Discours de Monastir d'Ahmed Néjib Chebbi (PDP)



Il me plaît d’être ici, parmi vous, à Monastir, pour rendre hommage au plus illustre de ses enfants. Je veux parler bien sûr du leader Habib Bourguiba, père de l’indépendance et bâtisseur de la Tunisie moderne.
Bourguiba, fils du Sahel et fils du peuple, a inventé une nouvelle manière de faire de la politique. Il a été le premier à opérer la jonction entre l’élite et la masse. Il a été le premier « à aller au peuple », à lui parler dans sa langue et à exprimer ses aspirations profondes. Il a réussi à mobiliser les masses urbaines et rurales et à les enrôler au service de la cause nationale. C’est en cela que sa contribution au mouvement national a été absolument décisive. Il a été un éveilleur de consciences. Avec lui, le peuple tunisien a pris conscience de sa force. Et de sa capacité à s’inventer un destin et à écrire son avenir.
Bourguiba fut un combattant intrépide et un homme d’Etat visionnaire. L’homme fut un authentique patriote et un dirigeant d’une haute droiture morale. Il a, bien sûr, commis des erreurs de jugement et fait des choix parfois discutables. Son œuvre est loin d’être entièrement exempte de reproches. On le sait, Bourguiba n’a pas permis à la démocratie de s’épanouir. Mais son legs est précieux.




Habib Bourguiba, un message toujours actuel
Car Bourguiba ne s’est pas contenté de libérer la Tunisie. Il l’a transformée profondément. Il a bâti l’Etat moderne, réformé les structures sociales, émancipé la femme tunisienne, généralisé l’éducation et la santé. Pour lui, l’indépendance n’était qu’une étape, qu’un point de départ ou un préalable. Son combat n’était pas dirigé en priorité contre la France, qui n’était qu’un adversaire, pas un ennemi. Bourguiba s’est battu contre l’occupation et contre le régime du Protectorat. Mais il avait compris que c’est parce que nous étions colonisables que nous avions été colonisés. La colonisation était la sanction de nos insuffisances et de notre retard. Bourguiba, toute sa vie, et de toutes ses forces, a combattu l’ignorance, la misère et le fatalisme. Le développement était à ses yeux la condition de la dignité et de l’indépendance nationale. C’est en cela que le message de Bourguiba reste vivant et actuel.
Avec Kheiredinne Pacha, Bourguiba constitue l’une des deux grandes figures saillantes du mouvement réformiste tunisien. Il a été le défenseur intransigeant de la personnalité arabo-musulmane de la Tunisie, et en même temps le promoteur d’une civilisation moderne fondée sur la raison. Le génie bourguibien était un génie de la synthèse et de la conciliation. Bourguiba a administré la preuve éclatante qu’il était possible de concilier l’Islam et la modernité, en encourageant la réouverture de la porte de l’Ijtihad. L’exemple de Bourguiba doit continuer à nous inspirer. Et à inspirer tous les patriotes de ce pays.

Le choix entre la soumission et la révolte
Vous le savez certainement, je me suis vigoureusement opposé à Bourguiba. Sans doute moi et les gens de ma génération n’avions-nous pas saisi comme nous la saisissons aujourd’hui toute la portée et la dimension de son œuvre. Mais notre révolte était l’écho d’un malaise, celui de la société tunisienne des années 1960, dont la cohésion avait été éprouvée par une étatisation à outrance et des réformes économiques hasardeuses. Cette révolte était aussi le fruit d’une injustice : l’injustice du système autoritaire. Par bien des aspects, le système bâti par Bourguiba et par la génération de l’indépendance ressemblait et s’apparentait à un système d’exclusion. En réalité, le système bourguibien nous laissait le choix entre la soumission et la révolte radicale.


Faire fructifier l’héritage
Le PDP se situe résolument dans la tradition du réformisme tunisien. Et dans la fidélité à son histoire. Pour nous, cette fidélité consiste à en faire fructifier l’héritage, dans ce qu’il a de meilleur, tout en poursuivant sur la voie de la réforme. L’élection de l’Assemblée constituante marque un rendez-vous historique. Elle doit nous permettre de parachever l’œuvre commencée par les pionniers du réformisme tunisien et de lui donner sa pleine signification.
Faire fructifier l’héritage du réformisme tunisien, c’est renforcer le droit à l’éducation, le droit à la santé, et les droits des femmes.
L’éducation. La Tunisie a réalisé une performance impressionnante dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Il faut se souvenir que notre pays comptait 85 % d’analphabètes en 1956 et que le taux de scolarisation dans le primaire ne dépassait pas les 30 %. C’était l’un des plus faibles de la planète. Aujourd’hui, c’est l’un des plus élevés. Et nous avons multiplié le nombre d’étudiants par plus de 160 en cinquante ans. L’Etat consacre presque un tiers de son budget à l’éducation. Pourtant, chacun le sait, le niveau est en baisse, dans tous les cycles, et trop d’élèves quittent l’école en cours de cursus. Chaque année, plus de 35 000 enfants se retrouvent livrés à la rue avant l’âge de 15 ans. Cette situation est inacceptable et insupportable. L’enseignement est un droit fondamental, et il doit le rester. L’école doit réduire les inégalités au lieu de les aggraver. L’école doit redevenir une école de l’égalité des chances. Et l’université doit redevenir synonyme d’excellence et de promotion sociale.
Les acquis de la femme. Notre programme vise aussi à défendre les acquis de la femme tunisienne. Car l’égalité des genres marque le pas et les injustices demeurent. Aujourd’hui, la majorité des étudiants sont étudiantes. Mais, une fois leurs études achevées, elles peinent à trouver du travail. En 2009, le taux de chômage des filles diplômées de l’enseignement supérieur était deux fois et demie supérieur à celui des garçons, à niveau équivalent. Et la situation n’a fait qu’empirer depuis. Il y a maintenant plus de 8 points d’écart entre le taux de chômage féminin et le taux de chômage masculin. Les femmes sont les premières victimes de la crise.
La santé. Enfin, le droit à la santé doit demeurer un droit fondamental. Nous devons rester à l’écoute de nos compatriotes les plus pauvres et les plus fragiles. Nous devons rester solidaires. Car les inégalités se sont creusées dangereusement. Nous voulons améliorer la couverture-maladie, faire disparaitre les inégalités sociales et géographiques en matière d’accès aux soins. Le quart le plus pauvre de la population doit bénéficier de la gratuité réelle des soins. Nous créerons de nouveaux pôles hospitalo-universitaires dans les régions de l’intérieur. Et l’Etat instaurera la gratuité effective des soins dans la filière publique au profit des indigents et des catégories les plus fragiles de la population, qui ne sont affiliées à aucun régime. L’Etat prendra en charge leurs dépenses de santé. Cette mesure sera financée grâce à une « TVA solidaire », qui se traduira par le relèvement d’un point de la TVA sur les produits taxés actuellement à 18%.

Poursuivre sur la voie de la réforme
La Révolution du 14 janvier, née du sacrifice de nos martyrs et du courage de notre jeunesse, est une rupture et un aboutissement. C’est une rupture, car avec elle, nous avons définitivement tourné la page de la dictature et de la tyrannie. Elle a nous a permis de recouvrer à la fois notre liberté et notre dignité. Mais cette révolution, est aussi l’aboutissement du processus de réforme entamé, il y a un siècle et demi, en 1861, lorsque notre pays devint le premier pays arabe et musulman à se doter d’une Constitution.
La Constituante que vous serez appelés à élire prochainement aura un triple défi à relever : le défi de la réforme politique, pour instaurer une démocratie pluraliste, fondée sur la séparation des pouvoirs ; le défi de la réforme de l’Etat, pour instaurer la décentralisation, l’équilibre entre les régions, et la participation du citoyen ; le défi de la réforme économique, afin de gagner la bataille de l’emploi.

La réforme politique. La refondation de notre République passe par l’instauration d’un régime pluraliste fondé sur la séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs est la condition de la démocratie et de l’Etat de droit. La Tunisie a souffert de l’arbitraire et de la tyrannie parce que les hommes qui la dirigeaient se sont laissés glisser sur la pente du despotisme et parce qu’aucune institution n’a été capable de les freiner et les arrêter. Les trois pouvoirs qui forment l’Etat doivent pouvoir s’arrêter mutuellement et s’équilibrer. Ils doivent être séparés, mais pas rivaux. Ce sera, en vérité, le grand chantier de la Constituante. Dans le système que nous préconisons, le président sera élu au suffrage universel, pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Il n’aura pas l’initiative des lois, à l’exception des lois de finances. Il choisira les ministres, les ambassadeurs et les hauts fonctionnaires, mais leurs nominations, pour prendre effet, devront être entérinées par les commissions des deux chambres du parlement. Il pourra être renvoyé devant la Haute cour, pour haute trahison, s’il était mis en accusation, à la majorité des deux tiers, par le Parlement réuni en Congrès. Il redeviendra un justiciable ordinaire à l’expiration de son mandat. Le Parlement sera composé de la chambre des députés et du Sénat, qui assurera la représentation des régions. Le Parlement ne pourra être dissout. Il sera l’unique dépositaire du pouvoir législatif, mais le président aura la faculté d’exiger une seconde délibération des lois. Le texte, pour entrer en vigueur, devra alors être ré-approuvé à la majorité des deux tiers, par chacune des deux chambres.
Enfin, la justice, le troisième pouvoir, sera pleinement indépendante. Les juges seront soustraits à l’influence du pouvoir exécutif et de l’opinion. L’avancement, la mutation et la sanction des magistrats seront du seul ressort du Conseil supérieur de la magistrature, totalement indépendant. Et un tribunal constitutionnel, chargé de contrôler la conformité des lois à la Constitution, sera institué. Ses décisions s’imposeront aux pouvoirs publics.
La réforme de l’Etat : la décentralisation. Elle constitue aujourd’hui une ardente obligation. Bourguiba, vous disais-je, a édifié un Etat fort et centralisé. Il croyait en l’Etat. Il croyait que l’homme, pour s’élever et prospérer, devait vivre à l’abri d’un pouvoir juste et fort. Il croyait que l’Etat devait être l’agent de la transformation sociale. Que l’Etat devait remodeler la société. Il n’assignait aucune limite à son intervention. Il ne croyait pas dans les capacités d’auto-organisation de la société. Ses conceptions étaient largement partagées par l’élite tunisienne. Elles avaient sans doute leur justification en 1956. Aujourd’hui cependant, elles doivent évoluer. Avec ses 11 millions d’habitants, la Tunisie ne peut plus être efficacement administrée à partir d’un centre unique. Le modèle centralisé à montré ses limites. Son incapacité à refléter les diversités économiques et sociales des régions, et son incapacité à impulser un développement régional harmonieux et équilibré. L’excessive centralisation de notre Etat a conduit à une Tunisie à deux vitesses.
La Constitution de la deuxième République consacrera le principe de la libre administration des collectivités régionales. Les municipalités, les gouvernorats et les six grandes régions du pays seront dotées d’exécutifs élus démocratiquement. Cette réforme de l’Etat sera, à n’en pas douter, un processus long et complexe. Mais il faut la mener à bien. Car c’est le seul moyen pour assurer la participation effective des citoyens dans la vie locale. C’est une exigence démocratique. Et elle nous permettra d’instaurer une nouvelle gouvernance. Nous la réaliserons dans la concertation et le consensus. Les exécutifs locaux auront leur mot à dire en matière d’équipement, d’urbanisme et de développement touristique. Ils auront la responsabilité de la gestion de la santé et de l’éducation, en coordination avec l’Etat, qui gardera le privilège de déterminer le contenu et les grandes orientations des politiques de ces différents domaines (et notamment les programmes scolaires). Ils piloteront la formation professionnelle. Le transfert des compétences aux collectivités territoriales permettra à la fois de rapprocher les administrés des centres de décision et de recentrer l’Etat autour de ses missions essentielles. Ainsi, la décision publique gagnera en rapidité et en légitimité.

La réforme économique : gagner la bataille de l’emploi
Nous devons gagner la bataille de l’emploi. Ce sera notre grand combat. Le pendant et le prolongement du « jihad » contre le sous-développement, initié en son temps par Habib Bourguiba. Car l’urgence n’est pas seulement politique. Elle est économique et sociale. Nous devons bien mesurer les défis qui nous attendent. Notre pays a perdu beaucoup de temps. Notre pays a besoin de réformes dans à peu près tous les domaines. Les travaux de la Constituante peuvent peut-être durer des années. Mais notre pays, lui, ne peut pas se permettre d’attendre des années. Le rendez-vous du 16 octobre ne se résume donc pas à l’élection d’une Assemblée constituante. De cette Assemblée, doit émerger un gouvernement légitime, efficace, et doté des moyens de gouverner en attendant que la Constituante ait mené à bien sa mission principale, c’est-à-dire l’écriture d’une nouvelle Constitution, de la Constitution de la deuxième république tunisienne. L’élection de la Constituante doit donc aussi permettre de faire émerger un gouvernement légitime, efficace et ambitieux. Ce gouvernement, sans empiéter sur les travaux de la Constituante, s’attèlera à la réalisation des chantiers économiques et sociaux urgents.
De tous ces chantiers, le chantier de l’emploi est sans conteste le plus préoccupant. Car le chômage est un fléau. Il atteint l’individu dans sa dignité. Et il sape les fondements mêmes de notre contrat social. Il a été l’étincelle de la Révolution. Pour que les Tunisiens sentent que quelque chose a vraiment changé le 14 janvier 2011, nous devons trouver une solution à ce problème. Il y a urgence. 700 000 Tunisiens sont aujourd’hui privés d’emploi. Demain, si rien n’est fait, ils seront un million. L’Etat doit se mobiliser et engager un plan d’urgence pour l’emploi, en lançant de grands travaux, qui profiteront en priorité aux régions délaissées de l’intérieur. Mais la vraie solution au problème de l’emploi, c’est l’investissement et la croissance. Mais une croissance différente de celle que nous avons connue jusqu’à présent. Une croissance plus forte et mieux répartie. Une croissance tirée par l’investissement et la consommation des ménages. Notre économie doit monter en gamme. Il faut sortir du schéma de la sous-traitance, qui a montré ses limites, pour adopter un nouveau modèle. Un modèle fondé sur l’innovation, sur les industries et les services à forte valeur ajoutée.
Le problème auquel nous sommes confrontés aujourd’hui recouvre en réalité deux aspects, qu’il faudra traiter simultanément : l’investissement, et l’innovation. Il faut à la fois davantage d’investissement productif et davantage d’innovation.
Le premier aspect du problème réside dans la faiblesse de l’investissement, et ici je parle aussi bien de l’investissement national que de l’investissement étranger. Les deux sont également nécessaires. Les causes du problème sont connues. La mauvaise gouvernance, la détérioration du climat des affaires, et le développement de la corruption ont entrainé ce que les économistes ont appelé une grève de l’investissement. Nos hommes d’affaires ont cessé de développer leurs entreprises, de peur de devenir la proie des rapaces. Et les investisseurs étrangers se sont détournés de notre pays. L’instauration de la démocratie et le retour à un pouvoir légitime, issu des urnes, ainsi que l’amélioration de la situation sécuritaire, devrait nous permettre de créer des conditions plus favorables à l’investissement. Car l’investissement se nourrit de la confiance. Mais il nous faut aussi adapter le cadre législatif et réglementaire et réformer notre fiscalité, afin de la rendre plus incitative. En économie de marché, ce sont les entreprises et les entrepreneurs qui créent de la valeur. Le taux de l’impôt sur les sociétés sera allégé, pour encourager les entreprises à investir davantage et à créer de l’emploi. Le taux normal, de 30%, sera ramené à 20%, le taux de 35%, applicable aux sociétés financières, pétrolières et de télécommunications sera ramené à 30%. Les bénéfices provenant de l’exportation, qui bénéficiaient d’un régime de déduction totale, seront soumis à l’IS à un taux de 10%. Les dividendes seront imposés, afin d’encourager, là encore, les entreprises à réinvestir.
L’investissement est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Car il faut que cet investissement se dirige vers les secteurs les plus porteurs, qui génèrent le plus de valeur ajoutée. Ici, nous touchons au deuxième aspect du problème que j’avais souligné tout à l’heure : l’innovation. Nous devons mettre en place de nouveaux mécanismes de financement et d’appui à l’innovation. Là encore, la fiscalité est un levier dont nous aurions tort de nous priver. Un dégrèvement fiscal sera octroyé aux revenus et bénéfices réinvestis dans les secteurs des technologies innovantes et à forte valeur ajoutée.
L’innovation et la valeur ajoutée seront placées au cœur de la nouvelle stratégie industrielle de la Tunisie. Nos produits sur les marchés internationaux doivent se différencier grâce à l’accroissement de la compétitivité de nos activités et à la diffusion de la culture de l’innovation. Notre pays, depuis l’indépendance, a fait le pari de l’intelligence, en développant l’éducation. Ce pari doit trouver un prolongement dans la sphère de l’économie. Nous devons mieux exploiter nos atouts, la richesse de notre capital humain. Mettre notre créativité au service de la croissance. Il faut décloisonner les mondes de la recherche et de l’industrie, développer les synergies à travers les technopoles. Appuyer, plus encore que nous le faisons, le secteur des technologies de l’information et la communication, les TIC, qui est un des secteurs les plus dynamiques et les plus innovants de l’économie tunisienne. Sa part dans le Pib s’élève déjà à 10 %. Elle a quadruplé en huit ans. Les TIC génèrent des activités à forte valeur ajoutée et représentent un gisement d’emplois considérable pour les diplômés du supérieur. Leur potentiel de croissance est considérable.


Le tourisme : un atout pour le Sahel et pour la Tunisie
Nous devons enfin renforcer, diversifier et valoriser la vocation touristique de la Tunisie. Nous possédons un savoir-faire éprouvé, depuis des décennies. Le secteur du tourisme est stratégique et vital, à la fois pour l’économie de Monastir, pour la région du Sahel, et pour le pays dans son ensemble. Il traverse une passe difficile. Nous devons l’aider à faire face. Et préserver l’emploi. Nous déploierons un certain nombre de mesures d’urgence. Les créances dues par les unités hôtelières aux principaux services et organismes publics (STEG, SONEDE) seront rééchelonnées, afin d’aider les professionnels à passer le cap de la saison 2011. L’Etat prendra à sa charge le paiement du reliquat des cotisations sociales dues à la CNSS pour l’année en cours. Des facilités bancaires pourront être accordées aux unités les plus en difficulté. Mais il ne faut pas se voiler la face. Notre tourisme a besoin d’une restructuration profonde. Et d’une recapitalisation. Nos infrastructures doivent être rénovées, mises aux normes, adaptées aux nouvelles demandes de la clientèle internationale. Nos produits et nos circuits doivent être mieux commercialisés. Et bénéficier d’une promotion adéquate. Il faut cesser de brader la destination Tunisie.
Nous nous engageons à faire entrer en vigueur rapidement l’accord d’Open-Sky. Car l’ouverture à la concurrence du transport aérien permettra à la fois de réduire la dépendance des hôteliers envers les tour-operators, de développer le tourisme individuel, qui génère une plus forte valeur-ajoutée que les voyages groupés, et d’accroître la fréquence des courts-séjours tout au long de l’année.
Le tourisme doit diversifier sa gamme, explorer de nouvelles niches, s’ouvrir aux régions. Car une grande partie de notre patrimoine culturel et archéologique n’est pas suffisamment exploité. Nous devons faire preuve d’imagination, développer les synergies, développer les formules de partenariat public/privé. Dans le cadre de la décentralisation, des Conseils régionaux du tourisme (CRT) seront institués. Dotés de l’autonomie budgétaire et décisionnaire, ils assureront la mise en valeur des patrimoines des régions et participeront au renforcement de leur attractivité. Ils contribueront au développement des réseaux de transport interrégionaux, afin d’aider au désenclavement des territoires.

Défendre le pouvoir d’achat des Tunisiens
La Tunisie, disais-je, a fait le choix de l’économie de marché, mais une économie de marché régulée, tempérée par la solidarité. Efficacité et équité doivent aller de pair si nous voulons que la société de demain soit une société plus forte et plus juste. Les fruits de la croissance devront être répartis de façon plus équitable et plus régulière. L’érosion du pouvoir d’achat est une réalité vécue douloureusement par l’ensemble de la population. Les salaires ont stagné, les pensions ont rétréci et les prestations sociales ne compensent plus les aléas de la vie. Le pouvoir d’achat des Tunisiens doit être garanti et renforcé. La revalorisation du SMIG va donc se poursuivre, et nous envisageons de l’augmenter de 8 % en 2012. D’une manière plus générale, les salaires seront révisés régulièrement, pour tenir compte à la fois de l’inflation et de l’évolution de la productivité du travail. Tout se fera, bien sûr, en concertation avec les partenaires sociaux. Le montant des allocations familiales pour enfant à charge, qui n’a plus été revalorisé depuis 1981, sera doublé. Le barème de l’impôt sur le revenu, qui n’a pas été modifié depuis 1990, sera actualisé, afin de tenir compte, là aussi, de l’inflation et de l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen. La déduction accordée aux revenus égaux ou inférieurs au SMIG sera portée à 3000 dinars, contre 2500 actuellement. La déduction accordée au chef de famille passera à 300 dinars. La déduction pour enfants à charge sera portée à 100 dinars par enfant, dans la limite du quatrième enfant…


Etre au rendez-vous de l’Histoire.
Mes chers compatriotes. Le destin de la Tunisie se joue maintenant. Nous vivons un moment exaltant, même si le chemin reste semé d’embûches. Le vent de liberté, parti de notre beau pays, est en train de déferler sur le monde arabe dans son ensemble. La Tunisie a retrouvé sa place à l’avant-garde des Nations. Elle a été l’invitée du sommet du G8, à Deauville, en France. Le sens civique, le sens du sacrifice et l’enthousiasme ont permis à la génération de l’indépendance de réussir ce qui nous apparaît, rétrospectivement, comme un miracle : bâtir un Etat et une société modernes. Ce que la génération de l’indépendance a su réussir, la génération de la Révolution du 14 janvier peut l’accomplir aussi. Nous devons être à la hauteur de nos responsabilités. Nous rassembler autour d’un idéal, autour de l’idéal national, afin de bâtir une société plus libre et plus juste. La Tunisie peut se relever et devenir la première démocratie arabe. Soyons au rendez-vous de l’Histoire !
Je vous remercie.


Commentaires


17 de 17 commentaires pour l'article 31360

Démocracie  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 17h 25m |           
Chebbi dit des vérités historiques, dispose d'un programme, il tient des propos démocratiques. il a la carrure d'un chef de file intellectuellement et physiquement. il est représentatif et a de l'envergure.comme bourguiba (paix à son âme) il a aussi ses défauts, comme tout le monde d’ailleurs.

Hassen Abbassi  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 15h 08m |           
ÇÞæá áãä ÇÑÇÏ ÇáÇÓÊãÇÚ Çáí Çæ ÇÕãø ÇÐäíå ÝÇáÍÒÈ ÇáÏíãÞÑÇØí ÇáÊÞÏãí åæ ÇáÍÒÈ ÇáÇæÖÍ æÇáÐí íßÊÓÈ ÑÄíÉ æÈÑäÇãÌ ãÓÊÞÈáí ãä Ïæä ÈÞíÉ ÇáÇÍÒÇÈ æåæ ÇáÐí ßÇä íäÇÙá åäÇ Ýí ÊæäÓ ãíÏÇäíÇ ÖÏ Èä Úáí æÇÒáÇãå íæã ßÇä ÇáÂÎÑæä Ýí ÝäÇÏÞ ÇáÎãÓÉ äÌæã Ýí áäÏä æÈÇÑíÓ æÛíÑåãÇ ãä ÇáÚæÇÕã íØáæä ÚáíäÇ ãä ÇáÝÖÇÆíÇÊ æíÊÞÇÖæä ÇÌÑÇ Úáì Ðáß.. Çäå ÇáãÑÔÍ ÇáæÍíÏ æÇáßÝÁ áÝíÇÏÉ ÊæäÓ ÇáãÓÊÞÈá ÇãÇ ÇáÍÑßÇÊ ÐÇÊ ÇáØÇÈÚ ÇáÏíäí æÇáÊí ÊÓÊÛá ÇáãäÇÈÑ ÝÚáíåÇ Çä ÊÞæÏ ÇáãÓÇÌÏ æÊåÊã ÈÔÄæä
ÇáãÕøáíä ÚæÖÇ Úä ÇáÈáÇÏ æÇáÓíÇÓÉ..ÝßáäÇ ãÓáãæä æáßä áÇ äÎáØ ÇáÏíä ÈÇáÓíÇÓÉ áÓäÇ Ýí ÚåÏ ÇáÝÊæÍÇÊ Çæ ÇáÛÒæÇÊ.

Patriotique  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 14h 53m |           
Belle comédie électorale, qui se résume par l'éloge fait à bourguiba car le meeting se déroule à monastir, sa grande obsession au poste de président à travers son choix du futur système politique, beaucoup de promesses sociales mais se qui sera donné par la mains droites sera soustrait par la mains gauche, il n'a pas abordé beaucoup de sujet sensible et très importants tel que la sécurité, la presse, l’éducation et... qui sont je le crois bien
avec le chromage et la justice les vrais maux de notre société.

Hédi  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 14h 31m |           
Il a la carrure d'un homme d'état.

P'tit lou  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 14h 27m |           
Mahmoud ghezléni, un des leaders du pdp et secrétaire général à sidi bouzid, démissionne du pdp, hier dimanche 29 mai 2011, et affirme que le pdp est devenu le nouveau rcd, détenu notamment par la famille de néjib échébi. selon la même source, mayya jribi n'est qu'une image, elle n'a aucun pouvoir au sein du parti

article intéressant à lire : http://www.alquds.co.uk/scripts/print.asp?fname=data\2011\05\05-29\29qpt971.htm

IM HERE  (United Kingdom)  |Lundi 30 Mai 2011 à 14h 26m |           
Je crois je vais votez pour echebi , aala liklila fil ham telka matekhtar

Tounsi  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 13h 39m |           
Alors mettez le très beau rached ganouchi a sa place et vous serez heureux

Zed  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 13h 32m |           
Je pense que c'est mieux que le mollah ghanouchi. ça c'est certain.

Hedi  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 13h 13m |           
Chebbi n'est pas un opportuniste!il ne faut pas lui en vouloir le pauvre.il est rongé par le virus du pouvoir. malheureusement pour ce pays des types pareils sont
en surnombre.donc peu d'espoir que les chses vont s'ameliorer!

Blabzy  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 12h 48m |           
Bravo babnet

Loulou  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 59m |           
Ya néjib, peut être que si tu changeais l'équipe qui t'entoure je dis encore peut etre, que cela pourra aller, mais avec l'équipe que tu as autour de toi, on ne peut pas te donner confiance, car toute ton équipe veut devenir des ministres..................

Nabbara  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 34m |           
Pour l'instant vous etes dans la situation dont vous revez pas de président du tout
inchallah vous le resterz et un jour vous embrasserz les pieds de n'importe qui pour présider votre foutu pays

Chebi degage  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 30m |           
Chebi degage

Pdpiste  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 29m |           
Des caméléons ,des charmeurs,des prestidigitateurs de première catégorie...à monastir,ils font l'éloge de bourguiba...au sud ,celui de salah ben youssef et ainsi de suite...peu importe la cohérence du discours pourvu que ça rapporte...même stratégie chez tous

MAJDI  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 27m |           
Lui et mustpha ben jaafer les seuls hommes politiques qui reflechissent pour le bien de la tunisie avec sagesse

Wilid touniss  (Germany)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 16m |           
je pense qu'il va vraiment être un bon président de..... la municipalité de sijoumi je voterai surement pour lui dans les prochaine élection municipale !!

P'tit lou  (Tunisia)  |Lundi 30 Mai 2011 à 11h 08m |           
Toz