Plusieurs évènements consécutifs ont placé les familles tunisiennes dans une situation financière difficile. Comment subissent-elles cette pression ?
Des vacances d''été et des repas du Ramadan aux nouveaux vêtements pour l''Aïd et aux fournitures scolaires, les dépenses se succèdent cette année. Du fait de ce calendrier peu usuel, les Tunisiens n''arrêtent plus de consommer et de dépenser.
"Imaginez devoir répartir votre salaire entre deux enfants scolarisés, le Ramadan et l''Aïd", explique Rawda, une employée. "C''est virtuellement impossible."
Mais il n''y a pas que les citoyens à être inquiets. Jeudi 2 septembre, l''Organisation pour la défense des consommateurs (ODC) a demandé aux familles tunisiennes d''adopter un mode de consommation modéré, plus adapté aux budgets familiaux.
La télévision tunisienne a également diffusé des spots de sensibilisation, pour mettre en garde contre les excès de dépenses et aider les gens à passer les occasions consécutives de surconsommation.
Mais pendant ce temps, les marchés tunisiens s''activent à vendre de nouveaux vêtements pour l''Aïd, des pâtisseries et des fournitures scolaires. Les achats de saison viennent s''ajouter à toutes les autres dépenses quotidiennes.
"Les prix sont élevés", a expliqué Adel, un employé de banque. "Les Tunisiens préfèrent désormais passer des vacances à l''hôtel et acheter des produits de marques étrangères. S''y ajoutent le coût des cours particuliers, des factures de téléphone et d''internet, qui sont toutes de nouvelles dépenses introduites récemment, qui demandent d''y réfléchir à deux fois avant de dépenser."
Imed Salha, une enseignante, reconnaît que la vie au quotidien est plus chère parce que les Tunisiens ont désormais une nouvelle vision de ce qu''ils considèrent comme essentiel.
"Ce qui était auparavant considéré comme des articles de luxe est aujourd''hui perçu comme une nécessité, comme les climatiseurs, les voitures, les téléphones portables et lnternet. De plus, les conditions de vie se sont améliorées, et la pression des médias et de la publicité s''est accentuée. Nous faisons de notre mieux pour satisfaire tous les besoins, mais c''est difficile. En fin de compte, il faut une autre source de revenu en plus du travail habituel", explique-t-elle.
Amel Aoun, propriétaire d''un magasin, explique : "La consommation doit être rationnée, ce qui n''est pas évident au vu de la pression exercée par les enfants. J''essaie néanmoins de satisfaire certains de leurs besoins et d''en retarder d''autres. Parfois aussi, je choisis d''ignorer ceux qui dépassent nettement mon budget."
"Le mode de consommation de chacun reflète le caractère. Lorsque la consommation est modérée et adaptée aux ressources, la personne est habituellement prudente et bien équilibrée", explique Imed Rkik, spécialiste en maladies psychologiques et nerveuses. "L''endettement entraîne une perte de stabilité."
La publicité à un impact sur ce comportement, ajoute-t-il.
"Les organisations concernées et les médias doivent mettre en garde contre une consommation excessive. Nous ne devons répondre à la tentation des publicités que dans la mesure où nos ressources nous le permettent", affirme Aoun.
Les Tunisiens sont parfaitement au courant de la situation, a montré une enquête publiée le 31 août par l''Institut de la consommation de Tunis. En fait, 79 pour cent d''entre eux planifient leur budget.
"Cette enquête a montré que les consommateurs tunisiens sont conscients", explique le professeur d''économie Fathy Zouhir. "Lorsque nous voyons des magasins bondés de clients, nous pouvons être enclins à penser qu''ils ne réfléchissent pas trop et sont tentés de surconsommer. Or, ce n''est pas le cas."
Près de 55 pour cent des personnes interrogées dans les régions du nord-ouest, du centre et du littoral du pays jugent leurs ressources insuffisantes pour couvrir les besoins de dépenses familiales au vu des nombreuses obligations de cette année.
Mais comme le souligne Ali Gharbi, directeur de l''Institut de la consommation, "les consommateurs tunisiens sont parfaitement conscients de cette coïncidence d''évènements saisonniers".
"Et ils tentent de trouver les meilleures solutions pour leurs budgets", poursuit-il.
Son institut espère en apprendre davantage lors de la prochaine enquête, qui s''étendra à l''ensemble du pays.
Mona Yahia (Magharebia)
Des vacances d''été et des repas du Ramadan aux nouveaux vêtements pour l''Aïd et aux fournitures scolaires, les dépenses se succèdent cette année. Du fait de ce calendrier peu usuel, les Tunisiens n''arrêtent plus de consommer et de dépenser.
"Imaginez devoir répartir votre salaire entre deux enfants scolarisés, le Ramadan et l''Aïd", explique Rawda, une employée. "C''est virtuellement impossible."
Mais il n''y a pas que les citoyens à être inquiets. Jeudi 2 septembre, l''Organisation pour la défense des consommateurs (ODC) a demandé aux familles tunisiennes d''adopter un mode de consommation modéré, plus adapté aux budgets familiaux.
La télévision tunisienne a également diffusé des spots de sensibilisation, pour mettre en garde contre les excès de dépenses et aider les gens à passer les occasions consécutives de surconsommation.
Mais pendant ce temps, les marchés tunisiens s''activent à vendre de nouveaux vêtements pour l''Aïd, des pâtisseries et des fournitures scolaires. Les achats de saison viennent s''ajouter à toutes les autres dépenses quotidiennes.
"Les prix sont élevés", a expliqué Adel, un employé de banque. "Les Tunisiens préfèrent désormais passer des vacances à l''hôtel et acheter des produits de marques étrangères. S''y ajoutent le coût des cours particuliers, des factures de téléphone et d''internet, qui sont toutes de nouvelles dépenses introduites récemment, qui demandent d''y réfléchir à deux fois avant de dépenser."

Imed Salha, une enseignante, reconnaît que la vie au quotidien est plus chère parce que les Tunisiens ont désormais une nouvelle vision de ce qu''ils considèrent comme essentiel.
"Ce qui était auparavant considéré comme des articles de luxe est aujourd''hui perçu comme une nécessité, comme les climatiseurs, les voitures, les téléphones portables et lnternet. De plus, les conditions de vie se sont améliorées, et la pression des médias et de la publicité s''est accentuée. Nous faisons de notre mieux pour satisfaire tous les besoins, mais c''est difficile. En fin de compte, il faut une autre source de revenu en plus du travail habituel", explique-t-elle.
Amel Aoun, propriétaire d''un magasin, explique : "La consommation doit être rationnée, ce qui n''est pas évident au vu de la pression exercée par les enfants. J''essaie néanmoins de satisfaire certains de leurs besoins et d''en retarder d''autres. Parfois aussi, je choisis d''ignorer ceux qui dépassent nettement mon budget."
"Le mode de consommation de chacun reflète le caractère. Lorsque la consommation est modérée et adaptée aux ressources, la personne est habituellement prudente et bien équilibrée", explique Imed Rkik, spécialiste en maladies psychologiques et nerveuses. "L''endettement entraîne une perte de stabilité."
La publicité à un impact sur ce comportement, ajoute-t-il.
"Les organisations concernées et les médias doivent mettre en garde contre une consommation excessive. Nous ne devons répondre à la tentation des publicités que dans la mesure où nos ressources nous le permettent", affirme Aoun.
Les Tunisiens sont parfaitement au courant de la situation, a montré une enquête publiée le 31 août par l''Institut de la consommation de Tunis. En fait, 79 pour cent d''entre eux planifient leur budget.
"Cette enquête a montré que les consommateurs tunisiens sont conscients", explique le professeur d''économie Fathy Zouhir. "Lorsque nous voyons des magasins bondés de clients, nous pouvons être enclins à penser qu''ils ne réfléchissent pas trop et sont tentés de surconsommer. Or, ce n''est pas le cas."
Près de 55 pour cent des personnes interrogées dans les régions du nord-ouest, du centre et du littoral du pays jugent leurs ressources insuffisantes pour couvrir les besoins de dépenses familiales au vu des nombreuses obligations de cette année.
Mais comme le souligne Ali Gharbi, directeur de l''Institut de la consommation, "les consommateurs tunisiens sont parfaitement conscients de cette coïncidence d''évènements saisonniers".
"Et ils tentent de trouver les meilleures solutions pour leurs budgets", poursuit-il.
Son institut espère en apprendre davantage lors de la prochaine enquête, qui s''étendra à l''ensemble du pays.
Mona Yahia (Magharebia)





Fayza Ahmed - تعالى وشوف
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