Un festival du cinéma met l'accent sur le dialogue interculturel



Alors qu'ont débuté les 17èmes Journées du cinéma européen en Tunisie, les réalisateurs du Maghreb et d'Europe présentent leurs oeuvres et échangent des idées, des expériences et des points de vue pour tenter de promouvoir les partenariats cinématographiques entre les deux régions.

"Nous voulons que ces journées soient un lien vivant entre l'Europe et le Maghreb arabe", a déclaré le représentant de la Commission européenne à Tunis, Adrianus Koetsenruijter.


Il a souligné lors de la cérémonie d'ouverture du 23 novembre que ce festival a pour but de renforcer les échanges entre l'Europe et les rivages de la Méditerranée, ajoutant que la participation des pays du Maghreb donnent à cette édition une allure euro-maghrébine.

Ce festival, qui se poursuivra jusqu'au 12 décembre dans huit villes de Tunisie, a ouvert sur la projection du film ''Les barons'', du réalisateur belge Nabil Ben Yadir. Cette oeuvre évoque les difficultés des jeunes Marocains vivant en Europe, pris dans un conflit entre leurs ambitions et les buts de leurs parents.

Les pays participants sont la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique, l'Espagne, le Portugal, l'Allemagne, la Finlande, la Grèce, la Pologne, Malte, la Hongrie, le Royaume-Uni, la République tchèque, la Bulgarie, la Mauritanie, la Libye, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie.

Ces journées proposent 35 films, notamment "Viva Laldjérie" de Nadhir Moukhnachi, "Moussem Lmchawcha" ("Histoire d'un combattant") du Marocain Mohamed Ayad Bensouda, "Bamako" du Mauritanien Abderrahmane Sissako, et "Tahiya Al-Qissma" ("Vive la division") de la réalisatrice libyenne Salah Qouidri.

La Tunisie présente trois films, dont "Fin Décembre" de Moez Kamoun, et neuf courts-métrages.

Le Haut-Conseiller auprès de la Délégation de l'UE en Tunisie, Dirk Buda, a pour sa part affirmé que des rencontres cinématographiques comme celle-ci peuvent être l'occasion d'appuyer les partenariats entre les cinémas européen et du Maghreb, de manière à ce qu'ils deviennent une passerelle de communication et une voie de coopération et d'ouverture.

De nombreux participants ont salué l'idée d'une intégration entre le cinéma européen et maghrébin, et exprimé leur espoir de voir ces journées déboucher sur des partenariats culturels et artistiques entre l'Union européenne et le Maghreb.

Le producteur tunisien Lotfi Ayouni a souligné que de tels festivals peuvent également être une occasion d'évaluer les progrès de la cinématographie au Maghreb et de renforcer la coopération bilatérale.


Il a également expliqué que ce festival du cinéma est une stratégie commerciale, qui vise à présenter le cinéma et la culture européens au public par le biais du grand écran.

Selon Sidi Mohamed Ould Sidi Taleb, un Mauritanien étudiant en Tunisie, les réalisateurs du Maghreb devraient exploiter leurs points communs avec les pays européens pour bénéficier de leurs expériences. Il a ajouté que le cinéma européen avait la préséance historique sur son homologue maghrébin et les moyens financiers et autres pouvant contribuer à améliorer le niveau des réalisateurs du Maghreb.

Pour les jeunes producteurs et réalisateurs, ces Journées du cinéma européen sont une occasion unique de présenter leurs oeuvres et d'atteindre le grand public.

"C'est une occasion pour moi de présenter mes productions et de connaître les productions des autres, de tisser des relations avec d'autres réalisateurs et de me rapprocher du public", a expliqué le jeune réalisateur Majdi Akhdhar.
Monia Ghanmi (Magharebia)

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