Le parlement tunisien a adopté lundi 7 février un projet de loi pour donner des pouvoirs d'urgence au gouvernement provisoire, alors que des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le bâtiment pour protester contre ce vote. Ce projet de loi doit maintenant être débattu ce mardi à la Chambre haute.
"Le temps est précieux. La Tunisie a réellement besoin de pouvoir gouverner par décret pour contrer les dangers", a déclaré Mohamed Ghannouchi lors de la session du parlement. Le Premier ministre par intérim a rencontré ce mardi le secrétaire britannique aux Affaires étrangères William Hague, qui a entamé une visite de trois jours au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
"Nous traversons une période d'opportunité, ici en Tunisie et dans de nombreux autres pays, une opportunité qui doit être saisie et non redoutée", a déclaré ce haut responsable britannique lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de sa rencontre.
Par ailleurs, le ministère de la Défense a publié lundi un communiqué rappelant les soldats partis à la retraite ces cinq dernières années et les conscripts qui ont récemment quitté les rangs, a indiqué l'agence TAP. Il leur est demandé de se rendre dans leurs postes militaires le 16 février.
Cette initiative vise à lutter contre la violence, selon le ministère. La semaine dernière, au moins deux civils ont été tués à El Kef, alors qu'un millier de manifestants s'étaient regroupés devant le poste de police local pour exiger la démission du chef de la police, Khaled Ghazouani. Ce week-end également, une importante manifestation publique a contraint le nouveau gouverneur de la région minière sud de Gafsa à quitter son poste.
Alors que le pays tente de restaurer l'ordre public au lendemain de la révolution tunisienne, le gouvernement provisoire s'efforce de supprimer les restes de l'ancien régime.

Dimanche, le ministère de l'Intérieur a suspendu les activités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali. Selon son communiqué, l'interdiction du RCD est destinée à "préserver l'intérêt suprême de la nation". Le ministère a interdit au parti d'organiser des réunions et a fermé ses bureaux.
Ce parti avait dirigé la vie politique tunisienne pendant plus d'un demi-siècle, contrôlant également la vie sociale du pays. Les hauts responsables de l'administration étaient choisis parmi les détenteurs de cartes d'adhérents au RCD.
Le mois dernier, le gouvernement provisoire a ordonné la saisie de tous les actifs du RCD et a autorisé les partis politiques interdits.
La décision de suspendre le parti a été bien accueillie par les manifestants et les militants, qui demandaient la dissolution du RCD depuis le départ de Ben Ali, le 14 janvier.
"Je pense que c'est une bonne décision, bien qu'un peu tardive, notamment parce que nous savons tous que les milices du parti au pouvoir sont responsables du chaos et des actes de violence que le pays connaît depuis deux semaines", a déclaré Tariq al-Mahmoudi. "Mais nous devons être prudents quant aux réactions de ces milices dormantes."
Pour sa part, Serin Ben Mustafa a appelé à "juger tous les membres du RCD qui ont été impliqués dans des manoeuvres d'intimidation et de terreur envers le peuple pour tenter de conserver leurs acquis et de faire reculer le peuple."
La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme a déclaré par la voix de Mokhtar Trifi dans un communiqué de presse qu'elle "soutient la liberté de fondation et de formation des partis", appelant à "un procès juste et transparent du RCD".
"Nous ne déplorerons pas la disparition de ce parti, qui a causé des tragédies et des désastres pour le pays", a déclaré Me Lazhar Akremi à Magharebia. "Pour la première fois de ma vie, j'ai bu une tasse de café ce matin qui n'avait pas la saveur du RCD."
Sami Tahri, secrétaire général de l'Union générale des enseignants du secondaire, s'est plaint devant des journalistes des "milices mise en place par le parti au pouvoir pour semer le chaos dans le secteur de l'éducation."
"Dans la province d'Ariana, par exemple, les établissements d'éducation étaient dans un chaos total mardi dernier, au milieu de la panique et des fausses informations", a expliqué Tahri. "Cela était dû à une réunion et à une manifestation organisée par les responsables de l'administration provinciale au motif qu'ils demandaient la création de leur propre syndicat. Ces personnes sont animées par les symboles de l'ancien régime, et elles ont profité de l'absence de sécurité et ont laissé les lycées et les écoles préparatoires pour semer le chaos parce que les progrès démocratiques que le pays a accompli ne relèvent pas de leurs intérêts."
Jamel Arfaoui (Magharebia)
"Le temps est précieux. La Tunisie a réellement besoin de pouvoir gouverner par décret pour contrer les dangers", a déclaré Mohamed Ghannouchi lors de la session du parlement. Le Premier ministre par intérim a rencontré ce mardi le secrétaire britannique aux Affaires étrangères William Hague, qui a entamé une visite de trois jours au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
"Nous traversons une période d'opportunité, ici en Tunisie et dans de nombreux autres pays, une opportunité qui doit être saisie et non redoutée", a déclaré ce haut responsable britannique lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de sa rencontre.
Par ailleurs, le ministère de la Défense a publié lundi un communiqué rappelant les soldats partis à la retraite ces cinq dernières années et les conscripts qui ont récemment quitté les rangs, a indiqué l'agence TAP. Il leur est demandé de se rendre dans leurs postes militaires le 16 février.
Cette initiative vise à lutter contre la violence, selon le ministère. La semaine dernière, au moins deux civils ont été tués à El Kef, alors qu'un millier de manifestants s'étaient regroupés devant le poste de police local pour exiger la démission du chef de la police, Khaled Ghazouani. Ce week-end également, une importante manifestation publique a contraint le nouveau gouverneur de la région minière sud de Gafsa à quitter son poste.
Alors que le pays tente de restaurer l'ordre public au lendemain de la révolution tunisienne, le gouvernement provisoire s'efforce de supprimer les restes de l'ancien régime.

Dimanche, le ministère de l'Intérieur a suspendu les activités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali. Selon son communiqué, l'interdiction du RCD est destinée à "préserver l'intérêt suprême de la nation". Le ministère a interdit au parti d'organiser des réunions et a fermé ses bureaux.
Ce parti avait dirigé la vie politique tunisienne pendant plus d'un demi-siècle, contrôlant également la vie sociale du pays. Les hauts responsables de l'administration étaient choisis parmi les détenteurs de cartes d'adhérents au RCD.
Le mois dernier, le gouvernement provisoire a ordonné la saisie de tous les actifs du RCD et a autorisé les partis politiques interdits.
La décision de suspendre le parti a été bien accueillie par les manifestants et les militants, qui demandaient la dissolution du RCD depuis le départ de Ben Ali, le 14 janvier.
"Je pense que c'est une bonne décision, bien qu'un peu tardive, notamment parce que nous savons tous que les milices du parti au pouvoir sont responsables du chaos et des actes de violence que le pays connaît depuis deux semaines", a déclaré Tariq al-Mahmoudi. "Mais nous devons être prudents quant aux réactions de ces milices dormantes."
Pour sa part, Serin Ben Mustafa a appelé à "juger tous les membres du RCD qui ont été impliqués dans des manoeuvres d'intimidation et de terreur envers le peuple pour tenter de conserver leurs acquis et de faire reculer le peuple."
La Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme a déclaré par la voix de Mokhtar Trifi dans un communiqué de presse qu'elle "soutient la liberté de fondation et de formation des partis", appelant à "un procès juste et transparent du RCD".
"Nous ne déplorerons pas la disparition de ce parti, qui a causé des tragédies et des désastres pour le pays", a déclaré Me Lazhar Akremi à Magharebia. "Pour la première fois de ma vie, j'ai bu une tasse de café ce matin qui n'avait pas la saveur du RCD."
Sami Tahri, secrétaire général de l'Union générale des enseignants du secondaire, s'est plaint devant des journalistes des "milices mise en place par le parti au pouvoir pour semer le chaos dans le secteur de l'éducation."
"Dans la province d'Ariana, par exemple, les établissements d'éducation étaient dans un chaos total mardi dernier, au milieu de la panique et des fausses informations", a expliqué Tahri. "Cela était dû à une réunion et à une manifestation organisée par les responsables de l'administration provinciale au motif qu'ils demandaient la création de leur propre syndicat. Ces personnes sont animées par les symboles de l'ancien régime, et elles ont profité de l'absence de sécurité et ont laissé les lycées et les écoles préparatoires pour semer le chaos parce que les progrès démocratiques que le pays a accompli ne relèvent pas de leurs intérêts."
Jamel Arfaoui (Magharebia)





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