Autrefois, les Tunisiens critiquaient ouvertement les parents qui préféraient placer leurs enfants dans des crèches coûteuses plutôt que chez une grand-mère aimante.
Mais ces jours-là sont révolus. Et en raison de l'augmentation de la présence des femmes dans les milieux professionnels, on enregistre un nombre toujours croissant de crèches et de garderies, et un nombre également toujours plus élevé d'enfants dans chaque classe.
"La crèche est un mal nécessaire", explique Saoussen Boukeri à Magharebia. "Je travaille, ainsi que mon mari, et je n'ai pas d'autre solution", confie-t-elle.
"Ma mère est morte, je suis donc obligée de le faire, malgré les prix élevés", ajoute-t-elle. De nombreux parents de jeunes enfants se retrouvent dans la même situation que Boukeri. Pour eux, la tradition de la garde au domicile fait dorénavant partie de l'histoire ancienne.
Les chiffres viennent confirmer cette estimation générale. Selon le Ministère des Femmes et de l'Enfance, ce sont près de 142 000 enfants qui ont fréquenté plus de 3 500 crèches en 2009. Pour les 3 750 tout-petits de moins de trois ans placés dans des garderies par leurs parents au travail, la Tunisie offre 200 crèches.
Et la situation se complique. Quiconque passe à proximité de l'une de ces crèches ne peut manquer de remarquer les files de parents qui viennent déposer ou rechercher leurs enfants.
Pour des milliers de Tunisiens, le matin commence par un aller à la crèche ou à la maternelle. Mais s'il est difficile pour les parents de combiner travail et transport des enfants en garderie, les choses sont encore bien plus complexes pour ceux qui entament les recherches.

La démarche exige de gros efforts. Les parents veulent s'assurer que leurs enfants sont en sécurité, et ils recherchent donc une maternelle ou une crèche qui offre une bonne éducation et une parfaite hygiène. Cela est difficile, au vu de la multiplicité des options de garderie et de l'incapacité du Ministère des Femmes et de l'Enfance à les contrôler toutes, dans chaque ville, à longueur de journée.
Etant donné que la responsabilité "relève de la famille pour effectuer le meilleur choix pour ses enfants", souligne Boukeri, cette mère au travail, les parents ont besoin de temps et de réfléchir longuement chez eux avant de se décider.
Un mauvais choix peut être catastrophique, et les parents s'inquiètent de ce qui advient lorsqu'ils laissent leurs enfants entre les mains d'étrangers.
La surpopulation peut faire perdre sa licence à une crèche privée ou une maternelle.
"La plupart des maternelles ne disposent pas d'enseignants qualifiés connaissant le monde des enfants et leurs besoins", explique Amel Souaueh à Magharebia. Malgré ses réserves, elle a inscrit son fils dans une maternelle privée.
Pour sa part, le Gouvernement fait tout ce qu'il peut pour assurer la surveillance de ces centres.
"Certains critères de base doivent être respectés et ne peuvent être ignorés", déclare Hedi Riehi, inspecteur au Ministère des Femmes et de l'Enfance. "Dès le départ, à l'ouverture d'une maternelle, un contrôle est effectué dans un délai de dix à quinze jours, et si elle ne répond pas aux critères, nous ne lui délivrons pas l'autorisation de poursuivre", explique-t-il à Magharebia.
"Si nous découvrons des situations susceptibles de causer du tort aux enfants, nous prenons une décision de fermeture immédiate", ajoute-t-il.
Quant à la loi régissant le secteur, il explique que "il existe des termes et des conditions spécifiques pour les maternelles, qui contiennent toutes les exigences nécessaires à l'ouverture".
"Par exemple, on doit compter 25 mètres pour chaque salle, pour permettre aux enfants de se livrer à leurs activités et de se déplacer librement, il faut un espace extérieur équipé et une pédagogie centrée sur les besoins mentaux et sociaux des enfants", explique cet inspecteur.
L'ensemble des crèches et des maternelles respectent-elles ces critères ? Il est difficile de s'en assurer totalement.
Mahmoud Ben Ezzedine, un fonctionnaire, assure qu'une hygiène adéquate est garantie à tous les enfants fréquentant des classes maternelles.
"Mais dans l'intérieur du pays", souligne-t-il, "les inspections sont quasi-inexistantes."
Outre la difficulté de trouver une bonne place pour leurs enfants, les Tunisiens sont gênés par les prix élevés. Certaines installations privées prennent jusqu'à 400 dinars par mois.
Mais comme le dit Amel Djeridi : "On ne peut pas y faire grand-chose".
Les parents sont rassurés par l'inclusion de services de santé dans les crèches privées.
"Les prix varient d'une maternelle à l'autre parce que les équipements, le suivi sanitaire et les qualifications des personnels sont différents selon les endroits", explique Raoda Guall à Magharebia.
"Certaines maternelles ont des jouets et des enseignants compétents, d'autres n'ont rien et se contentent de garder les enfants", ajoute-t-elle.
Elle a choisi la solution traditionnelle.
"Chaque matin avant de partir au travail, j'emmène mon fils chez ma mère. C'est la meilleure solution, y compris financièrement", explique-t-elle.
Mais cette solution n'est plus la norme. Les familles sont souvent incapables à la fois de s'occuper de leurs enfants et de travailler à l'extérieur de la maison. Et comme les mères travaillent et que les familles se sont déplacées, le rôle d'éducatrice et de gardienne de la grand-mère s'est progressivement estompé.
"Jadis, la famille habitait presque sous le même toit", raconte Zina Ben Mabrouk, 65 ans, à Magharebia. '"Vous pouviez trouver les enfants et les grand-parents dans la même maison. Cela permettait facilement aux grand-mères d'assurer l'éducation des enfants. Presque toutes les anciennes générations ont été élevées par les grand-mères."
"Mais aujourd'hui, la nouvelle génération cherche son indépendance et ne souhaite plus vivre avec la famille", ajoute-t-elle. Selon le professeur Saida Sassi, l'essor des garderies pour enfants a des aspects positifs et négatifs.
"Autrefois, la grand-mère accordait à l'enfant beaucoup de compassion et d'amour. De même, les grand-mères développaient l'imagination des enfants et leur transmettaient les coutumes et les traditions", explique-t-elle.
Le professeur d'une classe de maternelle ne peut assurer le même niveau d'attention à 30 ou 40 élèves, reconnaît-elle. "Mais la maternelle est également en mesure de fournir aux enfants des programmes variés, allant du sport à la lecture."
En conséquence, conclut Sassi, "le niveau des enfants d'aujourd'hui est plus avancé qu'il ne l'était dans le passé".
Mais ces jours-là sont révolus. Et en raison de l'augmentation de la présence des femmes dans les milieux professionnels, on enregistre un nombre toujours croissant de crèches et de garderies, et un nombre également toujours plus élevé d'enfants dans chaque classe.
"La crèche est un mal nécessaire", explique Saoussen Boukeri à Magharebia. "Je travaille, ainsi que mon mari, et je n'ai pas d'autre solution", confie-t-elle.
"Ma mère est morte, je suis donc obligée de le faire, malgré les prix élevés", ajoute-t-elle. De nombreux parents de jeunes enfants se retrouvent dans la même situation que Boukeri. Pour eux, la tradition de la garde au domicile fait dorénavant partie de l'histoire ancienne.
Les chiffres viennent confirmer cette estimation générale. Selon le Ministère des Femmes et de l'Enfance, ce sont près de 142 000 enfants qui ont fréquenté plus de 3 500 crèches en 2009. Pour les 3 750 tout-petits de moins de trois ans placés dans des garderies par leurs parents au travail, la Tunisie offre 200 crèches.
Et la situation se complique. Quiconque passe à proximité de l'une de ces crèches ne peut manquer de remarquer les files de parents qui viennent déposer ou rechercher leurs enfants.
Pour des milliers de Tunisiens, le matin commence par un aller à la crèche ou à la maternelle. Mais s'il est difficile pour les parents de combiner travail et transport des enfants en garderie, les choses sont encore bien plus complexes pour ceux qui entament les recherches.

La démarche exige de gros efforts. Les parents veulent s'assurer que leurs enfants sont en sécurité, et ils recherchent donc une maternelle ou une crèche qui offre une bonne éducation et une parfaite hygiène. Cela est difficile, au vu de la multiplicité des options de garderie et de l'incapacité du Ministère des Femmes et de l'Enfance à les contrôler toutes, dans chaque ville, à longueur de journée.
Etant donné que la responsabilité "relève de la famille pour effectuer le meilleur choix pour ses enfants", souligne Boukeri, cette mère au travail, les parents ont besoin de temps et de réfléchir longuement chez eux avant de se décider.
Un mauvais choix peut être catastrophique, et les parents s'inquiètent de ce qui advient lorsqu'ils laissent leurs enfants entre les mains d'étrangers.
La surpopulation peut faire perdre sa licence à une crèche privée ou une maternelle.
"La plupart des maternelles ne disposent pas d'enseignants qualifiés connaissant le monde des enfants et leurs besoins", explique Amel Souaueh à Magharebia. Malgré ses réserves, elle a inscrit son fils dans une maternelle privée.
Pour sa part, le Gouvernement fait tout ce qu'il peut pour assurer la surveillance de ces centres.
"Certains critères de base doivent être respectés et ne peuvent être ignorés", déclare Hedi Riehi, inspecteur au Ministère des Femmes et de l'Enfance. "Dès le départ, à l'ouverture d'une maternelle, un contrôle est effectué dans un délai de dix à quinze jours, et si elle ne répond pas aux critères, nous ne lui délivrons pas l'autorisation de poursuivre", explique-t-il à Magharebia.
"Si nous découvrons des situations susceptibles de causer du tort aux enfants, nous prenons une décision de fermeture immédiate", ajoute-t-il.
Quant à la loi régissant le secteur, il explique que "il existe des termes et des conditions spécifiques pour les maternelles, qui contiennent toutes les exigences nécessaires à l'ouverture".
"Par exemple, on doit compter 25 mètres pour chaque salle, pour permettre aux enfants de se livrer à leurs activités et de se déplacer librement, il faut un espace extérieur équipé et une pédagogie centrée sur les besoins mentaux et sociaux des enfants", explique cet inspecteur.
L'ensemble des crèches et des maternelles respectent-elles ces critères ? Il est difficile de s'en assurer totalement.
Mahmoud Ben Ezzedine, un fonctionnaire, assure qu'une hygiène adéquate est garantie à tous les enfants fréquentant des classes maternelles.
"Mais dans l'intérieur du pays", souligne-t-il, "les inspections sont quasi-inexistantes."
Outre la difficulté de trouver une bonne place pour leurs enfants, les Tunisiens sont gênés par les prix élevés. Certaines installations privées prennent jusqu'à 400 dinars par mois.
Mais comme le dit Amel Djeridi : "On ne peut pas y faire grand-chose".
Les parents sont rassurés par l'inclusion de services de santé dans les crèches privées.
"Les prix varient d'une maternelle à l'autre parce que les équipements, le suivi sanitaire et les qualifications des personnels sont différents selon les endroits", explique Raoda Guall à Magharebia.
"Certaines maternelles ont des jouets et des enseignants compétents, d'autres n'ont rien et se contentent de garder les enfants", ajoute-t-elle.
Elle a choisi la solution traditionnelle.
"Chaque matin avant de partir au travail, j'emmène mon fils chez ma mère. C'est la meilleure solution, y compris financièrement", explique-t-elle.
Mais cette solution n'est plus la norme. Les familles sont souvent incapables à la fois de s'occuper de leurs enfants et de travailler à l'extérieur de la maison. Et comme les mères travaillent et que les familles se sont déplacées, le rôle d'éducatrice et de gardienne de la grand-mère s'est progressivement estompé.
"Jadis, la famille habitait presque sous le même toit", raconte Zina Ben Mabrouk, 65 ans, à Magharebia. '"Vous pouviez trouver les enfants et les grand-parents dans la même maison. Cela permettait facilement aux grand-mères d'assurer l'éducation des enfants. Presque toutes les anciennes générations ont été élevées par les grand-mères."
"Mais aujourd'hui, la nouvelle génération cherche son indépendance et ne souhaite plus vivre avec la famille", ajoute-t-elle. Selon le professeur Saida Sassi, l'essor des garderies pour enfants a des aspects positifs et négatifs.
"Autrefois, la grand-mère accordait à l'enfant beaucoup de compassion et d'amour. De même, les grand-mères développaient l'imagination des enfants et leur transmettaient les coutumes et les traditions", explique-t-elle.
Le professeur d'une classe de maternelle ne peut assurer le même niveau d'attention à 30 ou 40 élèves, reconnaît-elle. "Mais la maternelle est également en mesure de fournir aux enfants des programmes variés, allant du sport à la lecture."
En conséquence, conclut Sassi, "le niveau des enfants d'aujourd'hui est plus avancé qu'il ne l'était dans le passé".





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