La restauration fait revivre la médina de Tunis



L''ancienne médina de Tunis est en cours de rénovation après avoir été laissée à l''abandon pendant plus de quarante ans. De la Place du Gouvernement proche de la kasbah à la mosquée Zitouna, en passant par la rue de Pacha de la capitale tunisienne et jusqu''à la place Sidi Brahim Riahi, la ville reprend des couleurs.
Dans les années 1960, la vieille ville était le coeur de l''artisanat tunisien, mais une vague de migration hors de la ville vers les quartiers plus modernes avait donné un aspect tout différent à ce quartier historique. Les nouveaux habitants étaient venus des villages environnants pour trouver du travail dans la capitale.
Les grandes maisons de style arabe comportant de nombreuses pièces de la vieille ville avaient été transformées en immeubles collectifs dépourvus de tout caractère architectural. De plus, les monuments historiques et les centres culturels tombaient en ruine, sauvés par l''intervention des habitants et de l''Association pour la préservation de la ville, fondée en 1966.
"Dans les années 1960, un projet présidentiel visait à démolir complètement la vieille ville pour relier la mosquée Zitouna à l''avenue Bab Bahr", a expliqué Abd Satar Amamou, un chercheur spécialisé dans le patrimoine.

"Les intellectuels et les habitants fondèrent alors l''Association pour la préservation de la ville, dont l''objectif premier était de sensibiliser à l''importance de la cité. L''idée consistait à attirer les gens dans la ville par le biais de la publicité ; depuis le début des années 1980, les habitants ont commencé à revenir dans la ville et certains restaurants ont ouvert, comme Dar Al-Jeld, qui appartient à la famille d''Awlad El-Kafi, puis le Festival de la médina a été fondé dans la ville."
La vieille ville, qui compte plus de 470 monuments historiques et est classée au patrimoine mondial de l''humanité de l''UNESCO, a été l''objet de l''attention de la Banque mondiale depuis les années 1970. La Banque y a financé quelque 241 projets de réhabilitation, pour un coût de trois milliards d''euros.
Parmi les objectifs affichés par la Banque mondiale se trouve le maintien du patrimoine de la ville, la création d''une activité économique par le biais de l''artisanat traditionnel et du tourisme, et l''amélioration des conditions de vie des habitants.
"Il y a quelques années, la vie a commencé à reprendre dans la cité, et plusieurs magasins spécialisés dans les industries traditionnelles, des cafés culturels et des diplômés de l''Institut de l''artisanat et des Beaux arts ont commencé à ouvrir leurs portes dans la vieille ville. Nombre de ces diplômés y ont fait leur vie", a expliqué Houda, propriétaire d''un magasin, à Magharebia.
La Municipalité de Tunis s''est associée à l''Association pour la préservation de la ville pour créer un itinéraire culturel et touristique long de plus d''un kilomètre, allant de la mosquée Zitouna à la place Sidi Brahim Riahi, pour un coût de deux millions d''euros.
Ce projet a couvert tous les aspects de la restauration, allant de l''électricité et de l''éclairage à la reprise des monuments historiques. Les ingénieurs ont été très prudents dans le processus de restauration, repeignant les portes et les fenêtres selon le style ancien et nettoyant méticuleusement les arches et les voûtes, et les sebbats, les passages couverts.
Les espaces publics ont également été remodelés pour pouvoir accueillir des spectacles musicaux. Plusieurs restaurants et cafés ont loué ces espaces larges et accueillants pour fournir tous les types de boissons et des plats frais et savoureux.
"Les fils électriques qui pendaient des murs ont disparu, et ils ont rénové l''extérieur des bâtiments, les ont rendus beaux et attrayants, en particulier la nuit", a expliqué Mahmoud Bouchrara, propriétaire d''un magasin de chaussures dans la vieille ville. "Les touristes n''arrêtent pas de visiter la médina, qui offre une certaine élégance."
Cette médina abrite également plusieurs monuments importants, dont une école de musique du XVIIIème siècle et plusieurs marchés, notamment le souk de l''avenue de la kasbah, vieux de plus de sept cents ans.
Souad Mahbouli, membre du comité culturel de la ville de Tunis, a déclaré : "Je suis très fier de cette ville, qui a commencé à attirer de nombreux visiteurs dans ses espaces culturels".
"Le quartier est magnifique : je l''avais vu il y a vingt ans, il était très différent. Aujourd''hui, ils doivent poursuivre la restauration du reste de la ville, c''est bon pour la Tunisie", a expliqué Marie, une touriste française.
Le gouvernement tunisien compte sur ce type de projet pour attirer les amateurs de vieilles pierres et d''autres visiteurs.
"Ce projet s''inscrit dans le cadre du développement du tourisme culturel. Il reflète la vie quotidienne de l''ancienne ville et constitue une superbe expérience de renaissance du patrimoine", a expliqué Seif Allah Hbabou, du ministère du Tourisme.
Le ministère explique vouloir se baser sur le concept de la médina pour lancer des projets similaires à Nabeul et Hammamet.
"Une architecture magnifique et une ambiance attirante pour chacun, c''est cela qui manque dans la ville", a ajouté Amel.
Pour Zoubeir Lassram, le directeur du Festival de la médina : "Pendant des années, nous avons attendu et souhaité cette activité culturelle et touristique. Cette ville est la mémoire commune de tous les Tunisiens, et elle possède une très riche histoire."
Mona Yahia( Magharebia)




Commentaires


2 de 2 commentaires pour l'article 29797

Bahnes  (Canada)  |Mercredi 29 Septembre 2010 à 10h 55m |           
Ils doivent poursuivre la restauration du reste de la medina et bab souika-halfaouine

Jek  (France)  |Mercredi 29 Septembre 2010 à 10h 48m |           
Erreur:
"....à la mosquée zitouna, en passant par l'avenue pacha...."
il s'agit de la rue pacha et non pas l'avenue pacha ( du moins pas encore avenue)