Des ONG tunisiennes veulent encourager les entreprises dirigées par des femmes



Une attention spéciale doit être portée aux zones rurales si l'on souhaite responsabiliser les femmes et accentuer le développement économique, a conclu le Centre des Femmes arabes pour la Formation et la Recherche (Centre for Arab Women Training and Research - CAWTAR), à l'issue de sa réunion, qui s'est achevée le vendredi 19 novembre à Tunis.
Les participants ont indiqué qu'il ne suffisait désormais plus de parler de l'égalité des chances. "La question porte maintenant sur l'égalité de l'accès aux ressources et de leur contrôle", ont-ils indiqué dans un communiqué. Ils ont également demandé qu'une étude approfondie soit menée, pour examiner la faisabilité des secteurs accessibles pour les femmes et mettre à jour les indicateurs liés au développement rural.
La présidente du CAWTAR, Soukeina Bouraoui, dont le centre organisait cette rencontre en coopération avec l'Oxfam et le Gouvernement canadien, a déclaré que le forum avait suivi les recommandations formulées lors d'une conférence à Tunis en juillet dernier.
Des représentants de différents Ministères et d'associations féministes, un groupe d'experts, des professionnels des médias et d'institutions aideront à mettre en oeuvre ce projet.Des ONG tunisiennes veulent encourager les entreprises dirigées par des femmes

Philippe Lotz, représentant de l'Agence allemande de Coopération Technique (GTZ) en Tunisie, a souligné la nécessité de "profiter de toutes les opportunités qui se présentent dans un pays comme la Tunisie, en renforçant les réseaux d'affaires parmi les femmes et en cherchant de nouvelles idées".
Pour sa part, Amel Bouchemaoui, la présidente de la Chambre Nationale tunisienne des Femmes Chefs d'Entreprises, a expliqué que son organisation apportera son soutien à près de 500 entreprises par le biais de 24 bureaux provinciaux.
"Notre Chambre apporte son soutien aux femmes d'affaires qui ont des projets dans l'artisanat, et leur permet d'ouvrir de nouveaux horizons en organisant des rencontres régulières au cours desquelles elles sont averties des principales évolutions dans leurs domaines", expliqué Mme Bouchemaoui.
En juin dernier, une étude menée par la Chambre en association avec le Programme d'amélioration industrielle avait montré que le nombre de femmes entrepreneurs en Tunisie était passé à 18 000, une augmentation très importante par rapport à 1990, où elles étaient moins de 250.
Cette étude avait aussi montré que les entreprises dirigées par des femmes se caractérisaient par un dynamisme particulier et avaient de nombreuses opportunités pour se développer. Les activités des femmes d'affaires se répartissaient entre le secteur agricole (23 pour cent), le secteur industriel (44 pour cent), et le commerce et les services (37 pour cent).
"Nous avons eu affaire à un réel problème dans la collecte de ces données et de ces statistiques. Je ne m'attendais pas à ce les choses aient ainsi évoluées en 2010", a expliqué Sami Zouari, le chercheur qui a conduit cette étude pour le compte de l'Oxfam.
Selon lui, le monde arabe a besoin de créer 100 millions d'emplois au cours des vingt prochaines années.
"Si des solutions adaptées ne sont pas apportées, nous aurons 50 millions de personnes sans emploi dans les dix ans qui viennent", a-t-il expliqué.
En février 2008, une étude publiée par la Banque Mondiale avait confirmé que "les femmes d'affaires dans huit pays arabes, dont l'Arabie Saoudite, avaient engagé plus de femmes que leurs homologues masculins. Elles contribuent effectivement au développement et à la croissance de la région, contrairement à la notion habituellement véhiculée que les femmes arabes ne contribuent pas au développement et qu'elles sont hostiles aux femmes."
La Banque Mondiale a indiqué que cette étude avait porté sur plus de 5 100 entreprises dans huit pays arabes, notamment le Maroc et l'Arabie Saoudite, et montré que "les entreprises dirigées par des femmes - qui représentent 13 pour cent des entreprises concernées par cette enquête - se caractérisent par l'embauche d'un plus grand nombre de femmes. De plus, la main-d'oeuvre dans ces entreprises a augmenté ces dernières années à un rythme plus soutenu que les entreprises dirigées par des hommes."
Photo: Jamel Arfaoui
Jamel Arfaoui ( Magharebia )



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