Les Tunisiens se lancent à la chasse aux emplois par Internet



Les sociétés de recrutement en ligne fleurissent en Tunisie. Si les perspectives de décrocher un emploi en ligne peuvent sembler prometteuses, certains demandeurs d'emploi se demandent néanmoins si ces agences respectent bien le Code du Travail.

"Il y a deux ans, je me suis inscrite sur un site Web et j'ai mis à jour mon CV", a expliqué Bochra Mhathbi, diplômée en finances il y a sept ans. "On m'a contactée pour un entretien avec le patron d'une entreprise. Mais après que ma candidature ait été acceptée, la personne en charge de cette agence m'a demandé de signer un contrat lui donnant le droit de recevoir une partie importante de mon salaire mensuel. C'est une violation de la loi, et j'ai refusé. Mon embauche a été alors résiliée."


Le Code tunisien du Travail requiert des contrats directs entre les employés et leurs employeurs. Mais les agences sur Internet font office de demandeurs "intermédiaires" entre les candidats et les personnels d'embauche. Et en exigeant une partie du salaire des nouveaux employés, certaines de ces agences sont accusées de jouer un rôle de tiers.Les Tunisiens se lancent à la chasse aux emplois par Internet

Fatma Manzli a trouvé un emploi à la Banque africaine de Développement par le biais d'une agence en ligne. Elle confirme que cette agence retient 45 pour cent de son salaire tous les mois. Elle explique que la plupart des agences opérant dans ce domaine agissent de même.

Malgré cela, Manzili estime que ces agences réussissent à proposer des opportunités d'emplois alléchantes, car elles ne traitent qu'avec de grandes organisations connues. "Elles nous apportent un service, et nous devons donc les rétribuer pour qu'elles puissent continuer", conclut-elle.

Pour sa part, Amina Bhira, spécialiste dans le recrutement en ligne, rejette les allégations selon lesquelles les agences sur lnternet déduiraient une partie importante du salaire des employés. Dans un communiqué à Magharebia, elle confirme avoir reçu sa rétribution de la part des entreprises, selon les accords conclus entre les deux parties.

Elle ajoute que ces sociétés opèrent dans le cadre du Ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, qui délivre les licences commerciales et régit leurs activités.

Dans une déclaration à Magharebia, un responsable des médias au Ministère réfute tout lien avec ces agences. Ce porte-parole ajoute que le Ministère ne traite qu'avec des sociétés de recrutement crédibles et dignes de confiance, dans le cadre d'un plan national pour l'emploi à l'étranger, qui lance les professionnels tunisiens sur le marché et les aide à explorer les possibilités à l'étranger.

Il souligne également que le Ministère ne met les demandeurs d'emploi en contact qu'avec les bureaux spécialisés, qui les informent des différents programmes d'embauche et des bonnes manières de trouver du travail, ainsi que des offres disponibles.

Le Ministère demande aux jeunes d'être plus prudents lors de leurs tractations avec ces services en ligne.

Pour sa part, Me Ahmed Gharzoul explique que l'Etat a allégé certaines des restrictions légales envers ces sociétés pour soulager un secteur de la fonction publique surdimensionné, contribuant ainsi à leur prolifération.

Il appelle les parties responsables à surveiller le travail des agences de recrutement sur lnternet, au vu des "nombreuses violations légales" constatées dans leur travail.
Monia Ghanmi (Magharebia)

Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 30447

Rsk  (Canada)  |Jeudi 04 Novembre 2010 à 23h 18m |           
Le probléme ne réside pas dans les sites de recrutement mais pour trouver tous simplement des emplois car nos entrprises créent tres peu de postes et nos hommes d'affaires investissent tres peu

Nabjaf  (France)  |Jeudi 04 Novembre 2010 à 22h 56m |           
Et quels sont les sites de recrutement dignes de confiance ?