La popularité des grands centres commerciaux oblige les petites entreprises de Tunisie à lutter pour leur survie, car de nombreux clients se tournent vers ces grandes surfaces pour une multitude de raisons.
"J'ai l'habitude d'y acheter tout ce dont j'ai besoin pour le mois", explique Alwa al-Mehri, une cliente fidèle. "Ces centres proposent des produits à bas prix, et distribuent même parfois des produits gratuitement que je ne peux pas trouver chez les épiciers. A cela s'ajoutent les autres services qu'ils offrent, comme des cafés et des restaurants."
Les détaillants alimentaires, notamment ceux situés à proximité de ces centres commerciaux, sont menacés de faillite. La tendance se retrouve dans toutes les villes de Tunisie, bouleversant totalement leur vie.
Othman al-Mehrisi, vendeur près de l'un de ces centres, dit à Magharebia avoir perdu ses clients fidèles qui préfèrent désormais faire leurs achats dans le centre ; cela a entraîné une chute de ses revenus qui l'a obligé à se séparer de la personne qu'il employait. Il ajoute qu'il réfléchit aujourd'hui à de nouveaux moyens de relancer son commerce et de conserver quelques clients, comme la vente à crédit.
Selon lui, le problème tient au mauvais emplacement de ces centres commerciaux et à l'implantation arbitraire de nombre d'entre eux, qui parient sur leur énorme capital pour devenir une source de confiance pour de nombreux consommateurs.
Même les épiciers se tournent vers ces supermarchés. Shadlia al-Kuki est l'une d'entre eux. Elle évite désormais d'acheter ses produits auprès des grossistes, parce qu'ils imposent parfois des conditions injustes, comme les ventes conditionnelles à des prix élevés. Elle se rend dans les centres commerciaux du fait des faibles prix qu'ils proposent et de la liberté de choix, ce qui lui permet en fin de compte de réaliser de bonnes marges de profits lorsqu'elle revend ces produits.
Pour sa part, Abdullah al-Imam, le président de la Chambre du commerce alimentaire au détail, explique à Magharebia que le secteur des détaillants connaît une grave crise depuis l'apparition de ces grands centres commerciaux, dont certains ne respectent pas la loi qui les oblige pourtant à s'implanter en-dehors des zones urbaines.
Il ajoute que la loi n'a pas été appliquée, ce qui a permis à de nombreux hommes d'affaires d'ouvrir des centres commerciaux au coeur même des villes tunisiennes et d'investir dans ce secteur sans prêter attention aux petits commerçants qui pourraient en être affectés.
Le commerce de la distribution est régi par une loi adoptée en août 2008. Elle stipule que les producteurs ne peuvent vendre directement aux consommateurs, et que les grossistes doivent être approvisionnés par les producteurs et vendre uniquement aux commerçants-détaillants. Cette loi interdit également aux sociétés de vente en gros de vendre directement aux consommateurs. Quant aux détaillants, ils peuvent obtenir leurs marchandises soit auprès des producteurs, soit des grossistes pour les revendre ensuite aux consommateurs.
L'afflux de détaillants venant acheter leurs produits dans les grands centres commerciaux affecte le secteur de la vente en gros, parce que les producteurs ne leur accordent pas les mêmes conditions avantageuses que celles qu'ils consentent à des centres commerciaux disposant d'un pouvoir d'achat bien supérieur.
Habib al-Mayel, le président de l'Union nationale du commerce de gros, a confirmé que les producteurs ne traitent pas avec eux comme ils le font avec les grands magasins, car ces derniers achètent de grandes quantités de produits pour lesquelles ils bénéficient de quantités exemptes de taxes, ce qui les autorise à proposer des remises sur le prix d'origine des produits. Les détaillants préfèrent donc ces centres commerciaux et cessent de traiter avec les grossistes dont les prix sont plus élevés, dans la mesure où ils ne bénéficient pas des privilèges consentis par les producteurs.
Il estime que la solution réside dans la mise en place d'un cadre légal et réglementaire permettant de mieux organiser les canaux de distribution, afin que les grands centres commerciaux ne deviennent pas des concurrents des sociétés de vente en gros.
Mais jusqu'à ce qu'une telle loi soit adoptée, les grands centres commerciaux resteront les grands vainqueurs sur le marché tunisien, après avoir gagné la confiance à la fois des consommateurs et des détaillants.
"J'ai l'habitude d'y acheter tout ce dont j'ai besoin pour le mois", explique Alwa al-Mehri, une cliente fidèle. "Ces centres proposent des produits à bas prix, et distribuent même parfois des produits gratuitement que je ne peux pas trouver chez les épiciers. A cela s'ajoutent les autres services qu'ils offrent, comme des cafés et des restaurants."
Les détaillants alimentaires, notamment ceux situés à proximité de ces centres commerciaux, sont menacés de faillite. La tendance se retrouve dans toutes les villes de Tunisie, bouleversant totalement leur vie.
Othman al-Mehrisi, vendeur près de l'un de ces centres, dit à Magharebia avoir perdu ses clients fidèles qui préfèrent désormais faire leurs achats dans le centre ; cela a entraîné une chute de ses revenus qui l'a obligé à se séparer de la personne qu'il employait. Il ajoute qu'il réfléchit aujourd'hui à de nouveaux moyens de relancer son commerce et de conserver quelques clients, comme la vente à crédit.
Selon lui, le problème tient au mauvais emplacement de ces centres commerciaux et à l'implantation arbitraire de nombre d'entre eux, qui parient sur leur énorme capital pour devenir une source de confiance pour de nombreux consommateurs.
Même les épiciers se tournent vers ces supermarchés. Shadlia al-Kuki est l'une d'entre eux. Elle évite désormais d'acheter ses produits auprès des grossistes, parce qu'ils imposent parfois des conditions injustes, comme les ventes conditionnelles à des prix élevés. Elle se rend dans les centres commerciaux du fait des faibles prix qu'ils proposent et de la liberté de choix, ce qui lui permet en fin de compte de réaliser de bonnes marges de profits lorsqu'elle revend ces produits.
Pour sa part, Abdullah al-Imam, le président de la Chambre du commerce alimentaire au détail, explique à Magharebia que le secteur des détaillants connaît une grave crise depuis l'apparition de ces grands centres commerciaux, dont certains ne respectent pas la loi qui les oblige pourtant à s'implanter en-dehors des zones urbaines.
Il ajoute que la loi n'a pas été appliquée, ce qui a permis à de nombreux hommes d'affaires d'ouvrir des centres commerciaux au coeur même des villes tunisiennes et d'investir dans ce secteur sans prêter attention aux petits commerçants qui pourraient en être affectés.
Le commerce de la distribution est régi par une loi adoptée en août 2008. Elle stipule que les producteurs ne peuvent vendre directement aux consommateurs, et que les grossistes doivent être approvisionnés par les producteurs et vendre uniquement aux commerçants-détaillants. Cette loi interdit également aux sociétés de vente en gros de vendre directement aux consommateurs. Quant aux détaillants, ils peuvent obtenir leurs marchandises soit auprès des producteurs, soit des grossistes pour les revendre ensuite aux consommateurs.
L'afflux de détaillants venant acheter leurs produits dans les grands centres commerciaux affecte le secteur de la vente en gros, parce que les producteurs ne leur accordent pas les mêmes conditions avantageuses que celles qu'ils consentent à des centres commerciaux disposant d'un pouvoir d'achat bien supérieur.
Habib al-Mayel, le président de l'Union nationale du commerce de gros, a confirmé que les producteurs ne traitent pas avec eux comme ils le font avec les grands magasins, car ces derniers achètent de grandes quantités de produits pour lesquelles ils bénéficient de quantités exemptes de taxes, ce qui les autorise à proposer des remises sur le prix d'origine des produits. Les détaillants préfèrent donc ces centres commerciaux et cessent de traiter avec les grossistes dont les prix sont plus élevés, dans la mesure où ils ne bénéficient pas des privilèges consentis par les producteurs.
Il estime que la solution réside dans la mise en place d'un cadre légal et réglementaire permettant de mieux organiser les canaux de distribution, afin que les grands centres commerciaux ne deviennent pas des concurrents des sociétés de vente en gros.
Mais jusqu'à ce qu'une telle loi soit adoptée, les grands centres commerciaux resteront les grands vainqueurs sur le marché tunisien, après avoir gagné la confiance à la fois des consommateurs et des détaillants.
Monia Ghanmi (Magharebia)

photo babnet






Chiyoukh Trab - قلبي ليك ميال
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