouvernement français de traiter sur le même pied d’égalité tous ceux qui se sont battus pour la même cause et dans les mêmes conditions", a déclaré à APA Ali Zammouri, un ancien combattant et victime de guerre.
"Ceux qui participent aux mêmes combats devraient obtenir la même pension de retraite", a-t-il déclaré.
Certains estiment que la décision arrive trop tard et ne leur sera pas d’une grande utilité, vu leur grand âge.
« C’est trop tard », regrette Issa Akremi, 76 ans, qui a pris part à la guerre d’Algérie sous les couleurs de la France. "Beaucoup sont déjà morts".
"A cet âge là, quand et comment je vais en profiter ? Je ne suis même pas certain que je recevrai le nouveau montant avant ma mort."
"J’ai lu ça dans les journaux, mais quand l’argent arrivera-t-il ?", se demande Zammouri.
Les anciens combattants des ex-colonies percevront "exactement en euros ce que perçoivent les nationaux français", a affirmé mercredi dernier le ministre délégué français aux Anciens combattants, Hamlaoui Mékachéra.
« Il n’y aura plus de différences dans ces deux prestations que sont les retraites du combattant et la pension militaire d’invalidité entre les combattants de ces pays et les nationaux français », a expliqué M. Mékachéra.
(APA)
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