Les devantures des librairies tunisiennes ont totalement changé après que la révolution du 14 janvier ait balayé le régime de l'ancien Président Zine El Abidine Ben Ali. Les ouvrages qui étaient autrefois interdits et achetés sous le manteau dans le pays sont désormais proposés en vente libre.
"Je n'arrivais pas à trouver une copie de "La Régente de Carthage", qui montre la corruption et l'influence de Leila Ben Ali sur la vie politique et économique du pays", déclare Suha Bin Mustapha, un étudiant, à Magharebia devant la librairie El-Kitab à Tunis. "Je viens aujourd'hui en réserver un exemplaire, dont le libraire m'a dit qu'il serait disponible d'ici la fin du mois."
Le 22 janvier, le gouvernement provisoire a levé les restrictions aux importations de livres, de publications et de films, ouvrant les portes aux maisons d'édition étrangères. Ces restrictions avaient été imposées par le régime de Ben Ali pour contrôler les flux d'informations.
"La levée des restrictions sur les importations de livres est une demande essentielle qui a été faite par les voix des lumières, de la modernité, de la démocratie et de la culture en Tunisie", dit Moktar Kalfaoui, rédacteur pour le site web Alawan.
Les ouvrages qui étaient autrefois confisqués par la police des frontières arrivent aujourd'hui sur les étals des libraires, selon Moez, un officier des douanes. Parmi ces livres se trouvent "La Régente de Carthage" et "Notre ami Ben Ali", ainsi que d'autres publications à caractère politique que les Tunisiens ne pouvaient que rêver de lire sous l'ancien régime.
Jadis, posséder ces livres était synonyme de persécutions, de perte d'emploi ou même d'emprisonnement, selon Nora, cliente d'une librairie.
"Une censure très dure sur les livres importés a étranglé les intellectuels, à la fois les écrivains et les lecteurs, et en l'absence de liberté, on ne peut parler de créativité. Nous sommes maintenant entrés dans une nouvelle ère, qui a été rendue possible par cette révolution tunisienne populaire et civile. L'auteur peut à nouveau reprendre la plume, parce que l'écriture et la publication à l'âge de la liberté sont plus stimulantes", ajoute Kalfaoui.
Selon l'écrivain et éditeur Walid Sulaiman, la décision d'importer les ouvrages interdits "accélérera l'émergence d'une atmosphère de liberté en Tunisie, notamment de la liberté d'expression, [dont l'absence] avait un impact [négatif] sous l'ancien régime, en muselant la créativité."
"Il y a eu une prise de conscience avec cette liberté, notamment à la lumière de l'abondance des matériels intellectuels", déclare la journaliste Bochra Sallami.
Ces dernières années, le Salon international du livre de Tunis avait acquis une mauvaise réputation du fait de la stricte censure imposée aux ouvrages importés, contraignant les exposants à se porter sur des livres de cuisine et des fictions.
Le ministère tunisien de la Culture avait pour habitude d'affirmer qu'il n'interdisait que les ouvrages favorisant l'extrémisme religieux et le terrorisme. Mais de nombreuses plaintes émanant d'éditeurs arabes et étrangers concernaient l'interdiction des thèmes politiques. Et au final, nombre d'entre eux ne participaient même plus à ce salon.
A cet égard, Mohammed, responsable de la librairie Ma'arifa, a demandé à utiliser des bons d'achat au lieu d'avoir à présenter tout un dossier pour importer un ouvrage. Il espère qu'à l'avenir, le Salon international du livre de Tunis retrouvera sa bonne réputation.
Iheb Ettounsi (Magharebia)
"Je n'arrivais pas à trouver une copie de "La Régente de Carthage", qui montre la corruption et l'influence de Leila Ben Ali sur la vie politique et économique du pays", déclare Suha Bin Mustapha, un étudiant, à Magharebia devant la librairie El-Kitab à Tunis. "Je viens aujourd'hui en réserver un exemplaire, dont le libraire m'a dit qu'il serait disponible d'ici la fin du mois."
Le 22 janvier, le gouvernement provisoire a levé les restrictions aux importations de livres, de publications et de films, ouvrant les portes aux maisons d'édition étrangères. Ces restrictions avaient été imposées par le régime de Ben Ali pour contrôler les flux d'informations.
"La levée des restrictions sur les importations de livres est une demande essentielle qui a été faite par les voix des lumières, de la modernité, de la démocratie et de la culture en Tunisie", dit Moktar Kalfaoui, rédacteur pour le site web Alawan.
Les ouvrages qui étaient autrefois confisqués par la police des frontières arrivent aujourd'hui sur les étals des libraires, selon Moez, un officier des douanes. Parmi ces livres se trouvent "La Régente de Carthage" et "Notre ami Ben Ali", ainsi que d'autres publications à caractère politique que les Tunisiens ne pouvaient que rêver de lire sous l'ancien régime.

Jadis, posséder ces livres était synonyme de persécutions, de perte d'emploi ou même d'emprisonnement, selon Nora, cliente d'une librairie.
"Une censure très dure sur les livres importés a étranglé les intellectuels, à la fois les écrivains et les lecteurs, et en l'absence de liberté, on ne peut parler de créativité. Nous sommes maintenant entrés dans une nouvelle ère, qui a été rendue possible par cette révolution tunisienne populaire et civile. L'auteur peut à nouveau reprendre la plume, parce que l'écriture et la publication à l'âge de la liberté sont plus stimulantes", ajoute Kalfaoui.
Selon l'écrivain et éditeur Walid Sulaiman, la décision d'importer les ouvrages interdits "accélérera l'émergence d'une atmosphère de liberté en Tunisie, notamment de la liberté d'expression, [dont l'absence] avait un impact [négatif] sous l'ancien régime, en muselant la créativité."
"Il y a eu une prise de conscience avec cette liberté, notamment à la lumière de l'abondance des matériels intellectuels", déclare la journaliste Bochra Sallami.
Ces dernières années, le Salon international du livre de Tunis avait acquis une mauvaise réputation du fait de la stricte censure imposée aux ouvrages importés, contraignant les exposants à se porter sur des livres de cuisine et des fictions.
Le ministère tunisien de la Culture avait pour habitude d'affirmer qu'il n'interdisait que les ouvrages favorisant l'extrémisme religieux et le terrorisme. Mais de nombreuses plaintes émanant d'éditeurs arabes et étrangers concernaient l'interdiction des thèmes politiques. Et au final, nombre d'entre eux ne participaient même plus à ce salon.
A cet égard, Mohammed, responsable de la librairie Ma'arifa, a demandé à utiliser des bons d'achat au lieu d'avoir à présenter tout un dossier pour importer un ouvrage. Il espère qu'à l'avenir, le Salon international du livre de Tunis retrouvera sa bonne réputation.
Iheb Ettounsi (Magharebia)





Om Kalthoum - أنساك
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