Le mouvement Ennahda, interdit sous l'ancien Président Zine El Abidine Ben Ali, a organisé une conférence de presse à Tunis le lundi 7 février.
"Le mouvement s'engage en faveur de la démocratie et du droit du peuple à choisir son Président par le biais des élections", a déclaré le leader du parti, Rachid Ghannouchi, rentré en Tunisie le 30 janvier après 22 années d'exil.
"Le programme de travail du mouvement est le suivant : renforcer les acquis obtenus par les femmes, tels qu'illustrés dans le Code du statut des personnes (CSP), améliorer les conditions de vie des femmes et souligner leur rôle positif sur la scène politique, sociale et culturelle, de manière à ce qu'elles puissent participer efficacement au progrès de la société", a-t-il déclaré.
Le discours du mouvement s'est axé sur la modernité, le respect des droits de l'Homme et la nécessité de préserver les acquis en termes de liberté réalisés par la Tunisie. Selon Ennahda, ces valeurs sont conformes aux préceptes de l'Islam.
Le parti islamique a présenté sa structure, composée d'un président, d'un conseil fondateur et d'un bureau exécutif. Il a également présenté son statut, déposé il y a une semaine au ministère de l'Intérieur pour obtenir l'autorisation de s'engager dans un travail légal. L'ingénieur Ali Laaridh a été désigné à la présidence du conseil fondateur, et l'ingénieur Hammadi Jbeli au poste de secrétaire-général.
"Le mouvement organisera sa conférence d'ici un mois. Abdel Latif Al-Mekki, un leader des étudiants, a été chargé de présider cette conférence", a expliqué Ghannouchi.
Interrogé sur les conditions nécessaires à une adhésion au parti, il a répondu que "elles incluent d'être âgé d'au moins 18 ans, de n'appartenir à aucun autre parti, et d'être recommandé par trois membres du parti."

Ghannouchi a également souligné que "le mouvement cherche actuellement à élargir la composition de ses institutions fondatrices, afin d'y intégrer des personnes qualifiées originaires de l'ensemble du pays".
Sahbi Atig, professeur de sciences islamiques et membre du bureau exécutif du parti, a déclaré lors de cette conférence de presse : "Certains tentent de nous faire passer pour un mouvement non-tunisien. Cela n'est pas acceptable. Nous sommes un mouvement national tunisien qui combine les valeurs de l'Islam et celles du modernisme. Nous adoptons une ligne de pensée modérée."
Pour sa part, Hammadi Jbeli a répondu aux accusations portées contre le mouvement, le rendant responsable de l'incendie du siège de l'ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, au cours duquel une personne a été tuée. "Ce qui s'est produit a été le résultat de comportements individuels, et le mouvement a condamné cet incident", a-t-il déclaré.
"Nous ne pouvons nier le fait que nous avons commis des erreurs", a dit Ghannouchi. "Qui n'en commet pas ? Mais nous tirons les leçons de ces erreurs, de manière à construire une meilleure patrie pour nous tous."
Selon Adel Chaouch, membre du mouvement Ettajdid, "la crainte du mouvement islamique en Tunisie remonte à une vingtaine d'années, notamment à l'époque où le mouvement tenait un double discours, l'un résolument dur, l'autre ambigu."
"Il est à présent de son intérêt de changer le ton de son discours, ce dont il est convaincu. Le mouvement a tiré les leçons de ses erreurs et souhaite rassurer les Tunisiens. De plus, le soutien apporté au CSP constitue une autre assurance", a-t-il ajouté.
Chaouch dit encore que "dans un Etat islamique, il doit exister une forme d'expression qui représente la tendance islamique. Il n'est pas logique d'aliéner une large proportion de la population tunisienne. Toutes les opinions doivent être acceptées. Pourquoi donc le mouvement islamique Ennahda n'aurait-il pas un rôle à jouer sur la scène politique ? Mais visiblement, ce mouvement est encore craint par l'élite en Tunisie."
Certains considèrent toutefois que le discours moderniste d'Ennahda est trop beau pour être vrai.
"Honnêtement, j'ai encore des doutes sur le mouvement Ennahda, car il n'existe aucune garantie. Mais il est certain que ce mouvement a le droit de présenter ses idées politiques par le biais d'un parti légalement reconnu", a déclaré Bochra Bel Haj Hmida, membre de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).
"Aujourd'hui plus que jamais, l'ATFD demande que la constitution tunisienne reconnaisse les droits que les femmes ont acquis, de manière à ce que toutes les forces politiques du pays soient tenues de les faire appliquer", a-t-elle ajouté.
Hedia ben Amor, une jeune femme portant le voile, a expliqué à Magharebia : "Bien que je porte le voile et que je respecte tous les préceptes religieux, j'ai peur du mouvement Ennahda parce que nous entendons souvent dire que ce sont des fanatiques purs et durs, qui pourraient nous ramener à une situation qui prévalait il y a des siècles."
"Le mouvement s'engage en faveur de la démocratie et du droit du peuple à choisir son Président par le biais des élections", a déclaré le leader du parti, Rachid Ghannouchi, rentré en Tunisie le 30 janvier après 22 années d'exil.
"Le programme de travail du mouvement est le suivant : renforcer les acquis obtenus par les femmes, tels qu'illustrés dans le Code du statut des personnes (CSP), améliorer les conditions de vie des femmes et souligner leur rôle positif sur la scène politique, sociale et culturelle, de manière à ce qu'elles puissent participer efficacement au progrès de la société", a-t-il déclaré.
Le discours du mouvement s'est axé sur la modernité, le respect des droits de l'Homme et la nécessité de préserver les acquis en termes de liberté réalisés par la Tunisie. Selon Ennahda, ces valeurs sont conformes aux préceptes de l'Islam.
Le parti islamique a présenté sa structure, composée d'un président, d'un conseil fondateur et d'un bureau exécutif. Il a également présenté son statut, déposé il y a une semaine au ministère de l'Intérieur pour obtenir l'autorisation de s'engager dans un travail légal. L'ingénieur Ali Laaridh a été désigné à la présidence du conseil fondateur, et l'ingénieur Hammadi Jbeli au poste de secrétaire-général.
"Le mouvement organisera sa conférence d'ici un mois. Abdel Latif Al-Mekki, un leader des étudiants, a été chargé de présider cette conférence", a expliqué Ghannouchi.
Interrogé sur les conditions nécessaires à une adhésion au parti, il a répondu que "elles incluent d'être âgé d'au moins 18 ans, de n'appartenir à aucun autre parti, et d'être recommandé par trois membres du parti."

Ghannouchi a également souligné que "le mouvement cherche actuellement à élargir la composition de ses institutions fondatrices, afin d'y intégrer des personnes qualifiées originaires de l'ensemble du pays".
Sahbi Atig, professeur de sciences islamiques et membre du bureau exécutif du parti, a déclaré lors de cette conférence de presse : "Certains tentent de nous faire passer pour un mouvement non-tunisien. Cela n'est pas acceptable. Nous sommes un mouvement national tunisien qui combine les valeurs de l'Islam et celles du modernisme. Nous adoptons une ligne de pensée modérée."
Pour sa part, Hammadi Jbeli a répondu aux accusations portées contre le mouvement, le rendant responsable de l'incendie du siège de l'ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique, au cours duquel une personne a été tuée. "Ce qui s'est produit a été le résultat de comportements individuels, et le mouvement a condamné cet incident", a-t-il déclaré.
"Nous ne pouvons nier le fait que nous avons commis des erreurs", a dit Ghannouchi. "Qui n'en commet pas ? Mais nous tirons les leçons de ces erreurs, de manière à construire une meilleure patrie pour nous tous."
Selon Adel Chaouch, membre du mouvement Ettajdid, "la crainte du mouvement islamique en Tunisie remonte à une vingtaine d'années, notamment à l'époque où le mouvement tenait un double discours, l'un résolument dur, l'autre ambigu."
"Il est à présent de son intérêt de changer le ton de son discours, ce dont il est convaincu. Le mouvement a tiré les leçons de ses erreurs et souhaite rassurer les Tunisiens. De plus, le soutien apporté au CSP constitue une autre assurance", a-t-il ajouté.
Chaouch dit encore que "dans un Etat islamique, il doit exister une forme d'expression qui représente la tendance islamique. Il n'est pas logique d'aliéner une large proportion de la population tunisienne. Toutes les opinions doivent être acceptées. Pourquoi donc le mouvement islamique Ennahda n'aurait-il pas un rôle à jouer sur la scène politique ? Mais visiblement, ce mouvement est encore craint par l'élite en Tunisie."
Certains considèrent toutefois que le discours moderniste d'Ennahda est trop beau pour être vrai.
"Honnêtement, j'ai encore des doutes sur le mouvement Ennahda, car il n'existe aucune garantie. Mais il est certain que ce mouvement a le droit de présenter ses idées politiques par le biais d'un parti légalement reconnu", a déclaré Bochra Bel Haj Hmida, membre de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).
"Aujourd'hui plus que jamais, l'ATFD demande que la constitution tunisienne reconnaisse les droits que les femmes ont acquis, de manière à ce que toutes les forces politiques du pays soient tenues de les faire appliquer", a-t-elle ajouté.
Hedia ben Amor, une jeune femme portant le voile, a expliqué à Magharebia : "Bien que je porte le voile et que je respecte tous les préceptes religieux, j'ai peur du mouvement Ennahda parce que nous entendons souvent dire que ce sont des fanatiques purs et durs, qui pourraient nous ramener à une situation qui prévalait il y a des siècles."
Houda Trabelsi
(Magharebia)
(Magharebia)





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