Tunisie: Une simulation d'attaque à l'arme chimique organisée à Rades



Des soldats, des équipes de la défense civile, des policiers, des médecins et des spécialistes en reconnaissance, décontamination et désamorçage de bombes ont passé toute la semaine dernière sur un terrain de football en Tunisie.
Le premier exercice de réponse à une catastrophe organisé sur le continent africain par l''Organisation pour l''interdiction des armes chimiques (OIAC) visait à étudier l''impact d''une telle attaque. L''exercice de contre-terrorisme au stade de Rades a passé en revue toutes les phases, de la détection chimique à l''évacuation des blessés.
Les habitants locaux ont joué le rôle de figurants.
Cet exercice de simulation, baptisé ASSISTEX 3, a rassemblé quelque 400 spécialistes venus de la République tchèque, du Danemark, de France, d''Inde, d''Italie, d''Espagne, d''Afrique du Sud, de Suisse, de Tunisie, de Turquie, du Royaume-Uni, une équipe régionale des Caraïbes, et trois équipes sous-régionales venues d''Afrique du Nord, de l''Ouest et de l''Est.

"La Tunisie a accepté et favorisé cet exercice. Cela ne signifie pas que le pays soit menacé par une attaque terroriste à l''arme chimique, mais cet exercice est organisé par anticipation à ce qui pourrait se produire, de manière à ce que l''Etat soit prêt à répondre à une quelconque situation d''urgence", a expliqué Michael Luhan, le directeur médias de l''organisation.Une simulation d''attaque à l''arme chimique organisée sur le terrain de Rades
Interrogé sur le point de savoir si al-Qaida avait les capacités d''acquérir de telles armes, il a ajouté : "Ils cherchent certainement à le faire, parce que ces armes sont faciles à fabriquer et ne demandent pas une technologie très poussée. Mais en vertu de notre engagement pour la paix internationale, nous demandons à tous les pays d''interdire de telles armes de manière à couper la voie à ces organisations terroristes et à les empêcher d''entrer en leur possession."
"Nous disposons d''équipements spéciaux pour de telles opérations. Tout d''abord, nous identifions la substance chimique, puis évacuons les blessés de la zone et supprimons la pollution. Ensuite, nous transportons les blessés vers un second service de sécurité", a expliqué le brigadier Chokri Ben Janet, président de la Base centrale d''opérations de la Protection civile tunisienne.
"En Tunisie, nous avons connu des accidents et des fuites chimiques lors de certaines opérations dans des usines", a expliqué pour sa part le colonel Tarek Ben Chaaban, chirurgien dans l''armée tunisienne. "C''est le premier exercice de cette ampleur que nous lançons avec cette organisation et avec d''autres pays. Cela nous donne une expertise supplémentaire, notamment parce que certains pays ont plus d''expérience du fait de leur plus grande exposition à des accidents chimiques."
"Ces opérations exigent de la vitesse, et comme vous pouvez le voir, il existe une très bonne collaboration entre les pays du Maghreb", a déclaré à Magharebia Mohammad, membre de la Commission nationale sur le suivi de la Convention pour l''interdiction des armes chimiques.
La Libye, qui avait participé à l''OIAC en 2004, "cherche à détruire ses stocks de telles armes, et a construit des équipements énormes destinés à leur destruction", a précisé Luhan.
Ahmed Ozomochou, directeur général de l''OIAC, a souligné que cet exercice est organisé dans le cadre de l''Article 10 de la Convention, qui appelle à l''assistance et à la protection contre les dangers des armes chimiques.
"Cet exercice est un énorme défi pour tous les Etats membres de l''OIAC, pour confirmer leur contribution à la satisfaction des exigences de la Convention et renforcer leurs capacités à répondre aux situations d''urgence", a déclaré Saida Chtioui, secrétaire d''Etat auprès du ministère tunisien des Affaires étrangères, à l''issue de cet exercice.
Mona Yahia (Magharebia)

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Wa7da minness  (Tunisia)  |Jeudi 28 Octobre 2010 à 18h 14m |           
Interessant !